Vi­site sur les pas des li­bé­ra­teurs de Fa­laise

Le 17 août, jour de com­mé­mo­ra­tion de la li­bé­ra­tion de Fa­laise, l’of­fice de tou­risme pro­po­sait une vi­site avec le guide Alain Dol­becq.

Les Nouvelles de Falaise - - Falaise - P.L.

C’est le 16 août 1944 que les Ca­na­diens abordent Fa­laise par le nord, bien plus tard que ce qui était pré­vu ini­tia­le­ment par les Al­liés. « Fa­laise de­vait être li­bé­rée en quelques se­maines après le 6 juin. Fi­na­le­ment Caen n’est li­bé­rée que le 19 juillet. Il fau­dra en­core un mois entre Caen et Fa­laise avec un gain de seule­ment 1 à 2 km par jour » a rappelé le guide Alain Dol­becq en pré­am­bule de la vi­site.

Les choses évo­luent po­si­ti­ve­ment pour les Al­liés dé­but août. Hit­ler dé­cide de l an­cer une contre-of­fen­sive à Mor­tain. Pour ce­la, il im­pose à ses of­fi­ciers de dé­gar­nir ses forces au sud de Caen. Les Al­liés en pro­fitent pour en­fin avan­cer dans la plaine du Cal­va­dos. Mal­gré quelques dé­boires et des dif­fi­cul­tés pour tra­ver­ser le Lai­zon, les Ca­na­diens pé­nètrent dans Fa­laise le 16 août.

En deux groupes. L’un par l’at­tache. L’autre par le MontMyr­rha. Pour ce ré­gi­ment, les choses se dé­roulent mal. Les Al­le­mands, pla­cés sur les hau­teurs de Fa­laise, près du châ­teau Guillaume-le-conqué­rant, les mi­traillent. « Une cen­taine d’al­le­mands tiennent la ligne. Leur objectif est de tuer le plus d’of­fi­ciers pos­sible pour désor­ga­ni­ser les Al­liés » sou­ligne Alain Dol­becq.

Blo­quée dans le Val d’ante, l’ar­mée ca­na­dienne dé­cide alors de contour­ner le châ­teau, de pas­ser par les Ber­cagnes puis la place Guillaume-le-conqué­rant. Ce n’est que dans la nuit du 16 au 17 août que les sol­dats d’outre-at­lan­tique pé­nètrent dans le centre de la ville.

De vio­lents ac­cro­chages

Les com­bats vont se pour­suivre toute la jour­née avec les sni­pers et les gre­na­diers SS ca­chés dans les ruines de Fa­laise. De vio­lents ac­cro­chages ont lieu dans le parc de la Fres­naye et place Fon­taine Borne, en haut du quar­tier Saint-laurent. Cinq sol­dats ca­na­diens y sont tués et en­ter­rés.

En fin d’après-mi­di, l’ar­mée ca­na­dienne en­tre­prend l’as­saut de l’ecole su­pé­rieure de jeunes filles, der­nier noeud de ré­sis­tance des Al­le­mands. Les Fu­si­liers Mont-royal font face à la Hit­ler­ju­gend. Cer­taines zones d’ombre de­meurent sur cet épi­sode. Long­temps, on a cru que le bâ­ti­ment était rem­pli de jeunes fa­na­tiques prêts à mou­rir au com­bat. Fi­na­le­ment, beau­coup de sol­dats s’étaient déjà en­fuis. « Quand les lance-flammes sont ar­ri­vés, il ne res­tait que quelques bles­sés et des morts à qui on avait mis des mi­traillettes » dé­voile Alain Dol­becq.

C’est sur une der­nière anec­dote que le guide a ter­mi­né sa vi­site, face à l’église Tri­ni­té. Plu­sieurs di­zaines de sur­vi­vants, qui n’avaient pas pu prendre un ca­mion en di­rec­tion de Caen, furent contraints de dor­mir dans l’église dans la nuit du 17 au 18 août 1944. Les Ca­na­diens avaient fer­mé les portes. Or, les Al­le­mands avaient dé­ci­dé de ten­ter un der­nier bom­bar­de­ment. Une bombe in­cen­diaire tom­ba sur le toit de l’église, pro­vo­quant la des­truc­tion du clo­cher. Ce­la du­ra 20 mi­nutes, sans que ce­la ne fasse de vic­time. « On dit même qu’une femme a ac­cou­ché dans l’église cette nuit-là. Mais on ne re­trouve pas la trace de cet en­fant » conclut Alain Dol­becq.

Alain Dol­becq montre aux vi­si­teurs le Mont-myr­rha. C’est de là qu’est ar­ri­vé l’un des deux ré­gi­ments ca­na­diens ayant li­bé­ré la ville.

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