Deux jeunes condam­nés pour le cam­brio­lage d’un bar-ta­bac

Les Nouvelles de Falaise - - Vie D’ici - B.M. (Presspep­per)

Deux hommes de 19 et 23 ans ont été condam­nés ven­dre­di par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Caen pour le cam­brio­lage d’un bar-ta­bac de Thu­ry-ha­court, dans la nuit du 22 au 23 sep­tembre.

Thu­ry-har­court. Ju­gés en com­pa­ru­tion im­mé­diate, Jean-louis et Julien* avaient vu grand. Un peu trop peu­têtre. « Ils vou­laient at­ta­quer un four­gon blin­dé de la Brinks » , lâche, amu­sé, le pré­sident du tri­bu­nal. Sans sur­prise, l’opé­ra­tion s’avère un peu trop com­pli­quée. Et pour cause, ils n’ont rien de bra­queurs che­vron­nés. Loin de là.

Après avoir vi­dé quelques bou­teilles de vod­ka et de whis­ky, le duo re­voit fi­na­le­ment ses am­bi­tions à la baisse. Les deux amis se re­plient, de nuit, sur le bar­ta­bac de la com­mune, le ca­fé des sports. « Le PMU, c’est plus fa­cile » , concède le ma­gis­trat. Les avo­cats des deux pré­ve­nus ne peuvent conte­nir quelques rires. Julien s’oc­cupe alors de la caisse en­re­gis­treuse pen­dant que Jean-louis fait le guet.

Ils sont tra­his par les jeux vo­lés

Les ap­pren­tis cam­brio­leurs quittent les lieux avec un peu plus de 900 eu­ros en li­quide, et sur­tout 1.700 eu­ros de jeux à grat­ter. Leur bu­tin en poche, ils prennent la di­rec­tion de Caen. Après une nuit pas­sée à grat­ter, il faut écou­ler les ti­ckets ga- gnants. « On avait rem­por­té 290 eu­ros » , lâche Jean-louis.

Les com­pères échangent leurs ban­cos, as­tros et autres mor­pions avec l’aide « de ga­mins » croisés dans le quar­tier du Che­min-vert. Ils ne le savent pas en­core, mais leur chance au grat­tage vient de les tra­hir. Les ti­ckets vo­lés sont tra­cés par la Fran­çaise des jeux. Les deux mal­fai­teurs en herbe sont ra­pi- de­ment iden­ti­fiés et in­ter­pel­lés.

Pré­sent dans la salle, le père de Julien avoue son im­puis­sance. « Il faut le ca­drer, il en­chaîne les conne­ries » , constate l’ar­ti­san. Deux jours avant le cam­brio­lage, son fils a été condam­né pour le vol d’un quad. De­bout dans le box, le jeune homme craque.

Le cam­brio­leur tombe du pla­fond de la pis­cine

Son com­plice n’est pas en reste. S’il n’a rien d’un bra­queur ex­pé­ri­men­té, Jean-louis n’est pas non plus le roi de la va­rappe. 24 heures après le cam­brio­lage, l’in­té­res­sé est pas­sé à tra­vers le toit de la pis­cine du Hom. Il ve­nait d’es­ca­la­der le bâ­ti­ment pour « faire quelques plon­geons dans la nuit » .

Aux ré­qui­si­tions du pro­cu­reur, qui de­mande au tri­bu­nal « de pro­té­ger la so­cié­té » , les avo­cats ré­pondent que « la pri­son n’est qu’une so­lu­tion à court terme » . Sur­tout, leurs clients ont en­ta­mé des dé­marches de ré­in­ser­tion. Julien doit dé­bu­ter une for­ma­tion en pâ­tis­se­rie, il a dé­jà trou­vé son pa­tron. Toxi­co­mane, Jean-louis doit en­trer en cure de dés­in­toxi­ca­tion, à Flers.

Après en avoir dé­li­bé­ré, le tri­bu­nal condamne fi­na­le­ment Jean-louis à neuf mois de pri­son dont trois avec sur­sis as­sor­tis d’une mise à l’épreuve de deux ans. Il ré­voque un pré­cé­dent sur­sis de six mois. Julien écope de dix mois de pri­son dont trois avec sur­sis, as­sor­tis d’une mise à l’épreuve de deux ans. Un pré­cé­dent sur­sis de deux mois est ré­vo­qué.

Contrai­re­ment à ce qu’avait de­man­dé le pro­cu­reur, au­cun man­dat de dé­pôt n’a été dé­cer­né à leur en­contre. La peine pro­non­cée est donc amé­na­geable. Julien peut dé­bu­ter sa for­ma­tion, Jean-louis sa cure de dés­in­toxi­ca­tion.

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