Le res­tau­ra­teur in­sulte l’agent de la ré­pres­sion des fraudes

Les Nouvelles de Falaise - - Vie D’ici - BM (Press­pep­per)

Clé­cy. To­ny*, 39 ans, de­vra éga­le­ment ver­ser 80 € de pré­ju­dice mo­ral au tech­ni­cien qui s’est pré­sen­té dans son res­tau­rant, le 17 sep­tembre 2013. L’agent vient alors vé­ri­fier que les tra­vaux or­don­nés quelques mois plus tôt ont bien été ef­fec­tués. Le tren­te­naire n’ap­pré­cie pas vrai­ment cette vi­site sur­prise. Alors, « vous lui re­fu­sez l’ac­cès aux cui­sines » , dé­taille le pré­sident de la cour. Ra­pi­de­ment, le ton monte. Les in­sultes fusent.

Pré­sent à la barre, l’ex-res­tau­ra­teur, qui a mis la clé sous la porte en avril 2014, ne s’en cache pas : il était hors de lui. « Je ne tra­vaillais pas ce jour­là, la porte était fer­mée. C’est abu­sé ! » , s’ex­clame le pré­ve­nu. Le cui­si­nier prend alors l’agent et sa sta­giaire à par­tie : « connard, va te faire mettre ! » Le contrôle tourne court, le fonc­tion­naire dé­cide de quit­ter les lieux.

En­ten­du quelques jours plus tard par les gen­darmes, To­ny n’a pas la même vi­sion de l’al­ter­ca­tion. Il évoque une vague « mé­sen­tente » et re­con­naît avoir tu­toyé le tech­ni­cien « par mé­garde » . Sur­tout, il re­proche à l’agent « de mau­vaise foi », d’avoir abu­sé de son pou­voir. « J’étais fer­mé ! » , in­siste le res­tau­ra­teur, de­vant des ma­gis­trats qui peinent à le cal­mer. Pour le cui­si­nier, il est hors de ques­tion d’in­dem­ni­ser sa vic­time.

« Une in­sulte ne mé­rite pas 500 balles »

Ques­tion­né par le pré­sident de la cour, il ne cherche pas à faire pro­fil bas. Les in­sultes ? « Il les mé­ri­tait lar­ge­ment » , tranche l’in­té­res­sé, condam­né deux ans plus tard pour avoir ou­tra­gé un gen­darme.

À la barre, le tren­te­naire va plus loin. Il ac­cuse le maire de la com­mune d’être à l’ori­gine des nom­breux contrôles me­nés par les ser­vices de l’état dans son éta­blis­se­ment. « Il ne vou­lait que d’une af­faire dans Clé­cy, le PMU. Moi, il vou­lait que je ferme » , sou­tient le tren­te­naire.

Pour l’avo­cat gé­né­ral, la culpa­bi­li­té du cui­si­nier ne fait au­cun doute. Le ma­gis­trat de­mande la confir­ma­tion de la peine pro­non­cée en pre­mière ins­tance, à Caen. Pour le pré­ve­nu, c’est la douche froide : « une in­sulte ne mé­rite pas 500 balles » . La cour en a dé­ci­dé au­tre­ment. * Pré­nom d’em­prunt

La cour d’ap­pel de Caen a confir­mé ven­dre­di 20 oc­tobre la peine de 500e d’amende pro­non­cée à l’en­contre d’un ex-res­tau­ra­teur de Clé­cy, re­con­nu cou­pable d’avoir ou­tra­gé un agent de la ré­pres­sion des fraudes lors d’un contrôle de ses cui­sines.

La coup d’ap­pel de Caen a confir­mé la peine pro­non­cée contre l’ex-res­tau­ra­teur de Clé­cy.

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