Contrôle tech­nique : ce qui va chan­ger

Les Nouvelles de Falaise - - La Une - Jean-luc PEL­LE­RIN

Le contrôle tech­nique fran­çais va s’ali­gner sur la norme eu­ro­péenne, à par­tir du 20 mai 2018. Ce­la n’est pas sans en­gen­drer une cer­taine in­quié­tude. Ré­ac­tions au sein de la so­cié­té du Contrôle tech­nique fa­lai­sien.

Que va-t-il se pas­ser le 20 mai 2018 ? Non, il ne s’agit pas d’une échéance élec­to­rale. Il s’agit de la ré­forme du contrôle tech­nique en France qui va connaître beau­coup de chan­ge­ments (lire ci­des­sous). Ce­lui-ci passe à l’heure eu­ro­péenne. Bruxelles s’est don­né pour ob­jec­tif à l’ho­ri­zon 2020 de ré­duire de moi­tié le nombre de tués sur les routes de l’union eu­ro­péenne par rap­port à 2010.

La di­rec­tive eu­ro­péenne sur le contrôle tech­nique, pu­bliée en 2014 et ap­pli­cable en France le 20 mai 2018, consti­tue une pre­mière étape dans la vo­lon­té d’har­mo­ni­ser le contrôle tech­nique en Eu­rope et rendre les routes plus sûres. Ain­si, que l’on soit fran­çais, al­le­mand ou es­pa­gnol, le contrôle tech­nique au­to­mo­bile de­vra à terme ré­pondre aux mêmes exi­gences.

« Une for­ma­tion pour les contrô­leurs »

Nous avons pris l a tem­pé­ra­ture au Contrôle tech­nique fa­lai­sien route de Trun (NDLR : il y en a trois autres à Falaise : Contrôle tech­nique Au­to­sur Falaise route de Caen, Contrôle tech­nique de Gui­bray, Centre contrôle tech­nique De­kra dans la zone Ex­pan­sia). En vue de la nou­velle ré­gle­men­ta­tion, Ch­ris­tian et Na­than, les deux contrô­leurs, passent une for­ma­tion spé­ci­fique de 35 heures va­li­dée par un exa­men. « Il fau­dra tout contrô­ler, vé­ri­fier tout ce qui est sus­cep­tible de pro­vo­quer un ac­ci­dent. Un exemple : il fau­dra même re­gar­der si l’an­tenne de té­lé tient bien sur un cam­ping-car » , sou­ligne le pre­mier nom­mé.

« C’est glo­ba­le­ment plus poin­tilleux par rap­port au ni­veau de­man­dé. Il y a de nou- velles in­for­ma­tions. La dif­fi­cul­té ré­si­de­ra peut être dans l’ap­pli­ca­tion des textes. Il y a une dif­fé­rence entre l’ap­pli­ca­tion et l’in­ter­pré­ta­tion » , pour­suit-il. Le taux po­ten­tiel de 40 % de contre-vi­sites ? « Ce­la in­quiète les clients et peut nous in­quié­ter aus­si. Cer­tains roulent sans as­su­rance mais pour­raient être ame­nés à rou­ler sans avoir ef­fec­tué la contre-vi­site du contrôle tech­nique. C’est une ques­tion de moyens fi­nan­ciers » .

« On connaît les clients » , pro­longe Ma­rie-laure Lé­py, la se­cré­taire. « Les gens ne peuvent pas tra­vailler sans voi­ture. Ils font spon­ta­né­ment leurs ré­pa­ra­tions dans la du­rée de va­li­da­tion de deux ans du contrôle tech­nique quand il y a un pro­blème. On a ins­tau­ré une re­la­tion de confiance. Mais là, que va-t-il se pas­ser si les voi­tures ne passent plus au contrôle ? OK, les gens vont ve­nir pour le contrôle mais pour la contre-vi­site, ils vont être pris à la gorge » .

« Com­ment les gens vont-ils faire ? »

« Il risque d’y avoir un ras-le-bol. On a peur que ce soit la goutte d’eau qui fasse dé­bor­der le vase » , re­prend Ch­ris­tian. « Tout va aug­men­ter, le contrôle tech­nique, le contrôle sup­plé­men­taire » , note Na­than. Du coup, à par­tir du 20 mai 2018, l’en­gorge- ment se­ra iné­luc­table puisque le contrôle tech­nique se­ra plus long. « Lors­qu’on fai­sait deux contrôles, on n’en fe­ra plus qu’un » .

Syl­vain Lé­py, gé­rant de la so­cié­té Contrôle tech­nique fa­lai­sien, ne cache pas une cer­taine in­quié­tude. « Ce n’est pas tant l e contrôle tech­nique en lui-même mais plu­tôt ce qui va en dé­cou­ler. Oui, on ap­pré­hende, on ne sait pas com­ment ce­la va se pas­ser. Les gens qui ont du mal à joindre les deux bouts, quand on va leur an­non­cer qu’il y a 600 à 700 € de ré­pa­ra­tions… Com­ment vont-ils faire ?

Bien en­ten­du, on n’ex­cuse pas la dan­ge­ro­si­té d’un vé­hi­cule si c’est le cas. Mais si les gens doivent im­pé­ra­ti­ve­ment chan­ger de voi­ture, ils n’au­ront pas for­cé­ment les moyens de le faire… » . Sachant qu’outre l’aug­men­ta­tion du coût de 10 à 20 % des contrôles tech­niques, ce­lui des contre-vi­sites se­ra da­van­tage im­pac­té…

Syl­vain Lé­py, gé­rant de la so­cié­té Contrôle tech­nique fa­lai­sien route de Trun, Ma­rie-laure Lé­py, Na­than et Ch­ris­tian les contrô­leurs (de gauche à droite).

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