En­quête Les cham­pions fran­çais à l’in­ter­na­tio­nal

Bases de vie, mé­di­ca­ments, high-tech, équi­pe­ments... Notre clas­se­ment 2015 des en­tre­prises tri­co­lores qui osent s’ex­por­ter et s’im­po­ser sur les mar­chés mon­diaux.

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DÉ­MAR­CHER DANS UN PAYS IN­CON­NU peut sus­ci­ter une cer­taine ap­pré­hen­sion mais ce n’est pas jus­ti­fié.Il faut y al­ler : ça fonc­tionne ! » ex­plique Ade­line Les­canne-Gau­tier. La jeune di­ri­geante de Nu­tri­set, so­cié­té fon­dée par Michel Les­canne, son père, en 1986, sait de quoi elle parle : son en­tre­prise est de­ve­nue le lea­der du trai­te­ment et de la pré­ven­tion de la mal­nu­tri­tion en réa­li­sant 100 % de son ac­ti­vi­té dans les pays du Sud dont le Tchad, la So­ma­lie, le Yé­men, le Sou­dan et l’Ethio­pie. Les clés de cette réus­site ? « Pro­duire lo­ca­le­ment pour fa­ci­li­ter l’ap­pro­vi­sion­ne­ment ; in­no­ver sans cesse et faire tra­vailler les in­dus­tries agroa­li­men­taires des pays où nous in­ter­ve­nons » , ré­sume-t-elle. Ade­line Les­canne- Gau­tier sou­ligne éga­le­ment l’im­por­tance d’être sur place et d’être ai­dée par des ré­seaux – Bu­si­ness France, mis­sions di­plo­ma­tiques, Fran­çais ex­pa­triés, VIE (vo­lon­ta­riat in­ter­na­tio­nal en en­tre­prise... ).

Bien connaître la culture lo­cale est es­sen­tiel

« On ne peut pas ex­por­ter sans connaître la culture lo­cale. Il faut res­ter humble pour la com­prendre, pour­suit-elle. Le plus dif­fi­cile est l’ap­pro­vi­sion­ne­ment en ma­tières pre­mières ré­pon­dant aux normes in­ter­na­tio­nales, ce qui manque aux four­nis­seurs lo­caux. » Sans par­ler des pro­blèmes de sé­cu­ri­té dans cer­tains pays comme le Ni­ger, plus im­por­tants qu’il y a cinq ans. « La pré­ven­tion de la mal­nu­tri­tion est un marché en plein dé­ve­lop­pe­ment. C’est un en­jeu

IDÉES, CONSEILS ET SO­LU­TIONS ma­jeur à l’im­pact fi­nan­cier ex­plo­sif sur les PIB de ces pays. »

Plu­sieurs des en­tre­prises bien clas­sées dans notre pal­ma­rès ont choi­si d’in­ves­tir en Afrique. « C’est le coeur de mé­tier de Tri­dem Phar­ma », confirme Gé­rard Bay­lé, qui y ex­porte des mé­di­ca­ments à des­ti­na­tion des gros­sistes de­puis 29 ans. Le pré­sident de cette so­cié­té ba­sée à Tou­louse en est convain­cu : « Avec un PIB qui croît de plus de 5 % par an, une po­pu­la­tion qui de­vrait dou­bler d’ici à 2050, tout reste à faire. » C’est un continent « pas si com­pli­qué que ce­la quand on le connaît bien, ajoute-t-il, pas plus dif­fi­cile que la Chine ou les pays arabes ! » Avec, sou­ligne-t-il, un retour sur in­ves­tis­se­ment as­sez ra­pide « même si sé­cu­ri­ser les paie­ments est as­sez spor­tif ».

Son conseil ? « Il faut être par­tout et ne pas mi­ser sur un one shot. Sur les 21 pays fran­co­phones, il y en a 8 ou 10 à ne ra­ter sous au­cun pré­texte. Par rap­port à la concur­rence chi­noise et in­dienne, notre avan­tage est d’avoir la même langue, un sys­tème ad­mi­nis­tra­tif sem­blable et le franc CFA. » Tri­dem

En Afrique, notre avan­tage par rap­port à la concur­rence chi­noise et in­dienne est d’avoir la même langue, un sys­tème ad­mi­nis­tra­tif sem­blable et le franc CFA. »

Gé­rard Bay­lé, pré­sident de Tri­dem Phar­ma.

Phar­ma compte dé­sor­mais 18 bu­reaux ré­par­tis dans 21 pays d’Afrique et 350 sa­la­riés sur place, en ma­jo­ri­té des Afri­cains.

« Notre réus­site est due à un tra­vail de four­mi », ré­sume Oli­vier Mo­nin. Le groupe qu’il pré­side, fon­dé en 1912 par Georges Mo­nin à Bourges, ex­porte des si­rops, des sauces et des concen­trés pour les pro­fes­sion­nels de­puis 1945. « Les dix pre­mières an­nées ont été dif­fi­ciles. A l’époque, les si­rops étaient des pro­duits très fran­çais sur un marché do­mi­né par les li­queurs. Bar après bar, pays après pays, on a convain­cu les ré­seaux pro­fes­sion­nels d’uti­li­ser nos pré­pa­ra­tions pour leurs cock­tails.

Au­jourd’hui, Mo­nin compte des fi­liales dans 145 pays et a lan­cé une usine en Flo­ride en 1996 et une autre en Ma­lai­sie en 2009. Le conseil d’Oli­ver Mo­nin : « Il faut avoir des tripes, être souple pour vendre ce qui va plaire et non pas ce que l’on veut vendre. Et pro­fi­ter de la bonne image de l’agroa­li­men­taire fran­çais. »

Du haut de gamme à forte va­leur ajou­tée

« Le made in France reste une va­leur forte, sur­tout pour des ac­ti­vi­tés ar­ti­sa­nales et tra­di­tion­nelles comme le tis­sage », ex­plique Aris Ara­ke­lian, res­pon­sable com­mer­cial pour la Chine et l’Aus­tra­lie de la so­cié­té Mal­hia Kent. Ce fa­bri­cant de tweed et jac­quard haut de gamme – Ar­ma­ni et Versace font par­tie de ses clients – re­pris en 1997 par Eve­lyn Cor­ri­gan, réa­lise 63 % de ses ventes à l’in­ter­na­tio­nal. « Nous conce­vons des pro­duits à forte va­leur ajou­tée très ap­pré­ciés au Ja­pon et aux Etats-Unis, où nous réa­li­sons 13 % de notre chiffre d’af­faires. » Une créa­ti­vi­té qui porte ses fruits : Mal­hia Kent af­fiche une crois­sance de 180 % de­puis 2010 et une jo­lie ren­ta­bi­li­té de 13 %.

Le la­bel France est im­por­tant éga­le­ment pour Lec­tra, le lea­der des équi­pe­ments et lo­gi­ciels de CFAO (concep­tion et fa­bri­ca­tion as­sis­tées par or­di­na­teur pour les tex­tiles et ma­té­riaux com­po­sites), né en 1973, qui vise les 250 mil­lions d’eu­ros de chiffre d’af­faires en 2015. Alors que

NU­TRI­SET. Le lea­der du trai­te­ment de la mal­nu­tri­tion, di­ri­gé par Ade­line Les­canne-Gau­tier, opère à 100 % dans les pays du Sud.

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