Course au large, le coût de l’aven­ture

Der­rière chaque ba­teau de course se cache une pe­tite en­tre­prise à faire tour­ner. Pier­reYves Lau­trou, jour­na­liste à « L’Express » et skip­peur du Class40 aux cou­leurs de l’heb­do­ma­daire, dé­voile le « bu­si­ness mo­del » de sa chère pas­sion.

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ILYALECLICHÉ éter­nel : les ma­rins sont bour­rus, bu­ri­nés, fau chés, le re­gard dé la­vé por té vers l’ho­ri­zon. Et puis il y a la réa­li­té : la plu­part des cou­reurs au large sont avant tout des pa­trons de PME. Une drôle de vie, entre pré­sen­ta­tions Po­wer­Point et ci­rés hu­mides…

Cette vie-là, je l’ex­pé­ri­mente de­puis plus de deux ans. Jour­na­liste à L’Express, je suis aus­si ma­rin ama­teur pas­sion­né, pas­sant l’es­sen­tiel de mon temps libre à ré­ga­ter de­puis plus de quinze ans. Je me suis ali­gné, en no­vembre 2014, au dé­part de la Route du Rhum, à la barre de L’Express-Tre­pia, un Class40 (mo­no­coque de 12,18 mètres) aux cou­leurs de l’heb­do­ma­daire et d’une SSII pa­ri­sienne. Après une belle qua­tor­zième place ( sur 43 par­tants), j’ai re­pris mon tra­vail au jour­nal… tout en conti­nuant à gé­rer la SARL Au large, qui porte mes pro­jets ma­ri­times.

Der­rière chaque ba­teau de course, on trouve donc une struc­ture de ges­tion. Sou­vent une as­so­cia­tion loi 1901 pour les pro­jets ama­teurs, une EURL ou une SARL pour les dé - marches pro­fes­sion­nelles, voire une fi­liale du spon­sor pour les grosses écu­ries, comme Sa­fran ou Banque po­pu­laire. Dans ce der­nier cas, le ma­rin est ra­re­ment ar­ma­teur de son ba­teau, les sommes en jeu étant trop im­por­tantes : comp­tez 4 mil­lions d’eu­ros pour la construc­tion d’un Imo­ca 60 neuf (18,28 mètres), qui par­ti­ci­pe­ra au pro­chain Ven­dée Globe ; 8 à 10 mil­lions d’eu­ros pour les mul­ti­coques Ul­tim (une tren­taine de mètres), en pré­pa­ra­tion pour des re­cords au­tour du monde en so­li­taire, tel le Ma­cif, de Fran­çois Ga­bart.

Le tour des banques pour fi­nan­cer l’achat du ba­teau

Pour les pro­jets « moyens » comme le mien, la pre­mière dif­fi­cul­té reste l’ac­qui­si­tion du ba­teau. Le Class40 que j’ai choi­si, un Po­go 40S3 construit par le chan­tier Struc­tures, à Com­brit- Sainte-Ma­rine, dans le Fi­nis­tère, vaut 370000 eu­ros hors taxes avec la to­ta­li­té de son équi­pe­ment (voiles, élec­tro­nique, in­for­ma­tique, ma­té­riel de sé­cu­ri­té).

Sauf à dis­po­ser d’une for­tune per­son­nelle, il faut en pas­ser par un fi­nan­ce­ment ban­caire. Comme n’im­porte quel en­tre­pre­neur, j’ai donc dû faire le

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