Sa­ga. Da­vé, la can­tine des stars

Dis­cret par­mi les dis­crets, ce res­tau­rant chi­nois jouit pour­tant d’une re­nom­mée in­ter­na­tio­nale : der­rière sa fa­çade sans âme, cette table est la plus mon­daine de Pa­ris. Son pro­prié­taire, Da­vé, a dé­cro­ché et com­men­té en ex­clu­si­vi­té les cli­chés des cé­lé­brit

L'Express (France) - L’Express diX - - Sommaire - TEXTE : SYL­VIE WOLFF PHO­TOS : COL­LEC­TION PER­SON­NELLE - DR

C’est sans doute le se­cret le mieux gar­dé de la ca­pi­tale. Der­rière une fa­çade dé­fraî­chie de la rue de Ri­che­lieu se cache Da­vé, le res­tau­rant chi­nois le plus people de Pa­name, où dé­filent plus de cé­lé­bri­tés au mètre car­ré qu’au Fes­ti­val de Cannes. Pour­tant, quand il est ar­ri­vé en France avec ses pa­rents hong­kon­gais, en 1967, rien ne lais­sait pré­sa­ger que Da­vé Cheung, le pro­prié­taire, at­tra­pe­rait dans ses fi­lets au­tant de gros pois­sons is­sus de la mode, du ci­né­ma, des arts ou de la po­li­tique. « J’avais 14 ans, je rê­vais de Pa­ris, mais pas de me lan­cer dans la res­tau­ra­tion ! Faute de di­plômes et de re­la­tions, nous n’avons pas eu d’autre choix. » En 1973, la fa­mille ouvre un pre­mier éta­blis­se­ment dans le XIe ar­ron­dis­se­ment, La Per­go­la du bon­heur.

Moins de dix ans plus tard, en 1982, Da­vé inau­gure son pre­mier res­tau­rant, rue Saint-Roch, avant de dé­mé­na­ger, en 2001, rue de Ri­che­lieu, juste der­rière le Pa­lais-Royal. « J’ai eu la grande chance de ren­con­trer très ra­pi­de­ment le di­rec­teur ar­tis­tique du Vogue an­glais, ce­lui de Ma­rie Claire, puis le pho­to­graphe Hel­mut New­ton et sa femme, June, qui se sont pris d’af­fec­tion pour moi. » Comment ex­pli­quer que tant de cé­lé­bri­tés – d’Eduar­do Ar­royo à Lou­lou de la Fa­laise, de Bet­ti­na Rheims à Yves Saint Laurent en pas­sant par la fa­mille Cop­po­la… – soient ve­nues et re­ve­nues dans cet antre obs­cur, chaque fois en com­pa­gnie de nou­veaux amis ? Ce­la tient cer­tai­ne­ment plus à l’en­tre­gent de Da­vé qu’aux rou­leaux de prin­temps ou aux tra­vers de porc. « Je suis né sous une bonne étoile, avoue-t-il. Les gens ne viennent pas ici pour la nour­ri­ture, mais pour moi ! » Mal­gré le dé­cor sur­an­né, le monde en­tier, et le mi­lieu de la mode en par­ti­cu­lier, conti­nue à ve­nir s’en­ca­nailler chez lui et à po­ser de­vant son ob­jec­tif. Sur les murs rouges, des cen­taines de cadres dé­pa­reillés conte­nant des Po­la­roid pho­to­co­piés, té­moins de ces soi­rées, consti­tuent le livre d’or du res­tau­ra­teur. L’homme n’est pas simple. Il faut le ma­nier avec pré­cau­tion et sur­tout, ne pas le frois­ser. Tra­vailleur achar­né, il reste ou­vert sept jours sur sept et ne prend ja­mais de va­cances. L’après-mi­di, on le re­trouve par­fois as­sou­pi sur sa ban­quette pré­fé­rée. Da­vé a beau ne pas cou­rir les dé­fi­lés, ni les ver­nis­sages ou les avant-pre­mières, il connaît mieux que per­sonne ce pe­tit monde de hap­py few, ses cou­lisses et ses se­crets d’al­côve. Rien ne lui échappe et sû­re­ment pas ses sou­ve­nirs, qu’il égrène dans de grands éclats de rire. « Je me sens plus à l’aise avec ce mi­lieu qu’avec le monde po­li­tique, confie-t-il, même si d’an­ciens pré­si­dents de la Ré­pu­blique ont aus­si pris la pose ici. » s. w. Res­tau­rant Da­vé, 12 rue de Ri­che­lieu, Pa­ris ( Ier). 01- 42- 61- 49- 48.

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2 3 2. Fran­cis Ford Cop­po­la et Bar­bet Schroe­der « C’est le pro­duc­teur Jean- Pierre Ras­sam qui nous a pré­sen­tés en 1982. Fran­cis est ar­ri­vé avec sa femme et ses trois en­fants, et il a or­ga­ni­sé une grande ta­blée avec Ca­role Bou­quet, Au­rore Clé­ment, son pro­duc­teur Fred Roos et Bar­bet Schroe­der. De­puis, il re­vient ré­gu­liè­re­ment. C’est un bon vi­vant, d’une ex­trême gen­tillesse. En 2006, pen­dant le tour­nage de Ma­rie-An­toi­nette, sa fille So­fia a fê­té ici l’an­ni­ver­saire de Kirs­ten Dunst. » 1. Da­vé avec Kim Kar­da­shian et Ka­nye West « On se connaît de­puis une quin­zaine d’an­nées. Nous nous sommes ren­con­trés par l’in­ter­mé­diaire de Phar­rell Williams. Quand il est à Pa­ris, Ka­nye passe sou­vent ici. J’ai d’ailleurs croi­sé quelques- unes de ses fian­cées, avant qu’il n’épouse Kim Kar­da­shian ! C’est un homme ado­rable, qui ne joue pas à la di­va. Il fait juste très at­ten­tion à ce qu’il mange. A l’oc­ca­sion de son ma­riage avec Kim, en 2014, il m’a com­man­dé 60 re­pas pour les in­vi­tés, qui se ren­daient à Flo­rence en jet pri­vé. » 3. « sou­viensCette Avec pho­to Leo­nar­do­qu’il date ve­nait DiCa­priode ré­gu­liè­re­ment1996. Il avait alors avec 22 ses ans fian­cées,et en pa­rais­saitGi­sele Bünd­chen,18. Je me Bar Re­fae­li… Pen­dant le tour­nage de L’Hom­meau­mas­que­de­fer, en 1998, il a or­ga­ni­sé des fêtes chez moi tous les soirs. On est tou­jours très proches. C’est quel­qu’un d’ado­rable et d’une in­tel­li­gence rare. Lui et son meilleur ami, To­bey Ma­guire, m’ont in­vi­té à Los An­geles, au Châ­teau Mar­mont. Ils ont même mis un chauf­feur à ma dis­po­si­tion pour dé­cou­vrir la ville ! »

4 4. Ca­the­rine De­neuve, Ch­ris­tian Va­dim et Chia­ra Mas­troian­ni « Ca­the­rine est ve­nue pour la pre­mière fois en 1982, avec son fils Ch­ris­tian. A l’époque, Chia­ra était en­core une en­fant. An­dré Té­chi­né, l’un des réa­li­sa­teurs fé­tiches de Ca­the­rine, était sou­vent pré­sent. En­suite, je l’ai beau­coup vue en com­pa­gnie de Pierre Les­cure. Au­jourd’hui, elle fré­quente moins l’éta­blis­se­ment, mais son fils dé­barque sou­vent avec son grand co­pain Gilles Lel­louche. »

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