Anouck Du­ran­teau-Loe­per et So­phie Du­ru­flé

Isa­bel Marant : l’al­chi­mie fé­mi­nine

L'Express (France) - Styles - - Enquete -

Une ligne d’ac­ces­soires re­dé­fi­nie, un vé­ri­table e-shop lan­cé en juin der­nier, le pro­jet d’ou­vrir une quin­zaine de bou­tiques dans les cinq ans à ve­nir… La marque d’Isa­bel Marant, qui a contri­bué à ex­por­ter l’au­ra de la Pa­ri­sienne aux quatre coins du monde, a choi­si de mus­cler sa di­rec­tion en en­ga­geant, au cô­té de sa co­fon­da­trice So­phie Du­ru­flé, Anouck Du­ran­teau-Loe­per, nom­mée di­rec­trice gé­né­rale dé­lé­guée. Ce ma­na­ge­ment à deux têtes, fé­mi­nin qui plus est, se nour­rit de ses ex­per­tises res­pec­tives. « Nous avons mon­té cette mai­son de fa­çon très spon­ta­née, ex­plique So­phie Du­ru­flé. L’ar­ri­vée d’Anouck a per­mis de pen­ser sur le long terme, d’être plus proac­tif que ré­ac­tif. » Même s’il n’y a pas de for­mule ma­gique : « Il s’agit d’un mé­lange de prag­ma­tisme et de ta­lent, au bon mo­ment et au bon en­droit. C’est une al­chi­mie. » Il faut ci­ter la fa­meuse bas­ket com­pen­sée, créée par Isa­bel Marant en 2010 mal­gré le scep­ti­cisme de sa pré­si­dente, car­ton im­mé­diat et fi­gu­rant tou­jours par­mi les best-sel­lers. « La di­rec­tion ar­tis­tique est la clef de tout, pour­suit Anouck Du­ran­teau-Loe­per. Au contraire d’autres mé­tiers, nous ne pou­vons pas com­man­der en per­ma­nence des études de mar­ché pour sa­voir ce qui va fonc­tion­ner. Choi­sir de faire une manche plus ou moins large ? Il faut bien que quel­qu’un dé­cide ! On peut pas­ser des heures à conce­voir une che­mise, mais il ne faut pas ou­blier qu’on ne construit pas des fu­sées… En re­vanche, nous de­vons maî­tri­ser la pro­duc­tion comme la dis­tri­bu­tion, et pen­ser glo­bal : si l’on s’at­taque uni­que­ment au mar­ché fran­çais, le po­ten­tiel de clien­tèle manque pour se dé­ve­lop­per et payer ses coûts. Dé­bu­ter dans la mode au­jourd’hui né­ces­site un ni­veau de tech­ni­ci­té très im­por­tant. Nous sommes ad­mi­ra­tives des jeunes qui se lancent. »

« Au contraire d’autres mé­tiers, nous ne pou­vons pas com­man­der en per­ma­nence des études de mar­ché pour sa­voir ce qui va fonc­tion­ner. »

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