1947, le mo­ment Neh­ru Mo­di, le na­tio­na­lisme et les vaches

C’est le par­ti du Congrès qui di­rige l’inde fraî­che­ment in­dé­pen­dante.

L'Histoire - - Sommaire - Par Ch­ris­tophe Z. Guil­mo­to

n Une in­dé­pen­dance né­go­ciée

L’inde et le Pa­kis­tan ac­cèdent à l’in­dé­pen­dance le 15 août 1947, après de longues trac­ta­tions avec les Bri­tan­niques, mais aus­si entre les In­diens. Le Congrès est concur­ren­cé dès les an­nées 1930 par de nom­breux par­tis, aux in­té­rêts va­riés. En outre, la Ligue mu­sul­mane ré­clame un État pro­pre­ment mu­sul­man, le Pa­kis­tan : son chef, Mu­ham­mad Ali Jin­nah, re­jette l’idée de con­fé­dé­ra­tion avec la fu­ture Union in­dienne. Le 8 août 1942, Gand­hi dur­cit sa po­si­tion dans un dis­cours qui fit date : « Quit India ». En 1946, les af­fron­te­ments san­glants se mul­ti­plient. Les Bri­tan­niques confient alors la di­rec­tion d’un gou­ver­ne­ment in­té­ri­maire à Neh­ru, com­pa­gnon de Gand­hi. Puis, en fé­vrier 1947, Londres dé­pêche lord Louis Mount­bat­ten comme vice-roi pour né­go­cier les mo­da­li­tés de l’in­dé­pen­dance.

n La douloureuse par­ti­tion

Ce sont donc deux États sé­pa­rés qui ont ac­cé­dé à l’in­dé­pen­dance. La presque to­ta­li­té des États prin­ciers in­diens en­core au­to­nomes re­joignent l’union. Le chaos qui suit la par­ti­tion fait des cen­taines de mil­liers de morts et 10 à 15 mil­lions de dé­pla­cés. Dès l’au­tomne 1947, les rap­ports entre les deux nou­veaux États se tendent sur le Ca­che­mire, peu­plé à 80 % de mu­sul­mans mais dont le prince hin­dou a op­té pour l’union in­dienne.

n L’as­sas­si­nat de Gand­hi

Le 30 jan­vier 1948, six mois après l’in­dé­pen­dance, le Ma­hat­ma Gand­hi, qui es­sayait en vain d’apai­ser les ten­sions, est as­sas­si­né par Na­thu­ram Godse, un ex­tré­miste hin­dou qui l’ac­cu­sait d’être res­pon­sable de la « vi­vi­sec­tion de la Mère Inde ».

n Une dé­mo­cra­tie à l’an­glaise

Malgré des dé­buts san­glants, l’inde de­vient « la plus grande dé­mo­cra­tie du monde ». Elle adopte le par­le­men­ta­risme à l’an­glaise, suf­frage uni­ver­sel com­pris. Le hin­di est la langue na­tio­nale, l’an­glais la langue of­fi­cielle as­so­ciée ; le sé­cu­la­risme per­met le res­pect des mi­no­ri­tés re­li­gieuses. Neh­ru a op­té pour le main­tien dans le Com­mon­wealth, tout en fai­sant de l’inde le lea­der des peuples en lutte contre le co­lo­ni­sa­teur.

Pre­mier mi­nistre Ja­wa­har­lal Neh­ru, le pre­mier chef de gou­ver­ne­ment de l’inde in­dé­pen­dante, en 1951.

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