La fin des aven­tures ?

L'Histoire - - Événement -

Les voya­geurs oc­ci­den­taux dirent très tôt leur sen­ti­ment d’un ré­tré­cis­se­ment et d’une uni­for­mi­sa­tion du monde. Dès les an­nées 1820, c’est-à-dire avant le triomphe de la na­vi­ga­tion à va­peur et du che­min de fer, au temps des grands trois-mâts car­rés et des di­li­gences (dont le nom si­gni­fiait la vi­tesse), on as­su­rait dé­jà que les dis­tances avaient dis­pa­ru. L’avè­ne­ment de l’“exotisme” – le mot ap­pa­rut dans les langues européennes aux alen­tours de 1830 – s’ac­com­pa­gna de l’im­pres­sion que la di­ver­si­té du monde était condam­née à brève échéance. Les ré­cits de voyages le res­sas­sèrent an­née après an­née. A la fin du xixe siècle, les formes nou­velles du dé­sir d’aven­ture vinrent cou­ron­ner cette évo­lu­tion. Mise en scène dans d’in­nom­brables ro­mans, l’aven­ture de­ve­nait un idéal d’au­tant plus ab­so­lu que les pro­grès des trans­ports et des com­mu­ni­ca­tions sem­blaient rendre im­pos­sible son ac­com­plis­se­ment.” P. Sin­ga­ra­vé­lou, S. Ve­nayre (dir.), op. cit., p. 59.

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