Re­tour à la mai­son pour les tri­plés de Sainte-Barbe

Le pre­mier avait vu le jour dans l’am­bu­lance des pom­piers, les deux autres à la ma­ter­ni­té, deux jours plus tard. Léons, Jules et Ga­bins font le bon­heur de leurs pa­rents mais près de quatre mois plus tard, un des bam­bins est tou­jours hos­pi­ta­li­sé.

L'Impartial - - La Une - Au­ré­lie Hé­bert

Leur his­toire ex­cep­tion­nelle avait fait la Une de notre édi­tion du jeu­di 30 mars 2017. Quatre mois plus tard, nous sommes re­tour­nés voir les jeunes pa­rents, Ca­mille et Ru­dy Co­cart, ins­tal­lés à Sainte-Barbe-sur-Gaillon.

Tout a com­men­cé le jeu­di 23 mars. En­ceinte de tri­plés, Ca­mille, 24 ans, res­sent les pre­mières contrac­tions. La jeune femme pré­vient les se­cours car le terme n’est pré­vu que dé­but juin. Sui­vie par le Centre Hos­pi­ta­lier Uni­ver­si­taire de Rouen, la jeune femme sait par­fai­te­ment qu’une gros­sesse mul­tiple ré­serve bien sou­vent des sur­prises.

Léons naît le jeu­di 23 mars

La ma­man est alors prise en charge par les sa­peurs-pom­piers et le mé­de­cin ur­gen­tiste. Heu­reu­se­ment car le pre­mier pe­tit gar­çon, Léons, naît dans l’am­bu­lance, au ni­veau du Pont Ma­thilde, alors qu’elle ap­proche du CHU de Rouen. Nous sommes le jeu­di 23 mars, le pe­tit Léons voit le jour à 8 h 26, avec deux mois et de­mi d’avance. Pe­sant à peine un ki­lo, il est pla­cé en cou­veuse et mis sous très haute sur­veillance, car ses pou­mons ne sont pas en­core plei­ne­ment dé­ve­lop­pés.

Jules et Ga­bins le sa­me­di 25 mars

Moins pres­sés, ce n’est que deux jours plus tard que ses deux frères, Jules et Ga­bins, se dé­cident à quit­ter le ventre de Ca­mille, eux aus­si de fa­çon na­tu­relle. Jules ouvre les yeux le sa­me­di 25 mars à 14 h 33, sui­vi quelques mi­nutes plus tard par Ga­bins. Poids plumes af­fi­chant quelque 900 grammes, ils dé­couvrent aus­si la cou­veuse et ce du­rant un mois et de­mi. « Pour ma part je suis res­sor­tie une se­maine plus tard. Tout al­lait bien pour moi », ex­plique la jeune ma­man.

Avec son ma­ri Ru­dy, elle com­mence alors à faire des al­lers­re­tours chaque jour entre leur mai­son et le ser­vice néo­na­to­lo­gie

du CHU de Rouen, pour voir

leurs en­fants. « Au bout d’un mois, nous avons pu ob­te­nir un lo­ge­ment mis à dis­po­si­tion des fa­milles au sein du centre hos­pi­ta­lier. Nous étions donc sur place, pour voir les bé­bés quand nous vou­lions ».

Ren­trés il y a un mois

Mi-mai, ils ac­cueillent dans ce lo­ge­ment les deux der­niers bé­bés, Jules et Ga­bins, tan­dis que Léons, dont la san­té est en­core plus que fra­gile, conti­nue de gran­dir en néo­na­to­lo­gie. « Nous sommes fi­na­le­ment ren­trés chez nous il y a un mois. Et

chaque jour, nous al­lons voir Léons, en nous re­layant mais le plus sou­vent pos­sible aus­si

tous les quatre. » Les jeunes pa­rents es­pèrent bien ré­cu­pé­rer leur troi­sième bé­bé d’ici une

di­zaine de jours. « Il nous a fait de belles frayeurs, mais il va mieux. Il com­mence à bien res­pi­rer tout seul. Il pèse au­jourd’hui 3,2 kg. »

12 bi­be­rons par jour, bien­tôt 18

Pour l’ins­tant, avec deux des tri­plets, Ca­mille et Ru­dy ne comptent pas les couches chan­gées, « tel­le­ment il y en a », ex­plique le jeune pa­pa. Et cô­té bi­be­ron, « c’est un toutes les quatre heures pour cha­cun. » Chaque jour et nuit, avec deux bé­bés, le jeune couple donne donc douze bi­be­rons. « Ça va car c’est à peu près en même temps. »

Et lorsque Léons les re­join­dra, ce­la mon­tra donc à dix-huit bi­be­rons par jour. « Ce­la re­pré­sente une boîte de lait par se­maine », pré­cise la ma­man. Et d’ajou­ter au pas­sage : « Si une phar­ma­cie pou­vait nous faire un prix, ce­la nous ar­ran­ge­rait d’ailleurs. » L’ap­pel est lan­cé ! Pour s’or­ga­ni­ser, Ca­mille et

Ru­dy ont choi­si de s’adap­ter aux rythmes des bé­bés. « Ga­bins est calme et Jules un peu plus râ­leur. » En ef­fet, les deux bé­bés, pe­sant cha­cun 3,6 kg, ne portent au­cune trace de leur nais­sance mou­ve­men­tée tout comme Léons. « Son ca­rac­tère est un mé­lange de ce­lui de ses frères. »

Et sur­tout les jeunes pa­rents peuvent comp­ter sur l’aide de leurs fa­milles et amis. Une aide qui se­ra d’au­tant plus in­dis­pen­sable quand la pe­tite fa­mille se­ra réunie au com­plet sous le même toit.

Ca­mille et Ru­dy (te­nant res­pec­ti­ve­ment dans leurs bras Jules et Ga­bins) es­pèrent en­fin ac­cueillir chez eux Léons (au centre sur la 2e pho­to, entre ses deux frères), qui est en­core en ser­vice néo­na­to­lo­gie du Centre Hos­pi­ta­lier Uni­ver­si­taire de Rouen.

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