Peut-on se bai­gner dans la Seine ?

Les Nor­mands pour­ront-ils re­nouer avec une pra­tique an­ces­trale : se bai­gner dans la Seine ? La qua­li­té de l’eau s’amé­liore, mais les dan­gers sont en­core nom­breux.

L'Impartial - - A La Une - Nor­man­die Ac­tu

La bai­gnade dans la Seine est in­ter­dite, mais au vu de l’amé­lio­ra­tion de la qua­li­té des eaux, la ques­tion pour­rait se po­ser dans les pro­chaines an­nées.

Les Pa­ri­siens se prennent à rê­ver. Et si un jour la bai­gnade en Seine de­ve­nait une réa­li­té ? Dé­jà, des es­paces de bai­gnade vont être ou­verts dès la mi-juillet 2017, dans le bas­sin de la Villette. « Le bas­sin de la Villette, c’est une pre­mière étape, la sui­vante c’est le lac Dau­mes­nil à Vin­cennes, en 2019. Et après 2024, si on ob­tient les Jeux olym­piques, la bai­gna­bi­li­té de la Seine elle-même », es­père Jean-Fran­çois Mar­tins, ad­joint aux Sports de la mai­rie de Pa­ris.

Une eau de plus en plus propre

De Pa­ris au Havre, au­jourd’hui, la pra­tique est très rare, alors qu’elle était cou­rante jus­qu’au mi­lieu du 20e siècle, comme en té­moignent les nom­breux films conser­vés par le Pôle image de Haute-Nor­man­die.

La bai­gnade dans l’es­tuaire de la Seine n’est pas ré­gle­men­tée, au­cune zone de bai­gnade n’étant dé­fi­nie sur ce sec­teur. Le bai­gneur éven­tuel le fait donc à ses risques et pé­rils, ré­sume Cé­dric Fis­son, char­gé de mis­sion au Grou­pe­ment d’in­té­rêt pu­blic Seine-Aval.

En Seine-Ma­ri­time, un ar­rê­té pré­fec­to­ral de dé­cembre 1979 in­ter­dit for­mel­le­ment la pra­tique de la « plon­gée sub­aqua­tique » dans la Seine. Pour­tant, la qua­li­té des eaux de la Seine s’amé­liore d’an­née en an­née. Si la conta­mi­na­tion bac­té­rienne était re­dou­table jusque dans les an­nées 1990, la pré­sence d’es­che­ri­chia co­li et d’en­té­ro­coques in­tes­ti­naux tend à se ra­ré­fier. « Il y a une telle amé­lio­ra­tion de la qua­li­té des eaux que la ques­tion de la bai­gnade peut se po­ser », concède Cé­dric Fis­son.

Une pol­lu­tion chi­mique et des puis­sants cou­rants

De 1950 aux an­nées 1980, la Seine était une vé­ri­table pou­belle, avec des ef­fets dé­sas­treux sur l’en­vi­ron­ne­ment. Tout ce qui est re­je­té par l’ac­ti­vi­té des villes, de l’in­dus­trie et des ac­ti­vi­tés agri­coles se re­trouve à la sor­tie dans l’es­tuaire de la Seine. Il s’agit de l’es­tuaire le plus pol­lué du pays.

Si le ni­veau de conta­mi­na­tion bac­té­rienne est proche du seuil de l’au­to­ri­sa­tion de bai­gnade, cette me­sure ne prend pas en compte la pol­lu­tion chi­mique et le risque sa­ni­taire qui en dé­coule. La pré­sence de pes­ti­cides, d’hy­dro­car­bures et de mé­taux, même si elle tend elle aus­si à di­mi­nuer, est en­core im­por­tante dans la Seine.

« Maxi­male dans les an­nées 1950 à 1970, cette très forte conta­mi­na­tion his­to­rique de l’es­tuaire de la Seine a connu une di­mi­nu­tion très im­por­tante dans les an­nées 1970 et 1980. Cette baisse gé­né­rale du ni­veau de la conta­mi­na­tion s’est pour­sui­vie pour at­teindre au­jourd’hui dans la par­tie flu­viale de l’es­tuaire, des ni­veaux faibles qui tendent vers le bruit de fond na­tu­rel pour la plu­part des mé­taux », pré­cise une étude du GIP Seine-Aval.

Mais si la consom­ma­tion de pois­son reste tou­jours in­ter­dite, ce n’est pas un ha­sard. La pré­sence du PCB (Po­lyCh­lo­roBi­phé­nyles) est tou­jours im­por­tante dans les pois­sons et sé­di­ments. « La moi­tié des pois­sons pré­le­vés dé­passent la te­neur au­to­ri­sée en PCB », sou­ligne Cé­dric Fis­son.

La pol­lu­tion chi­mique n’est pas le seul dan­ger qui guette le bai­gneur. La force des cou­rants et la na­vi­ga­tion vien­draient à bout des plus mo­ti­vés. À Rouen, les cou­rants peuvent dé­pas­ser 1 mètre/se­conde.

(©Il­lus­tra­tion/Ju­lien Bou­teiller/Nor­man­die-ac­tu)

La bai­gnade dans la Seine est in­ter­dite, mais au vu de l’amé­lio­ra­tion de la qua­li­té des eaux, la ques­tion pour­rait se po­ser dans les pro­chaines an­nées.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.