Una­ni­mi­té de re­con­nais­sance au­tour de « Zou­zou »

L'Impartial - - Gaillon -

L’an der­nier, la so­cié­té Marnier-Lapostolle a tour­né une page de son his­toire, en pas­sant sous le contrôle du pa­villon ita­lien de Cam­pa­ri.

Cette fois, en ce plein été, l’usine de Gaillon voit par­tir l’une de ses fi­gures les plus an­ciennes, en la per­sonne d’Ab­del­krim Sdou­ga , res­pon­sable du co­mi­té d’en­tre­prise et res­pon­sable syn­di­cal CGT. Ra­re­ment un tel sa­la­rié fait au­tant l’una­ni­mi­té. Après 40 ans et 3 mois de ser­vice, ce per­son­nage, au­tant ap­pré­cié par le per­son­nel que par la di­rec­tion, a fait va­loir ses droits à la re­traite, re­tour­nant dans son pays na­tal la Tunisie, non sans un pe­tit pin­ce­ment au coeur. Ac­cueilli, l’autre mer­cre­di, dans la salle d’ac­cueil de l’usine, « Zou­zou », sur­nom­mé ain­si, dé­cou­vrait une mul­ti­tude de ca­deaux, ain­si qu’un buf­fet à par­ta­ger avec col­lègues et res­pon­sables de l’en­tre­prise.

« Je quitte une so­cié­té que j’ai ai­mée », dé­cla­rait d’en­trée le par­tant, « Je ne suis ja­mais al­lé au tra­vail à re­cu­lon ». Il pour­sui­vait : « J’ai eu des res­pon­sa­bi­li­tés sur le plan so­cial, j’ai tou­jours es­sayé de les as­su­mer avec convic­tion, dé­ter­mi­na­tion, avec la vo­lon­té de bien faire. Cons­cient des der­niers chan­ge­ments qui ont vu cer­tains perdre leur em­ploi, je pars sans être trop in­quiet pour l’ave­nir. Certes, nous avons vé­cu des mo­ments dif­fi­ciles. J’ai aus­si ren­con­tré des in­ter­lo­cu­teurs à l’écoute né­go­ciant au mieux, ac­cep­tant nos de­mandes dans un dia­logue construc­tif ». Et le syn­di­ca­liste de sou­li­gner le cô­té hu­main de la di­rec­tion, vis-àvis de cer­tains sa­la­riés. L’en­tre­prise fa­mi­liale « Grand-Marnier » est de­ve­nue une fi­liale du groupe Cam­pa­ri. « Après 46 ans vé­cus en France, je re­tourne à la source de ma vie, je ne pars pas sans une pointe d’émo­tion d’un pays qui m’a tout don­né, tant sur le plan pro­fes­sion­nel que spor­tif. Je n’ou­blie­rai ja­mais cette vie vé­cue en France ».

Là « Zou­zou » cra­quait et, bien vite, ren­trait ses larmes sous une salve d’ap­plau­dis­se­ments. « C’est ici que je suis de­ve­nu un homme, je tourne la page, en­core mille mer­ci ! », concluait le nou­veau re­trai­té.

Fa­bio Di Fede, di­rec­teur gé­né­ral : « un par­te­naire so­cial exem­plaire »

Nou­veau di­rec­teur gé­né­ral de la so­cié­té des pro­duits Mar­nierLa­pos­tolle, fi­liale dé­sor­mais du groupe Cam­pa­ri, Fa­bio Di Fede évo­quait en­suite, avec hu­mour, son pre­mier contact avec Ab­del­krim Sdou­ga. Il s’agis­sait d’une réunion au siège pa­ri­sien, lors d’une réunion du co­mi­té d’en­tre­prise.

Le di­rec­teur ra­conte : « Je me suis re­trou­vé scot­ché au fond de ma chaise, face aux de­mandes ex­tra­va­gantes de M. Sdou­ga. J’ai de­man­dé qui est ce mon­sieur ? On m’a ré­pon­du, c’est un dé­lé­gué syn­di­cal, mais aus­si un spor­tif ». Fai­sant al­lu­sion aux qua­li­tés foot­ba­lis­tiques de son op­po­sant, M. Di Fede pour­sui­vait : « J’ai alors me­su­ré très clai­re­ment qu’il était at­ta­quant sur le ter­rain, le cô­té of­fen­sif, en tout cas, était clair. Le tout dans un cli­mat plu­tôt sym­pa­thique et cor­dial. J’ai en­suite dé­cou­vert ses qua­li­tés d’en­traî­neur, parce qu’il n’était pas tout seul. Ce­ci dit, je dois confir­mer que la per­cep­tion des pro­blèmes évo­qués était la même de l’autre cô­té de la table ».

S’adres­sant aus­si avec hu­mour à l’as­sis­tance, le di­rec­teur gé­né­ral concluait : « M. Sdou­ga a dé­fen­du avec vi­gueur vos in­té­rêts, un peu trop bien à mon goût ! Ce­la s’est tou­jours dé­rou­lé dans le res­pect mu­tuel des rôles res­pec­tifs. C’est très clai­re­ment le type de dia­logue so­cial et de lien que nous sou­hai­tons main­te­nir à l’ave­nir. Pour ce­la mer­ci M. Sdou­ga au nom de la di­rec­tion, bonne re­traite ».

Sté­phane Marnier-Lapostolle, cadre au sein de la so­cié­té, s’as­so­ciait aux re­mer­cie­ments adres­sés au par­tant, pour le­quel il for­mu­lait des voeux de bonne adap­ta­tion dans son nou­veau lieu de vie. « Zou­zou » ne quitte pas dé­fi­ni­ti­ve­ment notre ré­gion, où il laisse trois en­fants qu’il re­vien­dra voir pé­rio­di­que­ment.

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