« Je n’ai ja­mais au­tant cou­ru qu’à l’As­sem­blée ! »

La nou­velle dé­pu­tée de la cin­quième cir­cons­crip­tion de l’Eure n’a pas chô­mé cet été. Entre ses dé­cla­ra­tions mé­dia­tiques to­ni­truantes et les tra­vaux d’amé­na­ge­ment de sa fu­ture per­ma­nence à Étré­pa­gny, l’élue a pris le temps de nous ac­cor­der un en­tre­tien.

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Comment avez-vous vé­cu vos pre­miers mois de man­dat ?

C’est le nombre d’heure et le tra­vail non-vi­sible et l’im­por­tance de nos at­ta­chés par­le­men­taires. Je ne sais pas comment peuvent faire mes col­lègues qui sont no­vices comme moi à l’as­sem­blée et qui ont pris des at­ta­chés par­le­men­taires no­vices. Quand je pense qu’il existe des dé­pu­tés qui ont du mal à prou­ver le tra­vail ef­fec­tif de leurs col­la­bo­ra­teurs, je ne com­prends pas ! Et vu tout le tra­vail à réa­li­ser, je ne conçois pas que l’on ait pu cu­mu­ler d’autres fonc­tions. Je n’ai ja­mais au­tant cou­ru qu’à l’As­sem­blée na­tio­nale entre les salles de réunion, l’hé­mi­cycle et les sous-sols… Cô­té cou­lisses, tout le monde court ! Mais vous sa­vez que vous ser­vez à quelque chose.

Comment ju­gez-vous la loi de confiance dans l’ac­tion pu­blique ? Et que pen­sez-vous de l’exi­gence de trans­pa­rence en gé­né­ral ?

À par­tir du mo­ment où vous tou­chez de l’ar­gent pu­blic, il faut te­nir sa comp­ta­bi­li­té, c’est un mi­ni­mum !

En ce qui concerne mes deux at­ta­chés par­le­men­taires, je gère la somme de 9 000€ par mois. On a aus­si une en­ve­loppe de 5 200€ pour nos frais. Notre per­ma­nence d’Étré­pa­gny est ain­si prise en charge à hau­teur de 650€. Mon in­dem­ni­té est quant à elle de 5 200€ nets par mois. C’est une somme qui cor­res­pond à une fonc­tion de cadre su­pé­rieur, c’est très bien. Mais il faut consi­dé­rer que je vais payer en­core des im­pôts des­sus, ce qui est nor­mal. Il faut tout de même re­con­naître que c’est confor­table.

Et que pen­sez-vous de la sup­pres­sion de la ré­serve par­le­men­taire ?

Je ne suis pas fa­vo­rable à ce type de pro­cé­dé qui a don­né lieu à de nom­breuses dé­rives, en fa­vo­ri­sant le co­pi­nage po­li­tique. Je pré­fère être là pour ai­der les ac­teurs ou as­so­cia­tions à mon­ter un dos­sier pour ob­te­nir des fonds ou des sub­ven­tions.

Comment ré­agis­sez-vous aux com­men­taires nour­ris à l’en­contre de votre ma­jo­ri­té à l’as­sem­blée, qua­li­fiée «d’élus ama­teurs » et par­fois même de « dé­pu­tés ver­sa­tiles », vous-mêmes n’ayant pas hé­si­té à ju­ger votre chef de groupe, Richard Fer­rand comme « dé­faillant » ?

Je tiens à pré­ci­ser que je ne l’ai trai­té de dé­faillant pour une jour­née seule­ment sur la ques­tion de la dé­si­gna­tion des ques­teurs. Mais c’est une dé­faillance que nous payons cher et qui a per­mis à nos dé­trac­teurs de nous trai­ter d’ama­teurs. Et j’en ai as­sez !

Vous avez été au coeur d’une po­lé­mique na­tio­nale suite à vos pro­pos te­nus sur l’aug­men­ta­tion de l’al­lo­ca­tion pour le lo­ge­ment. Pour mé­moire, vous es­ti­miez que « Si à 19 ans, 20 ans, 24 ans vous com­men­cez à pleu­rer parce qu’on vous en­lève 5 eu­ros, qu’est-ce que vous al­lez faire de votre vie ? » Qu’avez-vous pen­sé de la ré­ac­tion que vous avez sus­ci­té ? Con­ti­nue­rez-vous à res­ter fi­dèle à cette image de « grande gueule » ?

Je ne par­lais pas de toute la po­pu­la­tion, on m’a po­sé la ques­tion sur les jeunes étu­diants. Et je per­siste à croire que ma fille ne se­rait ja­mais ve­nue pleu­rer pour cinq eu­ros par mois ! Pour ce qui est du ton, je vous as­sure que je me re­tiens ! Mais je n’ai pas be­soin que l’on parle de moi dans les mé­dias ni d’avoir un at­ta­ché de presse comme cer­tains dé­pu­tés le font pour pas­ser à l’an­tenne. Je vou­drais bien sa­voir comment ils jus­ti­fient les 2 000 ou 3 000 € qu’ils dé­pensent dans leurs frais uni­que­ment pour pou­voir s’en­tendre à la radio.

Au su­jet de ce ton « grande gueule », qui vous colle à la peau, vous con­ti­nuez à in­ter­ve­nir ré­gu­liè­re­ment dans l’émis­sion radio de RMC à la­quelle vous par­ti­ci­piez avant votre élec­tion. Peut-on tou­jours dire les mêmes choses à l’an­tenne une fois élue de la Ré­pu­blique ?

Je ne peux pas m’ex­pri­mer aus­si li­bre­ment, non. Ou en tout cas, en me­su­rant ce que je dis. C’est pour cette rai­son que dans les Grandes gueules je ne viens pas pen­dant trois heures dé­battre, je pré­fère être in­vi­té sur un su­jet bien pré­cis. J’es­time qu’en tant que par­le­men­taire, nous avons quand même un droit de ré­serve.

« Je ne peux plus par­ler aus­si li­bre­ment »

Lun­di, c’était aus­si jour de ren­trée… sco­laire. Et la dé­pu­tée Claire O’Pe­tit a fait la tour­née des po­potes, du col­lège d’Étré­pa­gny à ce­lui de Fleu­ry-sur-An­delle, en pas­sant par l’école de Neaufles-Saint-Martin. Trois éta­blis­se­ments où la ren­trée s’est dé­rou­lée en musique, fi­dèle en ce­la aux pré­co­ni­sa­tions du Mi­nistre de l’Édu­ca­tion na­tio­nale

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