Un pom­pier gaillon­nais au se­cours des vic­times d’Ir­ma

Il opère avec son col­lègue lo­vé­rien de­puis quelques heures sur le ter­ri­toire des îles de la Gua­de­loupe ap­por­tant bé­né­vo­le­ment son concours aux vic­times de l’ou­ra­gan Ir­ma. Confi­dences avant son dé­part.

L'Impartial - - La Une - Pa­trick-Serge Le­febvre

Lun­di soir, à Or­ly, ils étaient au nombre des pas­sa­gers en par­tance pour Pointe-à-Pitre. Leur groupe étant com­po­sé d’une quin­zaine de per­sonnes : pom­piers, se­cou­ristes, mé­de­cin, in­fir­mière anes­thé­siste…

Outre leurs ba­gages ou pa­que­tages, ils em­por­taient avec eux ma­té­riel de dé­pol­lu­tion d’eau, tron­çon­neuses, bâche, ou­tillages di­vers…

Une nou­velle fois Gen­til de Pas­sos (le­quel porte bien son pré­nom) ad­ju­dant-pom­pier au centre de se­cours de Gaillon a dé­ci­dé de por­ter se­cours à ses conci­toyens de la Terre.

Ce gé­né­reux sa­peur a dé­jà opé­ré une ving­taine de fois après les séismes en In­do­né­sie, au Ma­roc, en Rou­ma­nie, aux Phi­lip­pines, en Bos­nie et plus ré­cem­ment au Né­pal en 2015 et à Haï­ti l’an der­nier où il s’est ren­du à six re­prises.

Lun­di, à l’heure de son em­bar­que­ment ac­com­pa­gné de son col­lègue et ami Da­mien Du­pe­ty, pom­pier-ad­ju­dant du centre de se­cours de Lou­viers le­quel par­ti­cipe lui aus­si à cette mis­sion, il nous confiait : « Dès notre ar­ri­vée, nous se­rons mis à dis­po­si­tion de la pré­fec­ture de Point-à-Pitre qui dé­ci­de­ra de notre trans­fert sur SaintMar­tin ou Saint-Bar­thé­le­my, là, où l’on au­ra le plus be­soin de nous ».

Quoi qu’il en soit, il fau­dra en­core comp­ter de cinq à huit heures de ba­teau pour re­joindre l’île où ils au­ront à tra­vailler au ser­vice des si­nis­trés.

Drône et ca­mé­ra ther­mique

Équi­pés de leur drone pro­fes­sion­nel et de leur ca­mé­ra ther­mique, la mis­sion des deux hommes dé­bu­te­ra, plus spé­cia­le­ment cette fois, en ma­tière de dé­blaie­ment.

Un tra­vail épui­sant car le temps presse se­lon un rythme où re­pas et som­meil sont quel­que­fois oc­cul­tés.

Lo­gés peut-être à « la belle étoile », nour­ris avec de pe­tits sa­chets lyo­phi­li­sés, notre in­ter­lo­cu­teur ne se plaint pas : « Ce n’est pas un pro­blème, on peut aus­si dor­mir sur un tas de cailloux », dit-il en riant, « le prin­ci­pal c’est que nous puis­sions tra­vailler en toute sé­cu­ri­té ».

Des pa­roles ré­con­for­tantes alors que dans le même temps, cer­tains pro­fitent de la dé­tresse de leurs congé­nères pour piller les ha­bi­ta­tions…

Une mis­sion dés­in­té­res­sée

Il n’est pas ques­tion d’ar­gent dans le cadre de cette mis­sion puis­qu’avec l’ac­cord de leurs chefs res­pec­tifs et de leurs col­lègues pro­fes­sion­nels, les d’ab­sences sont dé­duites de leur temps de re­pos. Plu­sieurs col­lègues les rem­placent donc, et à leur re­tour, les sau­ve­teurs uti­li­se­ront leurs fu­turs re­pos pour les rem­pla­cer à leur tour. Un seul dé­sir pour eux : ce­lui de vou­loir se­cou­rir ceux qui en ont be­soin.

« C’est la suite lo­gique de mon tra­vail de pom­pier », jus­ti­fie Gen­til de Pas­sos qui ima­gine pour­suivre sa col­la­bo­ra­tion à son as­so­cia­tion, même re­trai­té. « Du moins au­tant que ma san­té me le per­met­tra », confirme ce­lui qui re­mer­cie son chef, ses col­lègues et son épouse qui lui per­mettent, eux aus­si, d’as­su­mer son idéal.

Gen­til de Pas­sos (à gauche) et Da­mien Du­pe­ty (à droite), en­tou­rant Mi­chel Buis­son (pom­piers d’Évreux), à leur ar­ri­vée à Pointe-à-Pitre mar­di.

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