Fer­ti­seine (ex-Ter­ra­lys) fait marche ar­rière

L'Impartial - - La Une - Guillaume Voi­se­net

L’As­so­cia­tion de Dé­fense de la Val­lée du Gam­bon (ADVG) était in­vi­tée jeudi der­nier à vi­si­ter le site de com­pos­tage. Ses re­pré­sen­tants n’ont pas été con­vain­cus par les modifications ap­por­tées par Suez Or­ga­nique.

Après que le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Rouen ait an­nu­lé l’ar­rê­té du préfet au­to­ri­sant l’ex­ten­sion de la pla­te­forme de com­pos­tage Fer­ti­seine de Cu­ver­ville, Suez Or­ga­nique (ex-Ter­ra­lys) fait marche ar­rière. Il n’est plus ques­tion d’ex­ten­sion et d’aug­men­ta­tion des ton­nages, qui de­vaient pas­ser de 20 000 à 60 000 tonnes. La so­cié­té d’ex­ploi­ta­tion a re­vu ses ton­nages à la baisse et est re­pas­sé sous le ré­gime de la dé­cla­ra­tion pour ne pas avoir à pas­ser par une nou­velle en­quête pu­blique.

Vo­lon­té d’in­té­gra­tion

La pla­te­forme de com­pos­tage tant dé­criée va dé­sor­mais pri­vi­lé­gier les dé­chets verts. 10 000 tonnes de vé­gé­taux pro­ve­nant es­sen­tiel­le­ment des dé­chè­te­ries du Sy­gom et du Smé­dar ain­si que 4 000 tonnes de boues de sta­tions d’épu­ra­tion se­ront trai­tées à l’an­née. Une ré­flexion est éga­le­ment en­ga­gée pour avoir une in­té­gra­tion la plus lo­cale pos­sible et ré­duire les nui­sances, no­tam­ment ol­fac­tives, su­bies par les ha­bi­tants du sec­teur.

Afin de prou­ver sa bonne foi, Suez Or­ga­nique avait in­vi­té l’As­so­cia­tion de Dé­fense de la Val­lée du Gam­bon (ADVG) à vi­si­ter ses ins­tal­la­tions jeudi der­nier en com­pa­gnie de deux re­pré­sen­tants de la Di­rec­tion ré­gio­nale

de l’en­vi­ron­ne­ment, de l’amé­na­ge­ment et du lo­ge­ment (Dréal). « Nous sou­hai­tons vous mon­trer com­ment nous fonc­tion­nons et notre évo­lu­tion en toute trans­pa­rence. Notre site doit être in­té­gré. Il faut de

la confiance », dé­cla­rait Bru­no Ga­gneur, di­rec­teur de la pro­duc­tion chez Suez Or­ga­nique.

Tout au long du par­cours sur la pla­te­forme de com­pos­tage, il a beau­coup in­sis­té sur la tra­ça­bi­li­té, la prise de tem­pé­ra­ture et les ana­lyses. « Toutes les boues sont ana­ly­sées. Avant d’ar­ri­ver sur le site, des pré­lè­ve­ments sont ef­fec­tués. Tous les lots non conformes n’iront pas dans les champs ».

« Confiance rom­pue »

Des ar­gu­ments qui n’ont semble-t-il pas convain­cu les membres de l’ADVG. « La confiance a été rom­pue car vous n’avez pas te­nu vos en­ga­ge­ments par le pas­sé. Nous de­man­dons l’ar­rêt de l’ex­ploi­ta­tion et son dé­part », a af­fir­mé Fran­çois Hu­vé rap­pe­lant au pas­sage que le Con­seil mu­ni­ci­pal des An­de­lys s’était éga­le­ment pro­non­cé dans ce sens et que d’autres com­munes al­laient faire de même.

L’ADVG n’en­tend pas en res­ter là et en­vi­sage un re­cours amiable au­près du préfet. Elle conti­nue de mo­bi­li­ser la po­pu­la­tion et d’in­for­mer sur les nui­sances pro­vo­quées par la pla­te­forme de com­pos­tage. Elle était ain­si pré­sente sur la foire à tout des An­de­lys au cours de la­quelle Fran­çois Hu­vé a in­ter­pel­lé le maire au mo­ment de l’inau­gu­ra­tion.

La vi­site a été ins­truc­tive, les échanges cour­tois mais cha­cun est res­té cam­pé sur ses po­si­tions.

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