« Nom­breuses ir­ré­gu­la­ri­tés et re­quête au tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif »

L'Impartial - - Gaillon -

C’était quelques heures après la dé­ci­sion de la com­mis­sion dé­par­te­men­tale de co­opé­ra­tion in­ter­com­mu­nale de re­fu­ser le dé­part de Saint-Au­bin-surGaillon vers SNA.

Dans un texte qu’elle nous fai­sait par­ve­nir, Ca­the­rine Meulien écri­vait : « Le pré­sident Du­ché foule aux pieds, dans un mé­pris dé­sor­mais as­su­mé, le re­fus des élus de l’Eure d’au­to­ri­ser le hold-up qu’il s’ap­prête à com­mettre. Con­trai­re­ment à ce que dit le pré­sident de SNA, ce n’est pas un, mais deux votes contre, qui ont mar­qué la Com­mis­sion Dé­par­te­men­tale de Co­opé­ra­tion In­ter­com­mu­nale (CDCI) lun­di 4 sep­tembre : d’une part leur re­fus de voir sor­tir la com­mune de Saint-Au­bin-sur-Gaillon de la CCEMS, mais d’autre part le deuxième re­fus que cette com­mune in­tègre la SNA.

Les mots qu’il uti­lise frôlent l’in­dé­cence à l’en­contre d’élus, maires, res­pon­sables, ayant pe­sé le pour et le contre, ayant com­pris l’en­jeu ter­ri­to­rial qui s’écrit au­tour de la com­mune de SaintAu­bin-sur-Gaillon. Pen­sant dis­po­ser des pleins pou­voirs dans le dé­par­te­ment, Fré­dé­ric Du­ché, Ni­cole Drouillet et consorts s’étaient ima­gi­né pou­voir réa­li­ser la casse du siècle sans in­for­mer, sans com­mu­ni­quer, par des dé­ci­sions prises en ca­ti­mi­ni par leurs conseils res­pec­tifs en juin der­nier, la CCEMS en ayant eu connais­sance par la presse.

« Au­jourd’hui, il faut se rendre à l’évi­dence. En dé­pit de pe­tits ar­ran­ge­ments entre amis, tout plaide pour que la co­hé­rence, la ré­flexion et la lo­gique l’em­portent. On peut s’amu­ser du cam­brio­leur qui crie « au vo­leur ! » en par­tant avec la caisse sous le bras !

Car c’est bien de ce­la dont il s’agit : une spo­lia­tion des autres com­munes de la CCEMS qui ont ac­cep­té de concen­trer leurs in­ves­tis­se­ments éco­no­miques sur la zone d’ac­ti­vi­té de l’échan­geur de l’au­to­route, au dé­tri­ment de leur propre com­mune. C’est près de 10 mil­lions d’eu­ros qui ont été in­ves­tis sur Saint-Au­bin en 15 ans, fai­sant de cette com­mune, une com­mune riche : + 300 000 eu­ros par an de re­cettes nou­velles, alors que beau­coup d’autres se serrent la cein­ture de­puis toutes ces an­nées !

C’est cette in­jus­tice qui a cho­qué les membres de la CDCI.

Quant au vote à bul­le­tin se­cret en CDCI, il est de droit et il est le ga­rant de l’ex­pres­sion libre et sans contrainte d’élus res­pon­sables (maires, pré­sident EPCI, élus dé­par­te­men­taux et ré­gio­naux). Il n’y a que dans les pays to­ta­li­taires où le vote à bul­le­tin se­cret est in­ter­dit ».

Le temps des illu­sions

« Oui, la dé­ci­sion de la CDCI est la dé­ci­sion du bon sens, de la justice et de l’in­té­rêt gé­né­ral. Au­cune conni­vence po­li­tique n’est in­ter­ve­nue dans ce dos­sier. Sur les ter­ri­toires de ces deux EPCI, toutes les com­po­santes po­li­tiques sont re­pré­sen­tées. Le pro­jet l’em­porte sur la ma­ni­gance.

M. Du­ché doit prendre acte de nom­breux votes qui viennent d’être af­fir­més par des élus de la CCEMS, de la CASE, et des re­pré­sen­tants des élus de l’Eure, toutes ten­dances po­li­tiques confon­dues. Il faut main­te­nant tra­vailler à l’ave­nir, pour le bien des ter­ri­toires, dans l’in­té­rêt gé­né­ral.

M. le préfet de l’Eure sau­ra, sans nul doute, se ral­lier à la pru­dente et évi­dence is­sue por­tée par la CASE et la CCEMS : une fu­sion de bloc à bloc. Car c’est le choix de la rai­son et de l’ave­nir ».

Ven­dre­di, in­for­mée du choix pré­fec­to­ral, elle pré­cise : « Le préfet de l’Eure vient de prendre un ar­rê­té au­to­ri­sant la sor­tie de Saint-Au­bin-surGaillon de la CCEMS et son en­trée dans SNA. Cet ar­rê­té est en­ta­ché de nom­breuses ir­ré­gu­la­ri­tés, il fe­ra l’ob­jet de la re­quête qui convient au­près du Tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Rouen. Je n’ai rien à perdre, j’irai jus­qu’au bout » conclut Ca­the­rine Meulien.

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