Le « jus­ti­cier » du ly­cée avait me­na­cé une en­sei­gnante

L'Impartial - - Tribunal -

Ma­roine Ban­nour, 18 ans à l’époque, un an­cien élève du ly­cée Du­mé­zil de Ver­non, est re­tour­né dans son éta­blis­se­ment pour de­man­der à un pro­fes­seur de ne pas « vi­rer » sa voi­sine. Cette de­mande étant peu amène, l’en­sei­gnante a été sé­rieu­se­ment trau­ma­ti­sée.

Les faits se dé­roulent le 12 sep­tembre 2014. Ma­roine Ban­nour, qui a ap­pris, la veille, que sa voi­sine risque l’ex­clu­sion, fran­chit les portes du ly­cée vers 10 h 30. Comme il connaît par­fai- te­ment les lieux, il trouve fa­ci­le­ment l’en­sei­gnante et lui as­sène : « si tu la vires, ce­la va mal se pas­ser ! »

Apeu­rée, cette der­nière se ré­fu­gie alors dans le bu­reau de la CPE et son pour­sui­vant ne cesse de ré­pé­ter qu’il ne craint rien car il ne fait plus par­tie du ly­cée.

En­suite ? L’équipe de vie sco­laire par­vient dif­fi­ci­le­ment à le faire sor­tir. L’af­faire au­rait pu en res­ter là. Sauf que le même jour, à 17 h 50, Ma­roine Ban­nour entre à nou­veau dans le ly­cée pour ré­cu­pé­rer un por­table confis­qué à un élève. Cette fois, les bornes étant fran­chies, la po­lice est ap­pe­lée et les pro­ta­go­nistes du dif­fé­rend sont en­ten­dus au com­mis­sa­riat où plu­sieurs té­moins confirment l’at­ti­tude in­ti­mi­dante du fau­teur de troubles.

Dé­jà la veille

Au tri­bu­nal, Ma­roine Ban­nour, un grand gaillard à forte cor­pu­lence, dis­tille une autre ver­sion.

« Je ne l’ai en au­cun cas me­na­cée. Je lui ai par­lé tran­quille­ment pour lui dire que ce­la ne se fai­sait pas de la vi­rer » ex­plique-t-il. Ce qui est lo­gi­que­ment contre­dit par la par­tie ci­vile.

« Le pré­ve­nu cher­chait dé­jà l’en­sei­gnante la veille au soir. Cette en­sei­gnante est au­jourd’hui vic­time d’une in­ca­pa­ci­té psy­cho­lo­gique par­tielle es­ti­mée à 10 % » rap­pelle l’avo­cat.

En­fin, le sub­sti­tut du pro­cu­reur, pour qui les actes d’in­ti­mi­da­tion ne font au­cun doute, re­quiert 105 heures de tra­vail d’in­té­rêt gé­né­ral à ef­fec­tuer dans un dé­lai de 18 mois, la peine pou­vant s’éle­ver à 2 mois de pri­son en cas de non-res­pect du ju­ge­ment.

Le tri­bu­nal a sui­vi le par­quet. Le pré­ve­nu de­vra, en outre, ver­ser 800 eu­ros de dom­mages et in­té­rêts à l’en­sei­gnante pour pré­ju­dice mo­ral ain­si que 500 eu­ros pour les frais de jus­tice.

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