MO­BI­LI­TÉ ET OB­JETS CONNEC­TÉS

Les pro­duits gé­né­riques l’em­por­te­ront

L'Informaticien - - EXIT -

Les smar tphones conti­nuent leur cycle d’in­no­va­tion in­cré­men­tale : les for­mats d’écrans sont plus grands et dé­passent cou­ram­ment le 5 pouces, les pro­ces­seurs sont de plus en plus puis­sants comme le Qual­comm Snap­dra­gon S800, lan­cé au CES 2013 et que l’on trouve dans de nom­breux mo­dèles haut de gamme tels que le Hua­wei As­cend Mate 2. L’au­to­no­mie des bat­te­ries s’amé­liore pour at­teindre trois jours en usage nor­mal – pour le Mate 2. Cô­té ta­blettes, rien de vrai­ment nou­veau à part l’aug­men­ta­tion de la ré­so­lu­tion des écrans et la consé­cra­tion des for­mats in­ter­mé­diaires de 7 à 8 pouces.

An­droid do­mine le mar­ché, sui­vi d’Apple avec iOS. Et puis Win­dows Phone qui gagne certes quelques points de part de mar­ché, mais n’est que très ra­re­ment sup­por­té par les nom­breuses so­lu­tions mo­biles qui ap­pa­raissent sur le CES. Il ne fait pas bon n’être que le nu­mé­ro trois de ce mar­ché ! Et ne par­lons même pas de Win­dows RT qui est en­core plus mal lo­ti de ce cô­té-là, ou tout du moins pas plus mal qu’un Ch­ro­me­book pour ce qui est des ap­pli­ca­tions dites de bu­reau. Une tech­no­lo­gie fait son ap­pa­ri­tion qui met­tra quelque temps à se gé­né­ra­li­ser : la géo­lo­ca­li­sa­tion d’in­té­rieur avec no­tam­ment les com­po­sants de deux Fran­çais pré­sents au CES : BeS­poon et Blink­sight. No­kia avait de son cô­té lan­cé la In-Lo­ca­tion Al­liance à la fin 2012 pour stan­dar­di­ser le ser­vice, no­tam­ment avec Broad­com et Mar­vell, mais elle n’a pas fait de bruit au CES 2014, ce qui n’est pas éton­nant au vu de l’ab­sence de No­kia, en train d’être en par­tie di­gé­ré par Mi­cro­soft, lui- même ab­sent du Sa­lon. Le monde de la mo­bi­li­té se struc­ture au­tour de trois com­po­santes : les smart­phones, les ta­blettes et les ac­ces­soires connec­tés. Les montres connec­tées, pro­duits de quan­ti­fied self et autres we­reable de­vices sont qua­si­ment tous des ac­ces­soires et faire- va­loir des smart­phones. Ils contiennent des cap­teurs, un af­fi­chage et une connec­ti­vi­té li­mi­tée (Blue­tooth) orien­tée vers le smart­phone ou la ta­blette et ces der­niers font le reste avec des zestes de Cloud. Les études de mar­ché pré­sen­tées par la CEA sont élo­quentes : les mo­biles captent de plus en plus de va­leur dans l’in­dus­trie. Les autres ré­cu­pèrent des miettes qui valent de moins en moins cher. La plu­part des ob­jets connec­tés pré­sen­tés au CES, tels ces ther­mo­mètres de cuis­son Blue­tooth de iDe­vices, sont ven­dus entre 30 et 100 dol­lars. S’ils sont tou­jours ven­dus avec une ap­pli­ca­tion mo­bile as­so­ciée, très peu d’entre eux gé­nèrent un mo­dèle de re­ve­nu ré­cur­rent. Qui plus est, l’usage des ob­jets connec­tés n’est lui-même pas tou­jours ré­cur­rent. Pas­sé l’ef­fet de dé­cou­verte, ils sont moins in­dis­pen­sables que les ou­tils gé­né­riques que sont les smart­phones, ta­blettes, PC et TV. On voit se mul­ti­plier les pro­duits do­tés de cap­teurs di­vers : ac­cé­lé­ro­mètre/gy­ro­scope/com­pas, tem­pé­ra­ture, hu­mi­di­té, in­fra­rouge, ul­tra­vio­let, ca­mé­ra, mi­cros, pres­sion, etc. Tout ce­ci est as­sem­blé dans des ou­tils plus ou moins gé­né­ra­listes. On va trou­ver des montres connec­tées dé­diées aux jog­gers, et d’autres, no­tam­ment chi­noises, bour­rées de cap­teurs et dé­diées à tous les usages pos­sibles. À terme, ce sont les pro­duits gé­né­riques qui l’em­por­te­ront. On ne va pas por­ter trois montres à son poi­gnet ! Tout est po­ten­tiel­le­ment connec­table au point que ce­la frise par­fois l’ab­surde : la brosse à dents chez le Fran­çais Ko­li­bree, le dis­tri­bu­teur de mé­di­ca­ments, le lit, l’oreiller, la ra­quette de ten­nis chez le Fran­çais

Ba­bo­lat, le bal­lon de foot, les chaus­sures, les vê­te­ments, le Voyce qui vous per­met de com­prendre les hu­meurs de votre ani­mal do­mes­tique ou le dé­tec­teur de bed bugs. Le CES dé­mon­trait cette fré­né­sie un peu dé­li­rante consis­tant à connec­ter un peu tout et n’im­porte quoi avec au pas­sage, de nom­breuses re­don­dances entre ob­jets. Le mo­dèle d’usage pro­po­sé est sou­vent « un ob­jet =

une ap­pli­ca­tion » , dans une ap­proche mo­no- ob­jet ver­ti­ca­li­sée. Quelques ini­tia­tives visent à gé­rer des scé­na­rios mul­ti- ob­jets et pro­po­ser des plates-formes ho­ri­zon­tales agré­geant les don­nées de plu­sieurs ca­té­go­ries d’ob­jets et gé­rant des scé­na­rios de work­flow. On pou­vait voir ce­la chez Cis­co avec sa vi­sion orwé­lienne de sui­vi des faits et gestes de tous les membres de la fa­mille – par exemple, le lo­gi­ciel qui in­dique le temps que votre ado passe de­bout, as­sis, al­lon­gé ou à mar­cher –, chez Technicolor avec sa plate-forme Qeo, chez

Qual­comm qui ap­plique no­tam­ment ce prin­cipe aux ap­pli­ca­tions de san­té, et aus­si avec le Fran­çais Sen.se et sa

Mo­ther qui met en oeuvre l’idée en as­so­ciant des tags à dif­fé­rents types d’ob­jets tels que la brosse à dent. Ar­chos

fait de même en lan­çant sept ob­jets connec­tés mais, étant sur­tout un construc­teur low­cost, il est un peu mar­gi­na­li­sé. De son cô­té, In­tel lan­çait Edi­son, un pe­tit board mi­nia­ture basse consom­ma­tion uti­li­sant Quark, un pro­ces­seur double- coeur x86 tour­nant à 400 MHz, in­té­grant le Wi-Fi et le Blue­tooth et réa­li­sé en tech­no­lo­gie 22 nm. Une so­lu­tion qui concur­rence tous les mi­cro- contrô­leurs à base de noyaux ARM, comme ceux de

STMi­croe­lec­tro­nics. Elle ne change pas la donne tech­no­lo­gique mais ne fait qu’aug­men­ter la concur­rence sur ce mar­ché. Tout ce­ci est en­core bal­bu­tiant et des stan­dards de­vront émer­ger pour im­plan­ter ce­la du­ra­ble­ment. Il fau­drait pou­voir sé­pa­rer les cap­teurs des don­nées et de leur uti­li­sa­tion. À no­ter que les ob­jets connec­tés pré­sen­tés au CES par des start-up étaient presque tous fi­nan­cés en crowd­fun­ding chez KickS­tar­ter ou

In­die­go­go ! Et ils ont été pro­to­ty­pés dans des Fab Labs avec des im­pri­mantes 3D. De son cô­té, la tech­no­lo­gie em­bar­quée dans l’au­to­mo­bile conti­nue de faire des pro­grès, sur­tout dans le do­maine de la conduite au­to­ma­tique qui pro­gresse pas à pas. On pou­vait en voir quelques belles dé­mons­tra­tions en ex­té­rieur avec le Fran­çais Va­léo, pré­sent pour la pre­mière fois sur le sa­lon, avec sa so­lu­tion de conduite au­to­ma­tique pour ga­rer sa voi­ture et la ré­cu­pé­rer via son mo­bile. Bosch fai­sait de même avec une tech­no­lo­gie dif­fé­rente, tout comme Au­di qui va­lo­rise bien ses so­lu­tions, même s’il n’en est pas for­cé­ment le gé­ni­teur. Là en­core se pose la ques­tion de l’in­té­gra­tion de toutes les fonc­tions em­bar­quées dans les vé­hi­cules. On a bien eu des ef­fets d’an­nonce au CES, comme l’ar­ri­vée de Google Google dans l’au­to­mo­bile via un par­te­na­riat avec GM et Au­di, et l’an­nonce de l’Open

Au­to­mo­tive Al­liance pour faire en­trer An­droid dans les vé­hi­cules. De son cô­té

Parrot n’a pas at­ten­du et conti­nue de peau­fi­ner sa dé­cli­nai­son d’An­droid pour les vé­hi­cules avec une ar­chi­tec­ture ma­té­rielle ad’hoc, As­te­roid.

La ra­quette de ten­nis connec­tée du fran­çais Ba­bo­lat est équi­pée d’un cap­teur de mou­ve­ments et du SDK as­so­cié de Mo­vea.

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