L’ave­nir d’Apple n’est-il pas dans les ro­bots ?

L'Informaticien - - ÉDITO - STé­PHANE LAR­CHER

Ra­re­ment une confé­rence Apple n’au­ra été si pauvre, au moins en termes de pro­duits pré­sen­tés. Au­cune sur­prise, au­cun ef­fet « waouh ». Quelques bra­ce­lets pour la montre, un iP­hone et un iPad ré­tré­cis et c’est à peu près tout. Pour­tant, ce « key­note » res­te­ra sans doute dans les mé­moires, mais pour dif­fé­rentes rai­sons. La pre­mière est la pos­ture dé­ter­mi­née de Tim Cook dans son com­bat, le­quel abou­ti­ra quelques heures après à une de­mande du FBI de sur­seoir au pro­cès, l’agence amé­ri­caine af­fir­mant avoir trou­vé le moyen de se pas­ser des ser­vices d’Apple. Le se­cond est un nou­veau pro­duit conçu et dé­ve­lop­pé par Apple, mais pas com­mer­cia­li­sé. Il s’agit du ro­bot Liam, des­ti­né à dé­mon­ter cor­rec­te­ment et au­to­ma­ti­que­ment les iP­hone pour ré­cu­pé­rer l’es­sen­tiel des com­po­sants et les re­cy­cler. Dans la vi­déo, Liam est pré­sen­té comme une in­no­va­tion Apple et, si la vi­déo n’est pas trop men­son­gère, le ro­bot semble par­ti­cu­liè­re­ment ef­fi­cace. Et alors, s’éton­ne­ront les plus scep­tiques ? Deux choses. La pre­mière est que si Apple est ca­pable de construire un ro­bot de désas­sem­blage so­phis­ti­qué, on ne voit pas pour­quoi l’en­tre­prise ne se­rait pas ca­pable de pro­duire le même genre d’ap­pa­reils pour l’as­sem­blage. Certes, de telles ma­chines existent, mais elles sont, d’une part, la pro­prié­té des sous-trai­tants d’Apple, Fox­conn en pre­mier chef, et, d’autre part, elles n’in­ter­viennent qu’à la marge, la va­leur ajou­tée de Fox­conn étant sa ca­pa­ci­té à gé­rer des cen­taines de mil­liers de tra­vailleurs, certes mal payés, mais qui voient ce­pen­dant leurs sa­laires aug­men­ter ré­gu­liè­re­ment. Dans ces condi­tions, Apple peut être ten­té de ré­duire tou­jours plus sa dé­pen­dance vis-à-vis de four­nis­seurs étran­gers et, pour­quoi pas, ima­gi­ner que de pro­chains iP­hone et autres pro­duits de la marque soient pro­duits aux États-Unis et non plus sim­ple­ment conçus lo­ca­le­ment. N’ou­blions pas qu’Apple, bien que par­mi les fers de lance de l’Amé­rique, est souvent cri­ti­quée pour une uti­li­sa­tion trop im­por­tante de la dé­lo­ca­li­sa­tion. Un ro­bot ne coûte pas plus cher à San Fran­cis­co qu’à Shan­ghai ou Ban­ga­lore. Le se­cond axe pour­rait être une évo­lu­tion d’Apple dans les pro­duits de ro­bo­tique et do­mo­tique. Ser­vis par l’IA, les ro­bots sont de plus en plus puis­sants et ac­com­plissent de plus en plus de tâches. Mais, jus­qu’à pré­sent, il manque des maillons : de­si­gn, sim­pli­ci­té, ef­fi­ca­ci­té, choix du pro­duit et du mo­ment de lan­ce­ment… toutes choses pour les­quelles Apple est l’une des meilleures en­tre­prises qui soit. Aus­si, je ne se­rais pas au­tre­ment sur­pris qu’Apple lorgne ce mar­ché, par­ti­cu­liè­re­ment dans une op­tique de ro­bots do­mes­tiques, grand pu­blic et non pas in­dus­triels. Beau­coup d’ob­ser­va­teurs voient le fu­tur de la dans la té­lé­vi­sion, ou dans l’au­to­mo­bile. Pour ma part, je crois d’avan­tage aux iRo­bots.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.