So­lu­tions ana­ly­tiques : quels be­soins pour quels mé­tiers ?

Pous­sées par la re­cherche de la pro­duc­ti­vi­té et les meilleurs ré­sul­tats fi­nan­ciers, les en­tre­prises sont de plus en plus dans une ap­proche « Da­ta Dri­ven ». Les ma­na­gers veulent des ta­bleaux de bord temps réel de l’ac­ti­vi­té. Une exi­gence qui a fait émer­ger

L'Informaticien - - SOM­MAIRE - ALAIN CLA­PAUD

Alors que toutes les grandes en­tre­prises s’ét ai ent do­té e s de plates- formes dé­ci­sion­nelles SAP Bu­si­ness Ob­jects, IBM Co­gnos, Mi­croS­tra­te­gy, Mi­cro­soft ou en­core In­for­ma­tion Buil­ders, beau­coup de ser­vices com­mer­ciaux, mar­ke­ting, RH se sont peu à peu équi­pés de leurs propres so­lu­tions ana­ly­tiques. Ces plates-formes BI de classe « En­tre­prise », gé­rées de Aà Z par les DSI, ré­pon­daient par­fai­te­ment aux be­soins de re­por­ting de masse des en­tre­prises, mais leurs ou­tils d’ana­lyse étaient trop com­plexes pour être mis dans les mains des ex­perts mé­tiers. Chaque nou­veau ta­bleau de bord, chaque mo­di­fi­ca­tion à ap­por­ter sur un rap­port de­vait faire l’ob­jet d’une re­quête au­près de la DSI. Une lour­deur de plus en plus dif­fi­cile à ac­cep­ter par des di­rec­tions à qui l’on de­mande d’agir tou­jours plus ra­pi­de­ment. Ré­sul­tat, les ex­perts mé­tiers sont de­ve­nus des as en Mi­cro­soft Ex­cel afin de réa­li­ser eux- mêmes leurs ta­bleaux de bord, avec tout ce que ce­la im­plique en temps per­du et confron­ta­tion de chiffres in­co­hé­rents lors des réunions.

Des so­lu­tions spé­cia­li­sées pour la fi­nance

C’est donc avec beau­coup d’in­té­rêt que les en­tre­prises ont vu ar­ri­ver des ou­tils ana­ly­tiques conçus non plus pour être ma­ni­pu­lés par des ex­perts, mais par des uti­li­sa­teurs fi­naux. Dans les di­rec­tions fi­nan­cières, ces ou­tils ont im­mé­dia­te­ment fait mouche en of­frant en­fin une al­ter­na­tive ef­fi­cace à Mi­cro­soft Ex­cel. Par­mi les mul­tiples so­lu­tions de CPM (Cor­po­rate Per­for­mance Ma­na­ge­ment) pour les ser­vices fi­nan­ciers, Bla­ckLine, Wor­ki­va, Trin­tech, Host Ana­ly­tics et Ta­ge­tik ont ain­si pris des parts de mar­ché à Oracle, SAP et IBM. Ces ou­tils ont per­mis d’in­dus­tria­li­ser des pro­ces­sus fi­nan­ciers ré­cur­rents, qui consom­maient jus­qu’alors énor­mé­ment de temps aux contrô­leurs de ges­tion comme la conso­li­da­tion, le re­por­ting fi­nan­cier, la ges­tion

du re­por­ting/des coûts/des pré­vi­sions, ges­tion des rap­pro­che­ments/clô­tures, tran­sac­tions in­ter- com­pa­gnies et pu­bli­ca­tions fi­nan­cières. Très spé­cia­li­sées, ces so­lu­tions sont bien sou­vent dis­po­nibles sous forme de ser­vices Saas, un mode qui sim­pli­fie la col­la­bo­ra­tion des comp­tables des dif­fé­rentes en­ti­tés d’un grand groupe. En outre, celles-ci doivent dis­po­ser de connec­teurs vers les grands pro­gi­ciels du mar­ché, no­tam­ment pour SAP et Oracle. Saint- Go­bain a no­tam­ment fait le choix de la so­lu­tion Fi­nance Con­trols & Au­to­ma­tion de Bla­ckLine afin d’ac­cé­lé­rer et har­mo­ni­ser ses pro­ces­sus de clô­ture comp­table de ses centres de ser­vices par­ta­gés, lo­ca­li­sés dans 25 pays dif­fé­rents. Les res­pon­sables du centre amé­ri­cain du groupe ont adop­té la so­lu­tion Bla­ckLine et ont fait la preuve de l’ef­fi­ca­ci­té de la so­lu­tion qui a en­suite été gé­né­ra­li­sée pour tout le groupe. Par­mi les atouts de cette offre, sa dis­po­ni­bi­li­té en mode Saas qui a fa­vo­ri­sé un dé­ploie­ment ra­pide de la so­lu­tion dans les autres CSP sa­chant que la for­ma­tion du per­son­nel a été réa­li­sée en deux ses­sions WebEx. Au­jourd’hui, chez Saint- Go­bain, 2 000 per­sonnes ont ac­cès à la so­lu­tion. Dans un autre contexte, Sa­no­fi a pour sa part fait le choix de la so­lu­tion Je­dox, pour in­ci­ter ses contrô­leurs de ges­tion à aban­don­ner Ex­cel pour pla­ni­fier leurs bud­gets et réa­li­ser leurs tâches de re­por­ting. Le groupe de­vait faire conver­ger les don­nées de ventes, de coûts de re­vient, de masse sa­la­riale à par­tir de cinq sys­tèmes dif­fé­rents et per­mettre à chaque dé­par­te­ment de sai­sir ses pré­vi­sions di­rec­te­ment sur un ou­til web unique pour le groupe. L’ou­til est ac­ces­sible au­jourd’hui à plus de 80 per­sonnes pour la sai­sie des don­nées mais aus­si ac­ces­sible via mo­bile à la di­rec­tion et aux équipes de ventes qui peut suivre les ob­jec­tifs et les coûts. Pour fa­ci­li­ter l’adop­tion de son ou­til, Je­dox l’in­tègre sous forme de plu­gin à Ex­cel. L’in­ter­face reste fa­mi­lière pour les uti­li­sa­teurs, mais c’est bien un ré­fé­ren­tiel web unique qui est ali­men­té via ce plu­gin.

L’émer­gence d’une gamme d’ou­tils de BI Agile

Si les di­rec­tions fi­nan­cières ont dis­po­sé d’ou­tils dé­diés à ces tâches de ges­tions clas­siques dans toutes les grandes struc­tures, pour les autres ser­vices comme le com­mer­cial, les RH ou même la pro­duc­tion in­dus­trielle, les mé­tiers se sont tour­nés vers des so­lu­tions gé­né­ra­listes. Ces so­lu­tions de nou­velle gé­né­ra­tion ont été bap­ti­sés les ou­tils de « BI Agile », une gé­né­ra­tion dont le Sué­dois Qlik est le chef de file. Sté­phane Brif­fod, di­rec­teur avant-vente de Qlik sou­ligne : « Nous avons conquis les en­tre­prises fran­çaises via les mé­tiers, que ce soit les ventes,

Nous avons un ou­til que je qua­li­fie­rais de ca­mé­léon, ca­pable de s’adap­ter à toutes les pro­blé­ma­tiques Sté­phane Brif­fod, di­rec­teur avant-vente chez Qlik

le mar­ke­ting, les res­sources hu­maines ou la fi­nance. Nous avons un ou­til que je qua­li­fie­rais de ca­mé­léon, ca­pable de s’adap­ter à toutes les pro­blé­ma

tiques. » QlikView, son lo­gi­ciel, pri­vi­lé­gie la sim­pli­ci­té avec une in­ter­face Win­dows ba­sée sur le glis­sé/dé­po­sé afin de créer des ta­bleaux de bord sans écrire de code. En outre, pro­fi­tant de la mon­tée en puis­sance des PC, l’édi­teur sué­dois a mi­sé sur un sto­ckage en co­lonne très per­for­mant, per­met­tant de sto­cker toutes les don­nées dans la RAM. C’est ce que SAP a pro­po­sé à ses clients, avec HA­NA, plus de dix ans plus tard. Son lo­gi­ciel offre des temps de ré­ponse temps réel, ce qui a per­mis au Sué­dois de pro­mou­voir une na­vi­ga­tion dans les don­nées de type « drill-down ». Il suf­fit de cli­quer sur une in­for­ma­tion pour avoir im­mé­dia­te­ment le dé­tail des don­nées. Sté­phane Brif­fod pré­cise : « Notre dif­fé­ren­ciant sur le mar­ché, ce n’est pas l’in- me­mo­ry lui-même, qui n’est qu’un moyen d’ac­cé­lé­rer les temps de ré­ponse, mais c’est notre mo­teur as­so­cia­tif. Ce mo­teur est bre­ve­té et per­met à l’ou­til d’in­dexer na­tu­rel­le­ment les don­nées. On n’est plus dans un mode de re­quê­tage clas­sique, où l’on sait ce que l’on re­cherche quand on tape sa re­quête. Qlik per­met d’in­ves­ti­guer dans les don­nées et c’est ce mo­teur as­so­cia­tif qui per­met de pro­po­ser ce­la. » La sim­pli­ci­té de créa­tion des ta­bleaux de bord a même pous­sé Qlik à ne pas pro­po­ser de ver­sions ver­ti­ca­li­sées de son offre. « Au fi­nal ce­la prend plus de temps d’es­sayer d’adap­ter un pro­gi­ciel aux be­soins spé­ci­fiques de chaque client que de créer des rap­ports sur- me­sure from scratch » , ré­sume le res­pon­sable Qlik. De nom­breuses en­tre­prises fran­çaises ont adop­té les lo­gi­ciels Qlik non seule­ment du fait des qua­li­tés de l’ou­til, mais aus­si pour sa dis­po­ni­bi­li­té sur smart­phones et ta­blettes. Les com­mer­ciaux en mo­bi­li­té dis­po­saient avec QlikView d’un ou­til per­for­mant pour ac­cé­der aux don­nées de leur por­te­feuille de pros­pects et de clients. Mais outre ce sui­vi de l’ac­ti­vi­té com­mer­ciale, QlikView a été re­te­nu dans des usages beau­coup moins clas­siques pour des ou­tils ana­ly­tiques. Ain­si des in­dus­triels se sont in­té­res­sé à l’ou­til pour mettre en place des ta­bleaux de bord dans leurs ate­liers de fa­bri­ca­tion. C’est le cas de Plas­tic Om­nium, qui sur­veille la qua­li­té de l’ap­pli­ca­tion de la pein­ture sur les pa­re­chocs au­to­mo­biles qui sortent de ses usines. C’est aus­si le cas de SEB, qui a dé­ployé cet ou­til au­près de plu­sieurs mé­tiers. En 2009, conseillé par Bu­si­ness & De­ci­sion, l’in­dus­triel fait le choix QlikView avec un dé­ploie­ment sur le sec­teur in­dus­triel, SAV et lo­gis­tique. La phi­lo­so­phie re­te­nue pour ce dé­ploie­ment est de main­te­nir toutes les don­nées dans SAP BW, QlikView n’étant uti­li­sé que pour réa­li­ser la vi­sua­li­sa­tion des don­nées. Très vite, le suc­cès des ap­pli­ca­tions QlikView a pous­sé l’in­dus­triel à gé­né­ra­li­ser l’ou­til, no­tam­ment pour les ventes, les ser­vices de ges­tion.

Nombre d’édi­teurs concur­rencent le pion­nier Qlik

Si, à son ar­ri­vée sur le mar­ché, Qlik a mar­qué une rup­ture avec les so­lu­tions dé­ci­sion­nelles clas­siques, ce pion­nier a de­puis été re­joint par

de nom­breux autres édi­teurs. Flai­rant le dan­ger, les édi­teurs de plates-formes BI tra­di­tion­nelles, dont Mi­cro­soft avec Po­werPi­vot pour Ex­cel et son offre Cloud Po­wer BI, Tib­co avec son offre Spot­fire ou en­core Oracle, SAP, ont promp­te­ment créé des offres équi­va­lentes à QlikView pour cou­per l’herbe sous le pied du Sué­dois. Par­mi eux, l’Amé­ri­cain In­for­ma­tion Buil­ders, qui est sans nul doute le doyen du mar­ché de la Bu­si­ness In­tel­li­gence, puisque l’édi­teur a été créé en 1975 ! Laurent Vincent, res­pon­sable so­lu­tions ana­ly­tiques chez In­for­ma­tion Buil­ders, ra­conte : « Nous avons vu ar­ri­ver cette nou­velle concur­rence sur des comptes exis­tants et nous avons ré­pli­qué sur plu­sieurs plans. Nous avions l’ha­bi­tude de nous adres­ser aux DSI et nous leur avons don­né les ou­tils, no­tam­ment avec notre offre In­foApps, afin de mettre en place un Self Ser­vice BI pour les mé­tiers. D’autre part, pour les ana­lystes mé­tier nous pro­po­sons un ou­til sur le­quel ils peuvent mon­ter en com­pé­tence de ma­nière au­to­nome, In­foAs­sist+, un ou­til où l’on tra­vaille sur un mode glis­sé/dé­po­sé et la ca­pa­ci­té de réa­li­ser des res­ti­tu­tions très pous­sées, no­tam­ment car­to­gra­phiques. À la dif­fé­rence de Qlik et Ta­bleau, notre ou­til est full web et ac­ces­sible de­puis un simple por­tail web. » Pour Va­lé­rie Fran­kiel, De­pu­ty

Ma­na­ging Di­rec­tor & Part­ner chez Key­rus Ma­na­ge­ment, les so­lu­tions de BI Agile très gé­né­ra­listes ré­pondent aux be­soins de nom­breux mé­tiers

de l’en­tre­prise : « Les so­lu­tions de BI agile ont été par­ti­cu­liè­re­ment bien ac­cueillies par les forces com­mer­ciales. L’un des atouts pour ces so­lu­tions à leur ar­ri­vée était la mo­bi­li­té. C’est au­jourd’hui

un in­con­tour­nable. Avoir son ta­bleau de bord sur son smart­phone ou sa ta­blette ra­fraî­chi en temps réel, ce fut une réelle avan­cée pour une force com­mer­ciale épar­pillée sur le ter­rain et Qlik s’est beau­coup dé­ve­lop­pé sur sa ca­pa­ci­té à pro­duire des ta­bleaux de bord hy­per­li­sibles en mo­bi­li­té pour des pro­fes­sion­nels, dont le quo­ti­dien n’est pas de ma­ni­pu­ler des don­nées à lon­gueur de jour­née. L’ac­cueil fut le même dans les RH qui ont trou­vé dans les ou­tils de ce type une source d’ins­pi­ra­tion forte. » Par­mi les nou­veaux ve­nus du mar­ché des so­lu­tions ana­ly­tiques, Ta­bleau Soft­ware est un sé­rieux pré­ten­dant. Créé en 2003, l’édi­teur a dé­jà sé­duit un im­pres­sion­nant por­te­feuille client, dont Au­di, Bar­clays, BNP Par ibas, Uni­le­ver ou Pep­siCo. Ses offres gra­tuites Ta­bleau Pu­blic et les deux se­maines gra­tuites d’uti­li­sa­tion de Ta­bleau Desk­top drainent à lui de nom­breuses start- up en quête d’un ou­til per­for­mant et im­mé­dia­te­ment uti­li­sable. C’est ce qui a sé­duit dans un pre­mier temps Ju­lien Tcher­nia, le fon­da­teur d’ekWa­teur, une star t- up spé­cia­li­sée dans les éner­gies re­nou­ve­lables : « J’uti­lise Ta­bleau pour me­ner mes ana­lyses des ventes, l’ana­lyse de ma base client et la dé­tec­tion d’éven­tuelles er­reurs dans les pro­ces­sus. Ce qui m’a sé­duit dans Ta­bleau Soft­ware, c’est la ra­pi­di­té de prise en main de l’ou­til, la for­ma­tion ap­por­tée par l’édi­teur, le par­tage de don­nées à dis­tance. Nous dis­po­sons des don­nées im­mé­dia­te­ment, ce qui est par­ti­cu­liè­re­ment utile lors­qu’on est en pé­riode de le­vée de fonds. Avec un tel ou­til, on réa­lise des ana­lyse sans même s’en rendre compte, on dé­couvre des cor­ré­la­tions entre les don­nées im­pro­bables, des pro­fils clients sans avoir à réa­li­ser de re­quête pré­dé­fi­nie. » L’offre Ta­bleau est fac­tu­rée au nombre d’uti­li­sa­teurs, mais aus­si en fonc­tion du nombre de coeurs pro­ces­seurs, une flexi­bi­li­té qui a per­mis à Tra­vel Pla­net (voir en­ca­dré) non seule­ment d’uti­li­ser Ta­bleau en in­terne pour gé­rer son ac­ti­vi­té, mais aus­si afin d’of­frir un ta­bleau de bord à ses clients. Ain­si, ce TMS ( Tran­spor t Ma­na­ge­ment Sys­tem) en mode Saas pro­pose des rap­ports Ta­bleau à ses 160 000 comptes ac­tifs. Outre ces start-up, tout comme Qlik, Ta­bleau Soft­ware est par­ve­nu à se faire une place

dans les grandes en­tre­prises en étant choi­si par les mé­tiers sans né­ces­sai­re­ment avoir l’aval des DSI. Une ten­dance en train de se ren­ver­ser se­lon Édouard Beau­court, di­rec­teur France & Eu­rope du Sud

de l’édi­teur : « Au­jourd’hui, nos in­ter­lo­cu­teurs s’équi­librent entre mé­tiers et DSI. Ce qui a vrai­ment chan­gé de­puis 2016, c’est que les en­tre­prises ont opé­rée le vi­rage de ce que l’on ap­pelle la Mo­dern BI, ou ana­ly­tique mo­derne. Au­jourd’hui, nous voyons les DSI em­bras­ser une dé­marche plus flexible dans l’ac­com­pa­gne­ment des mé­tiers et de leurs pro­jets. Nous pas­sons tou­jours beau­coup de temps au­près des mé­tiers pour les ai­der à ame­ner de la va­leur sur notre lo­gi­ciel, mais nous avons de grands en­jeux avec les di­rec­tions in­for­ma­tiques quant à la gou­ver­nance, la sé­cu­ri­té et de mise en co­hé­rence de ces ef­forts sur les grands pro­jets trans­ver­saux. »

L’ana­ly­tique de plus en plus in­té­gré aux pro­gi­ciels

Ve­nues des mé­tiers, sou­vent dans un mode Sha­dow IT, les so­lu­tions de BI Agile sont de plus en plus fré­quem­ment re­prises en main par les DSI. « Nous voyons au­jourd’hui des DSI prendre l’ini­tia­tive de choi­sir une so­lu­tion de BI agile stan­dard pour toute l’en­tre­prise » , confirme Va­lé­rie Fran­kiel chez

Key­rus Ma­na­ge­ment. « Chaque mé­tier qui a un be­soin par­ti­cu­lier va de­voir op­ter pour cette so­lu­tion et la DSI se­ra en me­sure de mettre en place un centre de com­pé­tence, créer une

« Re­por­ting Fac­to­ry » et ain­si har­mo­ni­ser les pra­tiques dans l’en

tre­prise. » Mais alors que ces so­lu­tions de BI Agile, telles que Ta­bleau, Qlik, Mi­cro­soft, mais aus­si Al­te­ryx, SAS Of­fice Ana­ly­tics, SAP Lu­mi­ra, sont de plus en plus pré­sentes en en­tre­prises, une nou­velle vague de so­lu­tions dé­ci­sion­nelles ar­rive dé­jà, celles des so­lu­tions ana­ly­tiques em­bar­quées dans les pro­gi­ciels Saas. Que ce soit Sa­les­force.com, mais aus­si les ERP, les plates-formes RH en mode Saas, toutes les pla­tes­formes cloud pro­posent leurs propres so­lu­tions ana­ly­tiques, des so­lu­tions par­fois très avan­cées, in­té­grant dé­jà des fonct ion­na­li­tés Big Da­ta. « La ques­tion est main­te­nant de sa­voir si le dé­ci­sion­nel va se “pro­gi­cie­li­ser ” ou non » , es­time Jean- Mi­chel Fran­co, di­rec­teur du mar­ke­ting pro­duit de Ta­lend. « C’est le cas de­puis long­temps dans le do­maine de la fi­nance, mais cette ques­tion reste en sus­pens dans d’autres do­maines. Sa­les­force a no­tam­ment bien avan­cé avec son Wave Ana­ly­tics, Work­day a ache­té Plat­fo­ra. À chaque nou­velle ré­vo­lu­tion tech­no­lo­gique, il y a un mou­ve­ment de ba­lan­cier qui os­cille ré­gu­liè­re­ment entre les so­lu­tions pro­gi­cia­li­sées et les so­lu­tions plus gé­né­riques. » At­ten­tion tou­te­fois, même si ces so­lu­tions ana­ly­tiques cou­plées à des pro­gi­ciels Saas sont très per­for­mantes et pro­posent des connec­teurs vers d’autres ser­vices Saas, celles- ci poussent à re­ve­nir vers un mode de fonc­tion­ne­ment en si­lo, ce qui va à l’en­contre de la ten­dance ac­tuelle qui pri­vi­lé­gie le re­cou­pe­ment de don­nées hé­té­ro­gènes afin de dé­cou­vrir de nou­velles op­por­tu­ni­tés et de se dé­mar­quer de ses concur­rents.

Uti­li­sa­teur de SAB BW pour le re­por­ting, l’in­dus­triel Plas­tic Om­nium a fait le choix de Qlik comme ou­til de ta­bleau de bord pour le top ma­na­ge­ment du groupe, mais aus­si comme so­lu­tion de BI Agile pour les ate­liers de pro­duc­tion de pièces au­to­mo­biles. Qlik per­met no­tam­ment de vi­sua­li­ser les dé­fauts de pein­ture sur la chaîne de pro­duc­tion des pare-chocs et per­mettre aux opé­ra­teurs d’in­ter­ve­nir très ra­pi­de­ment sur les ma­chines si une dé­rive de la qua­li­té de pro­duc­tion est dé­tec­tée.

In­tro­duit en France en 2003, QlikView a mar­qué l’ar­ri­vée des so­lu­tions de BI Agile sur notre mar­ché.

Dans l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique, Sa­no­fi a fait le choix de mettre en place la so­lu­tion Je­dox afin de per­mettre à ses contrô­leurs de ges­tion de réa­li­ser la pla­ni­fi­ca­tion bud­gé­taire des dif­fé­rentes en­ti­tés du groupe. Ils sont 80 à pou­voir ac­cé­der à la plate-forme cloud tan­dis que la di­rec­tion et les équipes de vente ont ac­cès à des in­di­ca­teurs clés sur leur mo­bile.

À l’image des grands édi­teurs de plates-formes dé­ci­sion­nelles de classe En­tre­prise, Mi­cro­soft a dû mo­der­ni­ser son offre pour faire face à l’ar­ri­vée des so­lu­tions de BI Agile, no­tam­ment avec Po­werPi­vot pour Ex­cel et Po­wer BI en mode Saas.

Avec Wave Ana­ly­tics, Sa­les­force fait mon­ter la brique ana­ly­tique sur son offre cloud, une dé­marche que l’on re­trouve au­jourd’hui chez beau­coup d’édi­teurs de pro­gi­ciels Saas.

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