In­no­ro­bo 2017 : met­tons les ro­bots dans les nuages!

Il y a quelques se­maines se te­nait, à Au­ber­vil­liers, l’édi­tion 2017 d’In­no­ro­bo. À l’oc­ca­sion de ce sa­lon dé­dié à la ro­bo­tique non in­dus­trielle, nous avons pu tâ­ter ce qui re­pré­sente peut-être le fu­tur du sec­teur : à sa­voir le RaaS – ou Ro­bo­tique as a Serv

L'Informaticien - - SOM­MAIRE - GUILLAUME PéRISSAT

La ro­bo­tique af­fecte tous les sec­teurs : de l’in­dus­trie à la santé, en pas­sant par l’agri­cul­ture, l’édu­ca­tion ou en­core la sé­cu­ri­té. Une fois n’est pas cou­tume, la té­lé­pré­sence, la té­léas­sis­tance et la ro­bo­tique in­dus­trielle te­naient le haut du pa­vé mais étaient quelque peu éclip­sées par les « mons­trueux » ro­bots de ter­rain, tels que le Co­los­sus, de Shark Ro­bo­tics, ou le Sca­rab TX, de Te­ch­dron. Deux ro­bots che­nillés des­ti­nés à ac­com­pa­gner les pom­piers lors de leurs in­ter­ven­tions. À leurs cô­tés, des hu­ma­noïdes, des exo-sque­lettes, des ro­bots édu­ca­tifs et une flo­pée de fa­bri­cants de com­po­sants. Ce­la n’échap­pe­ra à per­sonne : sur un sa­lon consa­cré à la ro­bo­tique, le hard­ware est le plus vi­sible.

Le ro­bo­gi­ciel en di­ver­si­fi­ca­tion

Pour­tant la di­men­sion soft­ware, fort pré­sente mais moins spec­ta­cu­laire, ré­vèle quelques perles. Eu­ro­dao par exemple veut faire pour le monde agri­cole ce que Ot­to fait pour le trans­port rou­tier : au­to­no­mi­ser la conduite. Cette jeune en­tre­prise ins­tal­lée à Saint-Quen­tin en­tend « ro­bo­ti­ser le trac­teur » par la ma­chine vi­sion (ca­mé­ra, sys­tème de gui­dage LI­DAR) grâce à ses al­go­rithmes mai­son. Chez Ea­sy­mov, start-up de Cler­mont-Fer­rand, on a mis au point une plate-forme dé­diée à la concep­tions de ro­bo­gi­ciels. Spé­cia­liste du Ro­bo­tics Ope­ra­ting Sys­tem (ROS), la jeune pousse pro­pose un en­vi­ron­ne­ment de dé­ve­lop­pe­ment en ligne et s’adresse aus­si bien aux concep­teurs de ro­bots qu’aux fa­bri­cants de cap­teurs ou en­core aux in­gé­nieurs R & D. Le bien connu Nuance était lui aus­si présent, tou­jours sur le ter­rain des solutions de com­mandes vo­cales, quand le Taï­wa­nais Lips fai­sait la dé­mons­tra­tion de ses al­go­rithmes de re­con­nais­sance fa­ciale et ges­tuelle. Mais pour bon nombre de ro­bots, l’in­té­gra­tion à des en­vi­ron­ne­ments re­tail, édu­ca­tion, santé ou en­core ac­cueil né­ces­site la mise en place de pro­to­coles sui­vis par la ma­chine pour ré­pondre aux be­soins de l’uti­li­sa­teur fi­nal. Mettre en oeuvre des ap­pli­ca­tions spé­ci­fiques et pro­gram­mer

le robot afin qu’il soit adap­té à son contexte d’uti­li­sa­tion n’est pas à la por­tée de tous. Si cer­tains per­mettent une mise en place fa­ci­li­tée, il est in­dis­pen­sable d’avoir de so­lides connais­sances en pro­gram­ma­tion, voire de faire ap­pel à un in­té­gra­teur. Ce qui se solde par des coûts et des délais sup­plé­men­taires. Mais ce­ci pour­rait bien­tôt ne plus être qu’un loin­tain sou­ve­nir grâce au Cloud. Le RaaS, pour Ro­bo­tics as a Ser­vice, dé­signe deux ap­proches de la ro­bo­tique. D’un cô­té, le mo­dèle éco­no­mique de cer­tains ro­bots, lors­qu’il est ba­sé sur la lo­ca­tion. Le sys­tème d’abon­ne­ment men­suel ou tri­mes­triel a l’avan­tage d’être bien moins contrai­gnant et oné­reux que l’achat d’une ma­chine. Con­crè­te­ment, il s’agit pour l’uti­li­sa­teur de ne consom­mer et payer que ce dont il a réel­le­ment be­soin. De

l’autre cô­té, le RaaS consiste à mettre le robot «sur le nuage». Il est alors un ob­jet connec­té comme un autre, in­té­gré à des en­vi­ron­ne­ments web et ex­ploi­tant les ressource (puis­sance de cal­cul, da­ta sto­rage…) du Cloud. Ce fai­sant, cer­tains construc­teurs et édi­teurs se lancent dans cette aven­ture de sorte à pro­po­ser des ro­bots et des pro­grammes qui soient à la por­tée des mé­tiers. C’est le cas d’Hoo­ma­no. L’édi­teur fran­çais de solutions sur-me­sure pour les ro­bots des­ti­nés aux points de vente ou d’ac­cueil a ré­cem­ment lan­cé un CMS pour ro­bots. Cen­tré sur le Pep­per d’Al­de­ba­ran, ce Content Ma­na­ge­ment Sys­tem per­met de créer du conte­nu de ma­nière très simple sur les ro­bots, via un sys­tème d’ar­bo­res­cence de ré­ac­tions que le robot doit avoir en fonc­tion de l’uti­li­sa­teur qui lui fait face.

Des ro­bots ac­ces­sibles aux mé­tiers

«Cette plate-forme en ligne per­met de gé­rer des mis­sions de­puis une in­ter­face web », nous ap­prend Jo­ris Giai, en charge du Bu­si­ness De­ve­lop­ment chez Hoo­ma­no. Le CMS se veut simple d’uti­li­sa­tion, avec du glis­ser-dé­po­ser d’ac­tions et d’ap­pli­ca­tions dans

un arbre de dé­ci­sion. La per­son­na­li­sa­tion des ac­tions re­pose sur un édi­teur fort si­mi­laire à un édi­teur de texte clas­sique pour le « text-to-speech », à la dif­fé­rence près qu’en lieu et place du ca­lage du texte, nous au­rons l’at­ti­tude que de­vra adop­ter Pep­per lors­qu’il dé­cla­me­ra ce texte, et à la place de la po­lice du texte les dif­fé­rentes op­tions de «re­gards» que pour­ra lan­cer le pe­tit robot d’Al­de­ba­ran. No­tons que la pla­te­forme com­prend les ap­pli­ca­tions na­tives de Pep­per, mais aus­si la pos­si­bi­li­té d’in­té­grer des dé­ve­lop­pe­ments mai­son et des ap­pli­ca­tions ex­ternes, à l’ins­tar de celles pro­po­sées sur l’Al­de­ba­ran Store. «Ce­la per­met de re­nou­ve­ler le conte­nu au-de­là de la seule per­son­na­li­sa­tion», pré­cise Jo­ris Giai. «Un conte­nu adap­table et re­nou­ve­lable per­met de da­van­tage en­ga­ger le client sur le point de pré­sence. » Sur­tout, ce CMS per­met de dé­ployer et de gé­rer une flotte de ro­bots. Le Chi­nois Qi­han lui aus­si pro­pose de la ges­tion de flotte, mais cet­te­fois-ci de­puis une ap­pli­ca­tion mo­bile. La plate-forme SaaS dé­ve­lop­pée par cette en­tre­prise de Shen­zen dif­fère de celle d’Hoo­ma­no en ce qu’elle ne per­met pas de pré­dé­fi­nir des arbres de dé­ci­sions, mais plu­tôt de contrô­ler à dis­tance le robot conçu par Qi­han, le San­bot. Évi­dem­ment, il reste pos­sible de pro­gram­mer une sé­rie de tâches, al­lant des usages do­mo­tiques à l’ac­cueil des clients sur un point de vente ou dans un mu­sée. Un SDK et une API ou­verte per­met­tront par ailleurs aux en­tre­prises de dé­ve­lop­per leurs propres ap­pli­ca­tions, en plus de celles pro­po­sées par les par­te­naires de Qi­han. Ap­pli­ca­tions qui sont sto­ckées sur le Cloud de Qi­han, ren­for­çant les ca­pa­ci­tés d’in­ter­ac­tions en temps réel du robot aux­quelles s’ajoute une di­men­sion Big Da­ta par la col­lecte de don­nées du robot en temps réel de sorte à ob­te­nir des sta­tis­tiques de per­for­mance, mais aus­si du com­por­te­ment uti­li­sa­teurs à des fins de mar­ke­ting. Q-Link, le nom de cette so­lu­tion mo­bile, offre sur­tout la pos­si­bi­li­té de gé­rer les dé­pla­ce­ments et les at­ti­tudes du robot à dis­tance, de le pa­ra­mé­trer – les per­mis­sions no­tam­ment –, d’uti­li­ser la mes­sa­ge­rie instantanée ou en­core pous­ser des no­ti­fi­ca­tions. Le tout sans avoir be­soin d’un in­té­gra­teur ou d’un pôle in­terne consa­cré à la ges­tion d’un ou plu­sieurs San­bots. Très présent en Chine, Qi­han an­nonce qu’il re­cherche des dis­tri­bu­teurs en Eu­rope. L’en­tre­prise met­tant en avant le RaaS comme une marque, il y a fort à pa­rier qu’elle pous­se­ra un peu plus cette ten­dance.

RAS­SEM­BLE­MENT DE LEEN­BYS DE­VANT LE STAND DE LA RÉ­GION AQUI­TAINE.

LE SAN­BOT DE QI­HAN PEUT ÊTRE DI­RI­GÉ DE­PUIS UNE AP­PLI­CA­TION MO­BILE.

BUD­DY, LE ROBOT DE BLUE FROG RO­BO­TIQUE, GAGNE EN PO­PU­LA­RI­TÉ CHAQUE AN­NÉE.

LES TÂCHES DE CE PEP­PER ONT ÉTÉ PRO­GRAM­MÉES VIA LE CMS HOO­MA­NO

HEA­SY, DE HEASE RO­BO­TICS, EST LE PRE­MIER ROBOT IN­TÉ­GRANT UN TER­MI­NAL DE PAIE­MENT.

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