Ges­tion de pro­jets : Kan­tree sim­pli­fie le tra­vail col­la­bo­ra­tif

La start-up fran­çaise Di­gi­coop connaît un suc­cès gran­dis­sant avec sa plate-forme Kan­tree, à la fois lo­gi­ciel de ges­tion de pro­jets et so­lu­tion col­la­bo­ra­tive. Po­si­tion­née face à des ap­pli­ca­tions telles que Trel­lo ou Ji­ra, elle se dis­tingue par la fa­ci­li­té

L'Informaticien - - SOMMAIRE - CHRISTOPHE GUILLEMIN

Le mar­ché des lo­gi­ciels de ges­tion de pro­jets est en plein es­sor. Avec plu­sieurs cen­taines de so­lu­tions dis­po­nibles, prin­ci­pa­le­ment en mode SaaS, il com­mence même à être quelque peu sa­tu­ré. Si des so­lu­tions telles que Trel­lo ou Ji­ra do­minent ce sec­teur, une my­riade d’autres plates- formes tentent de se tailler une part du gâ­teau. Et par­mi ces chal­len­gers, fi­gure la start-up fran­çaise Di­gi­coop qui com­mence à ac­qué­rir une cer­taine po­pu­la­ri­té grâce à sa so­lu­tion ori­gi­nale Kan­tree. Lan­cé en 2015, cet ou­til est pro­po­sé en deux ver­sions : « Cloud » ou « En­ter­prise ». La ver­sion cloud est une so­lu­tion SaaS com­mer­cia­li­sée à 7 € par mois par uti­li­sa­teur. Elle compte au­jourd’hui plus de 2 000 uti­li­sa­teurs dans le monde, prin­ci­pa­le­ment dans des start- up amér icaines. La mou­ture « En­ter­prise » est quant à elle disponible en hé­ber­ge­ment lo­cal sur le SI du client. Le prix

Notre so­lu­tion est ac­ces­sible à n’im­porte quel uti­li­sa­teur, y com­pris aux moins tech­no­philes Maxime Bou­rou­meau-Fu­seau, co-fon­da­teur de Di­gi­coop

moyen par uti­li­sa­teur os­cille entre 2 et 15 €. Cette deuxième ver­sion est dé­jà uti­li­sée par trois grands groupes fran­çais dont Are­va et Orange – lire le témoignage d’Orange. Des « star­tu­peurs » frus­trés À l’ori­gine de Kan­tree, trois « star­tu­peurs » uti­li­sant des ou­tils de ges­tion de pro­jet sans en être plei­ne­ment sa­tis­faits.

« Dans les start-up où nous avons tra­vaillé, nous avons ex­ploi­té des so­lu­tions telles que Trel­lo, Ji­ra ou Asa­na. Mais nous étions frus­trés car ils ne nous per­met­taient pas de per­son­na­li­ser notre fa­çon de faire du Scrum »

, ex­plique Maxime Bou­rou­meau-Fu­seau, co-fon­da­teur de Di­gi­coop. Rap­pe­lons que la méthode agile Scrum, très ré­pan­due chez les start-up, est ba­sée sur une dé­coupe d’un pro­jet en un cer­tain nombre de cycles, ou « ité­ra­tions ». Afin d’ac­cé­lé­rer le rythme du pro­jet, ces ité­ra­tions sont as­sez courtes dans leur échéance, mais nom­breuses. Elles sont ain­si bap­ti­sées « Sprint » et ne durent que quelques se­maines. « Notre so­lu­tion per­met de fa­ci­le­ment mettre en oeuvre les mé­tho­do­lo­gies agiles. Car nous l’avons ren­due ac­ces­sible à n’im­porte quel uti­li­sa­teur, y com­pris aux moins tech­no­philes. Ce­la grâce à une in­ter­face d’une grande sim­pli­ci­té et to­ta­le­ment per­son­na­li­sable » , pour sui t

Maxime Bou­rou­meau-Fu­seau. L’er­go­no­mie et la per­son­na­li­sa­tion sont, se­lon Di­gi­coop, les deux prin­ci­paux atouts de la so­lu­tion.

« La plu­part des autres ou­tils im­posent leur vi­sion de la ges­tion des pro­jets. Notre plate- forme se dis­tingue par sa ca­pa­ci­té à s’adap­ter à chaque ma­nière de tra­vailler grâce à son haut ni­veau de per­son­na­li­sa­tion qui la rend par­ti­cu­liè­re­ment flexible »

, sou­ligne pour sa part Bru­no Al­ca­ras, di­rec­teur com­mer­cial de la jeune pousse. Un sys­tème de « cartes » per­son­na­li­sables Comme bon nombre de so­lu­tions de ges­tion de pro­jets, Kan­tree ex­ploite un sys­tème de cartes pour struc­tu­rer les tâches à ac­com­plir. Ce prin­cipe est hé­ri­té de la méthode de tra­vail Kan­ban, elle-même ins­pi­rée du sys­tème de pro­duc­tion de Toyo­ta. Le géant nip­pon or­ga­nise ain­si son plan­ning de pro­duc­tion avec une mul­ti­tude de cartes, clas­sées en co­lonnes. Le plus clas­sique est d’avoir une co­lonne « A faire », sui­vie d’une co­lonne « En cours », et fi­na­le­ment d’une co­lonne « Réa­li­sé ». Chaque co­lonne se com­pose donc d’une mul­ti­tude de cartes, qui cor­res­pondent à des tâches à ac­com­plir. Par glis­ser- dé­po­ser, une carte peut pas­ser de la co­lonne « A faire », à la co­lonne « En cours » puis « Réa­li­sé », afin de rendre compte de l’avan­cée du pro­jet. Dans le cas de Kan­tree, l’ori­gi­na­li­té est que chaque carte est to­ta­le­ment per­son­na­li­sable. Les

dif­fé­rents élé­ments qui la com­posent peuvent ain­si être dé­pla­cés par simple glis­ser- dé­po­ser afin de ré­or­ga­ni­ser son as­pect vi­suel. Ils peuvent éga­le­ment être sup­pri­més et des élé­ments com­plé­men­taires peuvent être ajou­tés. Con­crè­te­ment, le mo­dèle de carte par dé­faut in­tègre une di­zaine d’élé­ments : « Titre », « Des­crip­tion », « As­si­gnés » ( per­sonnes par­ti­ci­pant au pro­jet), « Echéance », « Ac­ti­vi­té » (les mo­di­fi­ca­tions et com­men­taires liés à la carte), « Fi­chiers » (do­cu­ments as­so­ciés)… Un ca­ta­logue in­té­gré pro­pose une ving­taine d’autres élé­ments à ajou­ter comme des champs de texte com­plé­men­taires, des adresses phy­siques ou élec­tro­niques, des nu­mé­ros de té­lé­phone ou en­core un bou­ton « J’aime/Je n’aime pas ». L’uti­li­sa­teur peut éga­le­ment in­té­grer des sous-cartes dans les cartes prin­ci­pales et ain­si créer une hié­rar­chie dans les étapes du pro­jet. En un clic, l’uti­li­sa­teur va in­di­quer qu’il a réa­li­sé la tâche dans la sous- carte. Et lorsque toutes les sous- cartes sont va­li­dées, la carte prin­ci­pale est con­si­dé­rée au­to­ma­ti­que­ment comme com­plé­tée. Les cartes ain­si ter­mi­nées ap­pa­raissent bar­rées dans la co­lonne. Pour avoir une vue glo­bale du pro­jet, dif­fé­rentes vues sont pro­po­sées. La vue clas­sique dis­pose donc les cartes verticalement en les re­grou­pant en co­lonnes, se­lon le prin­cipe Kan­ban. Mais il est éga­le­ment pos­sible d’af­fi­cher les cartes horizontalement, re­grou­pées en lignes, comme sur un ta­bleur. Une vue ca­len­drier pré­sente aus­si l’en­semble des cartes se­lon un plan­ning au mois ou à la se­maine. En­fin, une vue « re­por­ting », pré­sente l’avan­cée du pro­jet sous forme de graphes sta­tis­tiques in­di­quant par exemple le nombre de tâches réa­li­sées. « L’ou­til peut éga­le­ment pré­sen­ter une vue du pro­jet en fonc­tion de chaque uti­li­sa­teur. Seules les cartes con­cer­nant l’uti­li­sa­teur se­ront ain­si af­fi­chées. S’il y a une dif­fé­ren­cia­tion entre des uti­li­sa­teurs « dé­ve­lop­peurs » et

« tes­teurs » , une vue spé­ci­fique à chaque ty­po­lo­gie peut être af­fi­chée. Même chose s’il y a plu­sieurs en­ti­tés de l’en­tre­prise im­pli­quées : RH, com­mer­ciaux, DSI. Cha­cune au­ra une vue per­son­na­li­sée. On se sent plus im­pli­qué quand les in­for­ma­tions pré­sen­tées nous concernent di­rec­te­ment » , pré­cise Maxime Bou­rou­meau-Fu­seau.

Du dé­ve­lop­pe­ment in­for­ma­tique… à la liste de res­tau­rants pré­fé­rés

À ce haut ni­veau de per­son­na­li­sa­tion, Kan­tree ajoute une di­men­sion col­la­bo­ra­tive. L’ou­til per­met ain­si d’échan­ger des fi­chiers et éga­le­ment de com­men­ter chaque ac­ti­vi­té via un sys­tème in­terne de com­men­taires. En outre, Kan­tree s’in­tègre avec la plate-forme de com­mu­ni­ca­tion col­la­bo­ra­tive « Slack » de l’édi­teur ca­li­for­nien du même nom. Rap­pe­lons que Slack fonc­tionne à la ma­nière d’un chat IRC or­ga­ni­sé en ca­naux cor­res­pon­dant à au­tant de su­jets de dis­cus­sion. Cette di­men­sion col­la­bo­ra­tive et le haut ni­veau de per­son­na­li­sa­tion de Kan­tree, per­mettent à la so­lu­tion d’être ex­ploi­tée pour des usages très larges, au- de­là de la ges­tion de pro­jets stric­to sen­su. Bien en­ten­du, la plate-forme est uti­li­sée par des en­tre­prises pour du dé­ve­lop­pe­ment de pro­duits ou de services. « Mais nous avons aus­si des usages plus aty­piques, comme par exemple lis­ter les meilleurs res­tau­rants aux en­vi­rons de

l’en­tre­prise, grâce no­tam­ment à un sys­tème de votes in­té­gré. Kan­tree peut éga­le­ment ser­vir à or­ga­ni­ser les re­cru­te­ments au ni­veau RH, avec des cartes cor­res­pon­dant à chaque can­di­dat, agré­men­tée des com­men­taires des dif­fé­rentes par­ties pre­nantes »

, pour­suit Maxime Bou­rou­meau-Fu­seau. Cette di­ver­si­té des usages est un des élé­ments dif­fé­ren­ciant de Kan­tree par rap­port à la concur­rence. Trel­lo est par exemple un ou­til très in­tui­tif, mais of­frant des fonc­tion­na­li­tés moins évo­luées. Il convient par­fai­te­ment aux pro­ces­sus simples. En re­vanche, il pa­raît li­mi­té pour gé­rer des pro­jets com­plexes. Par ailleurs, Trel­lo per­met de per­son­na­li­ser quelques élé­ments gra­phiques de l’in­ter­face et des cartes, mais avec moins de pos­si­bi­li­tés que Kan­tree. De son cô­té, Ji­ra doit sa po­pu­la­ri­té à ses nom­breuses fonc­tion­na­li­tés. Sa prise en main s’avère ce­pen­dant bien plus com­plexe que celle de Kan­tree. Au fi­nal, la jeune pousse fran­çaise semble donc pro­po­ser une al­ter­na­tive in­té­res­sante face aux prin­ci­paux ou­tils du mar­ché. Cette so­lu­tion doit ce­pen­dant en­core évo­luer, no­tam­ment dans le do­maine de la mo­bi­li­té. C’est jus­te­ment à l’ordre du jour.

Ap­pli­ca­tion mo­bile et nou­velles langues sup­por­tées

Kan­tree est au­jourd’hui disponible en ver­sion 5, en fran­çais et en an­glais. Par­mi les dé­ve­lop­pe­ments fu­turs, Di­gi­coop en­vi­sage d’in­té­grer d’autres langues dont l’al­le­mand et l’es­pa­gnol. Évo­lu­tion at­ten­due dans les pro­chains mois : une ap­pli­ca­tion mo­bile pour An­droid et iOS. « Elle in­té­gre­ra no­tam­ment un mode of­fline avec une syn­chro­ni­sa­tion lors­qu’une connexion est ré­cu­pé­rée. Ce­la est par­ti­cu­liè­re­ment utile sur des sites in­dus­triels sen­sibles où les ré­seaux sans fils sont pros­crits » , in­dique Bru­no Al­ca­ras.

Nous ne sommes pas dans une pers­pec­tive de re­vente de notre ac­ti­vi­té, comme c’est le cas de cer­taines start-up Bru­no Al­ca­ras, di­rec­teur com­mer­cial de Di­gi­coop

Pour 2018, Di­gi­coop es­père at­teindre les 5 000 uti­li­sa­teurs pour sa ver­sion cloud et sé­duire trois à cinq nou­veaux grands comptes pour sa dé­cli­nai­son En­ter­prise. La jeune pousse, qui em­ploie au­jourd’hui cinq col­la­bo­ra­teurs en ré­gion pa­ri­sienne, pré­voit plu­sieurs re­cru­te­ments.

« Nous ne sommes pas dans une pers­pec­tive de re­vente de notre ac­ti­vi­té, comme c’est le cas de cer­taines start- up. Nous am­bi­tion­nons de de­ve­nir un édi­teur pé­renne qui s’im­po­se­ra comme un lea­der eu­ro­péen sur le mar­ché des ou­tils de ges­tion de pro­jets et de tra­vail col­la­bo­ra­tif » , conclut Bru­no Al­ca­ras. ❍

Kan­tree pro­pose la pré­sen­ta­tion vi­suelle de type Kan­ban, com­po­sée de co­lonnes thé­ma­tiques in­té­grant une pile de cartes cor­res­pon­dant aux dif­fé­rentes tâches à ac­com­plir.

La vue « re­por­ting » pré­sente l’avan­cée du pro­jet sous forme de graphes sta­tis­tiques. Une fonc­tion qui de­vrait pro­chai­ne­ment in­té­grer des graphes plus évo­lués, de type Ex­cel.

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