Cap sur la ci­té nan­céienne

Les quatre prin­ci­pales ag­glo­mé­ra­tions de la LorNTech sont Nan­cy, Metz, Epi­nal et Thion­ville. C’est dans la ci­té du­cale que nous avons po­sé nos va­lises pour ren­con­trer les start-up et en­tre­prises in­no­vantes.

L'Informaticien - - SOMMAIRE - ÉMILIEN ERCOLANI

La Lor­raine est un vaste ter­ri­toire. Pour mieux se ras­sem­bler, les quatre prin­ci­pales villes de la ré­gion ont dé­ci­dé de s’unir au­tour de la ban­nière LorNTech. À la ré­dac­tion, c’est du cô­té de Nan­cy et sa ban­lieue que nous avons choi­si la nou­velle étape de notre tour de France de la French Tech. Et ce­la tombe bien : la ci­té de Sta­nis­las Lec­zins­ki, duc de Lor­raine au 18e siècle, compte un bon nombre de start-up in­no­vantes. Il faut dire que si la ville de Metz par exemple est lo­gi­que­ment plus orien­tée vers l’in­dus­trie – du fait de sa proxi­mi­té avec le bas­sin mi­nier –, Nan­cy est plus tour­née vers la re­cherche. En ef­fet, outre les écoles d’in­gé­nieurs, l’école des Mines, Té­lé­com Nan­cy ou l’Épi­tech no­tam­ment, on compte plu­sieurs la­bo­ra­toires et centres de re­cherche. En l’oc­cur­rence, on y trouve sur­tout l’In­ria (Ins­ti­tut na­tio­nal de re­cherche en in­for­ma­tique et en au­to­ma­tique) et le Lo­ria (La­bo­ra­toire lor­rain de re­cherche en in­for­ma­tique et ses ap­pli­ca­tions) qui sont tous deux des usines à fa­bri­ca­tion de pro­jets de re­cherche. Pour preuve, de nom­breuses en­tre­prises de la ville sont is­sues de ces ins­ti­tuts et conti­nuent de tra­vailler de près ou de loin de concert avec eux. Mal­gré les dif­fé­rences de spé­ci­fi­ci­tés

de cha­cune de ces villes (Epi­nal, Metz, Thion­ville et Nan­cy), l’or­ga­ni­sa­tion tente de res­ter unie et so­li­daire. « Il n’y a pas de concur­rence avec les autres villes. Nous vou­lons faire le maxi­mum pour

at­ti­rer les start- up en Lor­raine » , as­sure Émi­lie Paw­lak, en charge de l’ag­glo­mé­ra­tion nan­céienne au sein du Grand Nan­cy. Elle tra­vaille no­tam­ment en lien avec son ho­mo­logue de Metz afin de gé­rer la pe­tite cen­taine d’en­tre­prises que compte la LorNTech.

Ti­rer par­ti des atouts géo­gra­phiques

À Nan­cy, et glo­ba­le­ment en Lor­raine, le pro­blème ma­jeur reste ce­lui de la re­cherche et de la dis­po­ni­bi­li­té des ta­lents et com­pé­tences. Plu­sieurs ac­tions sont réa­li­sées en ce sens, mais il faut dire que l’at­trac­ti­vi­té du Luxem­bourg est par­fois dé­sta­bi­li­sante. Évi­dem­ment, les sa­laires y sont plus éle­vés et cer­tains nous confient ne pas pou­voir s’ali­gner avec ces ré­mu­né­ra­tions (trop ?) gé­né­reuses. « La ten­dance que nous ob­ser­vons, c’est que les gens partent mais ont ten­dance à re­ve­nir » , ana­lyse tou­te­fois Émi­lie Paw­lak, consciente que l’ac­cès aux ta­lents est un « mo­teur de la crois­sance » . À Nan­cy donc, une sen­si­bi­li­sa­tion à la « culture start-up » est en cours,

que ce soit avec les pôles étu­diants ou les écoles. « Nous or­ga­ni­sons ré­gu­lière

ment des job mee­tings ain­si que l’évé­ne­ment JobLab une fois par an, que nous sou­hai­tons faire mon­ter en puis­sance. Nous pré­pa­rons aus­si la v2 du site LorNTech qui pro­po­se­ra des offres d’em­plois ain­si qu’une bourse aux com­pé­tences afin de mu­tua­li­ser les res­sources lors­qu’une start-up a un be­soin urgent par

exemple », pré­cise-t- elle en­core. Mais sur­tout, la Ré­gion a un rôle à jouer car elle est idéa­le­ment pla­cée géo­gra­phi­que­ment à la fois proche des fron­tières belge, al­le­mande et luxem­bour­geoise, la Suisse n’étant guère éloi­gnée. La start-up The WiW par exemple a été sé­duite par ce po­si­tion­ne­ment. Et bien que les deux co­fon­da­teurs ne soient ni l’un ni l’autre lor­rains, ils ont op­té pour la ci­té du­cale. « Nous avons en pers­pec­tive de tra­vailler avec la French Tech Bruxelles ; et à Metz, un évé­ne­ment met à l’hon­neur des start- up trans­fron­ta­lières. L’idée est sur­tout de fa­ci­li­ter les pro­jets entre la France et l’Al­le­magne sur des pro­jets créa­tifs par exemple » , re­late Émi­lie Paw­lak.

Nou­veaux ob­jec­tifs

L’éco­sys­tème est donc re­la­ti­ve­ment dy­na­mique dans la ré­gion. Mais le tra­vail or­ga­ni­sa­tion­nel reste très im­por­tant. Pour le mo­ment, les start-up font souvent ap­pel à la LorNTech pour des de­mandes de vi­si­bi­li­té et de mise en re­la­tion. « C’est ce que nous fai­sons beau­coup à Nan­cy grâce à un dis­po­si­tif d’ex­pé­ri­men­ta­tion, et avec la

mé­tro­pole du Grand Nan­cy » , pour­suit la res­pon­sable. Si la French Tech ne four­nit pas di­rec­te­ment de fi­nan­ce­ments, elle réa­lise par­fois des prises de par­ti­ci­pa­tion dans des ac­cé­lé­ra­teurs, comme ce fut le cas à Lyon par exemple. En Lor­raine, les ob­jec­tifs sont dé­sor­mais triples : ai­der sur les com­pé­tences mais aus­si sur la re­cherche de fi­nan­ce­ments et, en­fin, sur l’in­ter­na­tio­na­li­sa­tion. Une suite fi­na­le­ment lo­gique pour une ré­gion qui est dé­fi­ni­ti­ve­ment au coeur de l’Eu­rope.

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