Fibre op­tique : CAILabs fait ex­plo­ser les dé­bits !.

La start-up fran­çaise CAILabs mul­ti­plie le dé­bit d’une fibre mul­ti­mode par 400 grâce à sa tech­no­lo­gie Aroo­na avec un simple équi­pe­ment pas­sif.

L'Informaticien - - SOMMAIRE - E. E.

Le 10 juillet 2017, Sa­fran Cor­po­rate Ven­tures an­non­çait qu’il ve­nait d’in­jec­ter 5 mil­lions d’eu­ros dans la start-up CAILabs, avec la par­ti­ci­pa­tion des in­ves­tis­seurs his­to­riques In­no­va­com et Star­quest Ca­pi­tal. Un jo­li coup pour ce spé­cia­liste de l’op­tique qui est en pleine crois­sance (+160 % de chiffre d’affaires en 2016). Cette le­vée de fonds lui per­met­tra d’ac­cé­lé­rer son dé­ve­lop­pe­ment in­dus­triel et com­mer­cial, mais aus­si d’em­bau­cher onze per­sonnes d’ici à la fin de l’an­née. De quoi en­trer en phase concrète de dé­ploie­ment de ses tech­no­lo­gies. Mais qu’est ce qui at­tire au­tant chez ce spé­cia­liste de l’op­tique quan­tique, spin- off du la­bo­ra­toire de re­cherche Kast­ler Bros­sel ? Créé par trois cher­cheurs en 2013, CAILabs a en fait réa­li­sé un tra­vail sur la lu­mière dans les fibres op­tiques qui peut se ré­su­mer sim­ple­ment : elle a réus­si à mul­ti­plier les dé­bits d’une fibre mo­no­mode par 400 ; de 100 Mbit/s à 4x10 Gbit/s. Forte de cette tech­no­lo­gie, ses dé­bou­chés sont donc très nom­breux,

no­tam­ment dans les en­tre­prises dont les ca­pa­ci­tés LAN ar­rivent par­fois à sa­tu­ra­tion avec l’ex­plo­sion des usages comme la vi­déo no­tam­ment, ou même lors­qu’elles uti­lisent des so­lu­tions comme SAP HA­NA, très gour­mande en bande pas­sante. « Sur une fibre mul­ti­mode, plu­sieurs formes de lu­mière se pro­pagent à des vi­tesses dif­fé­rentes. C’est ce qu’on ap­pelle la dis­per­sion mo­dale et c’est ce qui bride le

dé­bit de la fibre » , nous ex­plique Jean-François Mo­ri­zur, PDG et co­fon­da­teur de CAILabs. Le plus souvent, les en­tre­prises font ap­pel à la start- up pour booster les dé­bits donc, prin­ci­pa­le­ment sur des courtes dis­tances (moins de 1 km) et sur des liai­sons entre bâ­ti­ments par exemple. C’est pour­quoi les hô­pi­taux, les très grandes usines, les campus uni­ver­si­taires ou les sta­tions de ski par exemple sont au coeur des clients ac­tuels. « Nous ne sommes pas per­ti­nents sur de trop courtes dis­tances, à peine quelques di­zaines de mètres, comme dans les da­ta­cen­ters no­tam­ment » , pré­cise-t-il. JeanF­ran­çois Mo­ri­zur donne en exemple cette usine ca­na­dienne, em­blé­ma­tique cas d’usage, dont la contrainte ma­jeure était le pas­sage très ré­gu­lier de ca­mions. Im­pos­sible donc de mettre le

site à l’ar­rêt pour chan­ger la fibre op­tique. Les res­pon­sables du ré­seau vou­laient faire pas­ser de la vi­déo­sur­veillance sur IP en met­tant à jour les ser­veurs. Mais la liai­son avec le coeur de ré­seau étant trop longue, ils ne sont pas ar­ri­vés à pas­ser à 10 Gbit/s comme pré­vu. « Cis­co, qui avait ven­du le reste de l’in­fra­struc­ture, nous a mis en re­la­tion. En usine, les in­fra­struc­tures ne sont pas pré­vues pour ces dé­bits mais, fi­na­le­ment, ins­tal­ler notre so­lu­tion Aroo­na re­ve­nait moins cher et sur­tout per­met­tait d’ex­ploi­ter plei­ne­ment le po­ten­tiel de la fibre op­tique ! » , ré­sume-t-il.

Trois ver­sions de la so­lu­tion

Con­crè­te­ment, dans un sché­ma clas­sique, la fibre op­tique sort du mur et ar­rive dans un ti­roir op­tique. « Notre concept est de rem­pla­cer ce ti­roir op­tique par notre com­po­sant pas­sif que l’on soude sur la fibre qui sort du mur. Ain­si, on de­vient le ti­roir op­tique avec notre com­po­sant in­té­gré

de­dans » , pré­cise Jean-François Mo­ri­zur. Se­lon les spé­ci­fi­ca­tions d’un ré­seau, il peut être suf­fi­sant d’ins­tal­ler un seul com­po­sant, ou deux – un en amont, l’autre en aval – si né­ces­saire ; ce­la dé­pend sur­tout de la dis­tance. C’est la so­lu­tion Ar­ro­na-P2P qui ré­pond à cette pro­blé­ma­tique. Pour un ges­tion­naire ré­seau, la so­lu­tion ne change rien, mis à part qu’il doit s’équi­per en switch 10 Gbit/s. « Nous ré­pon­dons aus­si

à une de­mande de nos clients qui veulent avant tout de la sim­pli­ci­té » , ajoute- t-il en­core. Se­lon les don­nées à dis­po­si­tion, l’ins­tal­la­tion d’un com­po­sant dure en­vi­ron trois heures et coû­te­rait jus­qu’à trois fois moins chère qu’un rem­pla­ce­ment de fibre op­tique. CAILabs a aus­si dé­ve­lop­pé deux autres ver­sions de la so­lu­tion. La pre­mière est dé­nom­mée Aroo­na-Star. Comme son nom l’in­dique, elle ré­pond aux en­tre­prises qui dis­posent d’une ty­po­lo­gie ré­seau en étoile. « Notre com­po­sant peut gé­rer jus­qu’à six bâ­ti­ments ex­té­rieurs dans une pa­reille confi­gu­ra­tion. Pour cha­cune des liai­sons, une paire de fibres va du bâ­ti­ment cen­tral vers bâ­ti­ment A,B, C, etc., avec à chaque fois la cor­rec­tion de la lu­mière sur cha­cune des

liai­sons » , re­late Jean-François Mo­ri­zur. Chaque liai­son peut alors pro­fi­ter d’une ca­pa­ci­té de 10 Gbit/s en du­plex. En­fin, Aroo­na-POL – « Pas­sive Op­ti­cal LAN » – ré­pond à des pro­blé­ma­tiques plus spé­ci­fiques et per­met d’ap­por­ter du haut dé­bit par fibre op­tique jus­qu’aux postes de tra­vail tout en conser­vant le câ­blage fibre mul­ti­mode exis­tant. Le POL est en­core peu uti­li­sé en Eu­rope. CAILabs a tou­te­fois un exemple de dé­ploie­ment en France, réa­li­sé avec le concours d’IBM, avec le Ce­re­ma (Centre d’études et d’ex­per­tise sur les risques, l’en­vi­ron­ne­ment, la mo­bi­li­té et l’amé­na­ge­ment) à Aix-en-Pro­vence.

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