Adieu Main­frame… Des so­lu­tions existent !.

PEU À PEU, LA BASE INS­TAL­LÉE DES SYS­TÈMES CEN­TRAUX DE TYPE MAIN­FRAME S’ÉRODE. ILS PERDURENT LE PLUS SOUVENT DU FAIT DU RISQUE EXIS­TANT À MIGRER DES AP­PLI­CA­TIONS CRI­TIQUES DU MAIN­FRAME VERS D’AUTRES EN­VI­RON­NE­MENTS. CER­TAINS GRANDS COMPTES COMME SWISSCOM, F

L'Informaticien - - SOMMAIRE - B. G.

Banques, as­su­rances et grandes en­tre­prises forment les gros ba­taillons des uti­li­sa­teurs de main­frame dont la ma­jeure par­tie du mar­ché est te­nue par IBM. Au­jourd’hui, 70 % des tran­sac­tions com­mer­ciales à tra­vers le monde sont tou­jours réa­li­sées sur des main­frames. Les grandes or­ga­ni­sa­tions sont donc en­core lar­ge­ment dé­pen­dantes d’ap­pli­ca­tions exis­tantes sur ces en­vi­ron­ne­ments. Ces grandes en­tre­prises n’ont au­cun re­proche à faire aux sys­tèmes cen­traux d’un point de vue tech­nique. Ils sont fiables, plu­tôt sé­cu­ri­sés et connaissent des per­for­mances que bien des en­vi­ron­ne­ments dis­tri­bués en­vie­raient. Point noir de cette so­lu­tion : le coût d’in­ves­tis­se­ment et de sup­port/main­te­nance par­fois co­los­saux. Cer­tains clients ne peuvent suivre les mon­tées de ver­sion et les ajouts de mé­moire et de Mips (mil­lions d’ins­truc­tions par se­conde) coûtent très cher. Ré­gu­liè­re­ment les en­tre­prises se posent donc la ques­tion de chan­ger d’en­vi­ron­ne­ment. Jus­qu’à pré­sent, les so­lu­tions exis­tantes étaient ris­quées ou hors du bud­get même des plus grandes ins­ti­tu­tions car de­man­dant une ré­écri­ture des ap­pli­ca­tions. Au­jourd’hui de nou­velles al­ter­na­tives, qui ne sont pas de simples por­tages d’ap­pli­ca­tions, existent et sim­pli­fient les mi­gra­tions.

De nom­breux es­sais

De nom­breuses so­lu­tions ont es­sayé de réa­li­ser ces mi­gra­tions. Des pre­miers Web-to-host qui ou­vraient le main­frame vers les en­vi­ron­ne­ments gra­phiques et web aux dif­fé­rents pro­to­coles de mi­gra­tions et de ré­écri­ture sur Ja­va des ap­pli­ca­tions, de nom­breux édi­teurs se sont po­si­tion­nés sur la ques­tion. La plu­part du temps ils of­fraient plus une « mo­der­ni­sa­tion » du main­frame qu’une vé­ri­table mi­gra­tion. Sans comp­ter que IBM fai­sait aus­si de son cô­té de nom­breux ef­forts pour ra­jeu­nir les sys­tèmes en ou­vrant les ma­chines vers des en­vi­ron­ne­ment ou­verts par des par­ti­tions sur des co­pro­ces­seurs (Linux). Plus ré­cem­ment des édi­teurs ont pro­po­sé non plus de l’ému­la­tion des ap­pli­ca­tions main­frame mais un vé­ri­table ré-hé­ber­ge­ment sans tou­cher au code et sans le be­soin de re­com­pi­ler les ap­pli­ca­tions. Deux ac­teurs se dé­tachent sur le mar­ché eu­ro­péen : Lz­labs, une en­tre­prise suisse, et Tmax­soft, un édi­teur co­réen. Tmax­soft an­nonce ain­si des ré­duc­tions de coûts to­taux de pos­ses­sion des so­lu­tions le­ga­cy de l’ordre de 60 à 70 %, tout en mi­ni­mi­sant les risques pris lors d’une mi­gra­tion par rem­pla­ce­ment. L’édi­teur co­réen ne se can­tonne pas aux main­frames IBM et per­met du re­hos­ting pour les ap­pli­ca­tions pré­sentes sur des ma­té­riels Hi­ta­chi ou Fu­jit­su. Lz­Labs a ré­cem­ment ren­for­cé son offre avec le ra­chat d’Ere­nea, une start-up suisse qui per­met de réa­li­ser le por­tage des bi­naires main­frame sur des ap­pli­ca­tions Ja­va iso-fonc­tion­nelles par trans­co­dage. Une banque ge­ne­voise a ain­si re­for­ma­té une ap­pli­ca­tion de va­lo­ri­sa­tion de por­te­feuille client sur les ou­tils d’Era­nea et a trans­for­mé un ta­bleau de chiffres par une in­ter­face gra­phique mo­derne et plus ef­fi­cace pour les conseillers clients de la banque.

La so­lu­tion est pro­po­sée sous forme de services avec paie­ment à l’usage. Tmax­soft prose plu­sieurs mo­dèles, en Cloud ou par li­cences clas­siques.

Le Proof of concept pour vaincre le doute

De­vant les éco­no­mies annoncées, beau­coup d’en­tre­prises conservent une bonne dose de scepticisme, tel­le­ment ha­bi­tuées aux ordres d’idées de coûts de so­lu­tions plus an­ciennes et moins ef­fi­caces, de­man­dant sur­tout beau­coup de res­sources hu­maines. Un test ou un PoC (Proof of Concept) est souvent le meilleur moyen de vaincre les doutes sub­sis­tants. C’est ain­si qu’a pra­ti­qué Tmax­soft chez GE Ca­pi­tal, la fi­liale fi­nan­cière de GE qui gé­rait sur ses main­frames, après 22 ans d’uti­li­sa­tion, 5 000 comptes, 382 in­ter­faces, 1 700 uti­li­sa­teurs si­mul­ta­nés, 3,5 mil­lions de tran­sac­tions par jour et 71 mil­lions de lignes de code. En un mois, les équipes de GE Ca­pi­tal ont mi­gré une quan­ti­té li­mi­tée mais re­pré­sen­ta­tive de code afin d’ana­ly­ser le com­por­te­ment du lo­gi­ciel de Tmax­soft (Open Frame) sur la com­pi­la­tion, la com­pa­ti­bi­li­té, l’exé­cu­tion des ap­pli­ca­tions et les tests. Le POC OpenF­rame a par­fai­te­ment dé­mon­tré que le code cible était to­ta­le­ment com­pa­tible et main­te­nable, et que la base de don­nées IDMS était conver­tie comme pré­vu. La fin de la mi­gra­tion a duré 12 mois sur un sys­tème Unix de haute per­for­mance. Le code a été ra­me­né à 16 mil­lions de lignes. Le coût de fonc­tion­ne­ment du sys­tème et des ap­pli­ca­tions connexes a été ré­duit de 66 % et le temps de re­prise après in­ci­dent s’est amé­lio­ré de 240 %.

La plu­part des sa­la­riés ne se sont pas ren­dus compte du chan­ge­ment et ont conti­nué à tra­vailler comme avant sur leurs ap­pli­ca­tions. C’est peut- être là la li­mite de ces al­ter­na­tives qui per­mettent de sau­ve­gar­der les com­pé­tences en place. Celles-ci de­viennent rares et ce­la fait des an­nées que le manque d’ex­perts sur les main­frames per­siste mal­gré de nom­breux ef­forts de for­ma­tion comme les « main­frame aca­de­my ». Plus de 60 % des per­sonnes tra­vaillant sur main­frame ont plus de 45 ans et les jeunes gé­né­ra­tions ne se pré­ci­pitent pas pour se for­mer sur ces sys­tèmes. Au bi­lan, il est pos­sible au­jourd’hui d’en­ta­mer une mi­gra­tion avec des risques plus li­mi­tés qu’au­pa­ra­vant. À la re­cherche de ré­duc­tion de coûts, les en­tre­prises ne peuvent que se pen­cher sur ces al­ter­na­tives qui ont dé­sor­mais fait leurs preuves sur de grands en­vi­ron­ne­ments.

La page d’ac­cueil de Lz­Labs.

L’écran de mi­gra­tion des don­nées de Lz­Labs.

L’offre pro­duit de Tmax­soft.

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