HANDISCO LE « SHERPA » NUMéRIQUE

Comment ai­der les per­sonnes mal­voyantes à mieux vivre, se dé­pla­cer, en s’ap­puyant sur le numérique ? Deux jeunes in­gé­nieurs nan­céiens ont trou­vé une so­lu­tion in­no­vante et non-in­tru­sive.

L'Informaticien - - FRENCH TECH LORNTECH -

Pen­dant leurs études à l’école d’in­gé­nieurs Po­ly­tech de Nan­cy, Flo­rian Es­teves et Ma­thieu Che­va­lier ont fait un constat au­quel beau­coup d’entre nous ont dé­jà pen­sé : les villes sont mal adap­tées aux per­sonnes mal­voyantes, et han­di­ca­pées plus lar­ge­ment. Mais sur­tout le seul ac­ces­soire disponible pour les per­sonnes at­teintes de cé­ci­té est la fa­meuse canne blanche. Cet us­ten­sile, in­dis­pen­sable à qui veut se dé­pla­cer en ville sans la vue, gé­né­ra­le­ment fa­bri­qué en alu­mi­nium, n’a pas évo­lué (ou très peu) de­puis des dé­cen­nies. « Par ailleurs, nous avions aus­si consta­té que les per­sonnes fra­gi­li­sées, voire han­di­ca­pées, ont d’une part des manques en ma­tière d’au­to­no­mie dans les villes et d’autre part qu’elles n’ont pas ac­cès aux tech­no­lo­gies dont tout le monde pro­fite, comme les smartphones, les ob­jets connec­tés, etc. Puisque la tech­no­lo­gie est ma­ture, nous avons ré­flé­chi à ce­la en l’ap­pli­quant à des cas concrets », se rap­pelle Flo­rian Es­teves. C’est ain­si que dé­marre l’aven­ture de Handisco. Les deux jeunes hommes com­mencent par ré­flé­chir à un pre­mier pro­duit, à ima­gi­ner des fonc­tion­na­li­tés qui pour­raient ai­der les per­sonnes mal­voyantes au quo­ti­dien. Ils se tournent donc vers des as­so­cia­tions, vers des fa­bri­cants de cannes blanches, des centres d’aide, etc. Cette dé­marche leur per­met d’abord d’af­fi­ner ce qu’ils ont en tête, d’autre part de mieux « res­sen­tir » les difficultés d’une per­sonne fra­gi­li­sée. «Mê­meàNan­cy,qui es­tu­ne­vil­le­re­la­ti­ve­ment­bie­né­qui­péeen­la­ma­tière,nous nous­som­mes­ren­dus­comp­te­de­la­dif­fi­cul­té­quo­ti­dienne…», nous ex­plique-t-il en­core. Avant même de créer l’en­tre­prise, ils dé­ve­loppent un pre­mier concept ba­sé sur un Rasp­ber­ry Pi ; le pre­mier d’une sé­rie de plu­sieurs, avant d’en­trer dans une phase « se­mi-in­dus­trielle » ac­tuel­le­ment. Un add-on ma­té­riel De­puis, le concept n’en est plus un, mais bien un pro­duit fi­ni. La com­mer­cia­li­sa­tion dé­bute à la rentrée 2017, entre sep­tembre et oc­tobre, pour 999 eu­ros TTC. Avant ce­la, Handisco a lan­cé une phase de pré­com­mande sur une sé­rie de 25 pièces. La start-up compte en écou­ler entre 400 et 500 pièces sur 2018. Con­crè­te­ment, le pro­duit « Sherpa » est un boî­tier qui se fixe sur n’im­porte quelle canne. Il est com­po­sé d’un sys­tème em­bar­qué avec un noyau Linux cus­to­mi­sé, avec des fonc­tions Blue­tooth, GPRS 3G et GPS. Sur le des­sus, plu­sieurs bou­tons per­mettent de le pi­lo­ter. Le pro­duit, do­té de 12 heures d’au­to­no­mie, est connec­té à une oreillette Blue­tooth. Ce­la lui per­met de gui­der son uti­li­sa­teur. Car tout re­pose sur le prin­cipe de la don­née, et de l’open

da­ta no­tam­ment, pour les dif­fé­rentes fonc­tion­na­li­tés. «Nous dis­po­sons­des­don­néesd’une­tren­tai­ne­de­vil­le­senF­rance, dont­les­quin­ze­plus­peu­plées.Mais­par­tout­nous­re­ce­von­sun

bo­nac­cueil», pré­cise Flo­rian Es­teves. Ces jeux de don­nées per­mettent par exemple à Sherpa d’ai­der une per­sonne si elle est per­due, en s’ap­puyant sur des points de re­pères. Le boî­tier peut aus­si être pi­lo­té à la voix, et même don­ner des in­di­ca­tions sur les trans­ports en com­mun (ho­raires, lignes, etc.) de la ville. Il est aus­si com­pa­tible avec les feux pié­tons so­nores, dont les normes spé­ci­fiques sont stan­dar­di­sées. Plus d’au­to­no­mie. C’est le maître mot de Sherpa, qui peut se mettre à jour seul et à dis­tance, «un­peuà­la­ma­niè­reOTA

(OverT­heAir)com­me­su­runs­mart­phone». De nom­breuses fonc­tions sont à l’étude, tel l’ap­pel d’un taxi/ VTC. Ou quand la tech­no­lo­gie se met réel­le­ment au ser­vice de l’Homme…

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