ITPT’23 Re­prendre le contrôle de son sto­ckage

Lors de notre tour en Ca­li­for­nie, nous avons ren­con­tré plu­sieurs en­tre­prises dé­ve­lop­pant des so­lu­tions pour re­nou­ve­ler le bon vieux concept du SRM (Sto­rage Re­sources Ma­na­ge­ment) qui ap­porte vi­si­bi­li­té, op­ti­mi­sa­tion et au­to­ma­ti­sa­tion sur les don­nées et le

L'Informaticien - - INFRA - BER­TRAND GARÉ

Ce n’est pas nou­veau mais les en­tre­prises conti­nuent à avoir du mal à faire face à la crois­sance du vo­lume des don­nées. Or, les bud­gets consa­crés au sto­ckage et à la ges­tion des don­nées res­tent au mieux stables et les uti­li­sa­teurs de­viennent de plus en plus exi­geants sur la dis­po­ni­bi­li­té des sys­tèmes et des don­nées. Les mou­ve­ments de don­nées ne doivent pas – ne peuvent plus – in­ter­rompre les tâches de l’uti­li­sa­teur fi­nal. Tout ce­la com­bi­né rend com­plexe la tâche des res­pon­sables du sto­ckage.

La vi­si­bi­li­té du sto­ckage tout Kom­prise !

Cette jeune en­tre­prise amé­ri­caine vise à ré­soudre les prin­ci­paux pro­blèmes des en­tre­prises sur la mo­bi­li­té des don­nées et la vi­si­bi­li­té sur le sto­ckage. Et ce, avec un lo­gi­ciel com­bi­nant su­per­vi­sion et ana­ly­tiques afin de four­nir une so­lu­tion d’op­ti­mi­sa­tion et de ré­duc­tion de coûts des res­sources de sto­ckage. Un agent ob­ser­va­teur pla­cé sur une grille, re­liée à la console cen­trale, suit les don­nées lors­qu’elles tran­sitent par la pla­te­forme de Kom­prise sans être sur le che­min pri­maire des don­nées, ce qui pour­rait avoir un im­pact sur la per­for­mance ou la sé­cu­ri­té. Le lo­gi­ciel s’in­tègre avec le sto­ckage exis­tant et crée un lien entre le sto­ckage pri­maire et le sto­ckage se­con­daire. Sans base cen­tra­li­sée, la so­lu­tion évo­lue fa­ci­le­ment en scale out. La so­lu­tion réa­lise en­suite la com­po­si­tion d’agré­gats à la vo­lée pour une pre­mière ana­lyse puis un deuxième stade en ana­lyse avan­cée est réa­li­sé pour pré­co­ni­ser et au­to­ma­ti­ser des dé­pla­ce­ments de don­nées vers le sup­port le plus ap­pro­prié et la ré­par­ti­tion de charge. La so­lu­tion tra­vaille par cycle ré­cur­rent avec des points de contrôle pour rec­ti­fier les er­reurs s’il y a lieu.

Le gé­né­ra­liste Ap­tare

Dans une ap­proche si­mi­laire, Ap­tare est un édi­teur qui élar­git son ac­tion à l’en­semble de l’in­fra­struc­ture in­for­ma­tique à partir d’une console cen­tra­li­sée et col­lecte les don­nées sans agent. Là en­core, la so­lu­tion réa­lise des ana­lyses sur les don­nées col­lec­tées. En Eu­rope, Ap­tare est dis­tri­bué par des par­te­naires re­ven­deurs et en OEM chez HDS ( Hi­ta­chi Da­ta Sys­tems). La par­ti­cu­la­ri­té de la so­lu­tion est de pro­po­ser aus­si les re­la­tions d’in­ter­ac­tions entre les dif­fé­rents com­po­sants de l’in­fra­struc­ture pour ali­gner les be­soins mé­tier et l’in­for­ma­tique. Les fonc­tions ana­ly­tiques sont très puis­santes et per­mettent des re­cherches très pré­cises en « drill down » sur chaque élé­ment de l’in­fra­struc­ture.

Strong­box pro­pose une ap­proche dif­fé­rente

Pré­sent dans de nom­breux comptes qui ont en com­mun d’avoir à gé­rer de larges vo­lumes de don­nées, Strong­box a en­ri­chi ses so­lu­tions d’une suite de ges­tion des don­nées qui se pré­sente comme une couche de vir­tua­li­sa­tion du sto­ckage exis­tant et se place comme le centre de contrôle au-des­sus des so­lu­tions en place. L’édi­teur ne rem­place donc rien mais ré­sout les ques­tions de vi­si­bi­li­té sur le sto­ckage en ré­cu­pé­rant les mé­ta­don­nées, en les clas­si­fiant puis en les ana­ly­sant pour

pro­po­ser la meilleure so­lu­tion de sto­ckage. Celle- ci em­barque une so­lu­tion de re­cherche pour re­trou­ver fa­ci­le­ment don­nées ou fi­chiers. Strong­Box uti­lise aus­si des élé­ments de ma­chine lear­ning pour au­to­ma­ti­ser les opé­ra­tions de sto­ckage. Les règles sont ap­pli­quées sur un pool in­tel­li­gent de res­sources de sto­ckage qui peut re­grou­per des élé­ments dif­fé­rents dans un seul en­semble lo­gique. L’uti­li­sa­teur n’écrit donc pas sur un ap­pa­reil mais dans un espace de règles. L’ajout de nou­veaux ma­té­riels se réa­lise sim­ple­ment par un tag de mé­ta­don­nées. Si ce ma­té­riel rem­place un autre plus an­cien, la mi­gra­tion des don­nées est au­to­ma­tique vers le nou­veau ma­té­riel de ma­nière trans­pa­rente pour l’uti­li­sa­teur qui ne voit que la lo­ca­li­sa­tion ha­bi­tuelle. Le­dit ma­té­riel hé­rite de plus de l’en­semble des règles ap­pli­quées au pool in­tel­li­gent. Le lo­gi­ciel com­prend aus­si des ou­tils ana­ly­tiques qui per­mettent un sui­vi en temps réel des opé­ra­tions de sto­ckage et d’en­ga­ger des ac­tions dy­na­miques de mou­ve­ments et de pro­tec­tion des don­nées se­lon les règles mises en oeuvre dans les prin­ci­paux en­vi­ron­ne­ments de sto­ckage, que ce soit sur site ou dans le Cloud.

Pri­ma­ry Da­ta évo­lue vers le da­ta ma­na­ge­ment

Nous avons dé­jà ren­con­tré plu­sieurs fois Pri­ma­ry Da­ta lors des IT Press Tours. La der­nière montre une évo­lu­tion im­por­tante et Pri­ma­ry Da­ta se pré­sente dé­sor­mais comme une so­lu­tion de ges­tion des don­nées qui est as­sez proche de ce que pro­pose Strong­Box. Da­tas­phere, le nom du lo­gi­ciel, est un mo­teur qui tra­vaille sur les mé­ta­don­nées : il au­to­ma­tise les flux de don­nées dans l’en­tre­prise pour faire face aux évo­lu­tions que de­mandent les ap­pli­ca­tions. La so­lu­tion s’ap­puie sur les der­niers ajouts fonc­tion­nels sur NFS 4.2 et se pré­sente sous deux formes de dé­ploie­ment, l’un pour les en­vi­ron­ne­ments de bureau, l’autre au ni­veau de l’en­tre­prise. Les opé­ra­tions se réa­lisent au tra­vers d’un por­tail. La der­nière ver­sion de Da­tas­phere est com­pa­tible avec S3 d’AWS, SMB 2.1 et 3.x, NFS, Ac­tive di­rec­to­ry de Windows et Windows ACL. Les snap­shots se font au ni­veau des mé­ta­don­nées, l’écri­ture du snap­shot con­cer­nant le sto­ckage exis­tant s’il y a be­soin d’écrire des don­nées. La so­lu­tion op­ti­mise le pla­ce­ment des don­nées et ajoute une fonc­tion de work­flow qui s’ap­puie sur les ex­pres­sions ob­jec­tives, des com­mandes proches de celles de Vi­sual Ba­sic.

Pro­phetS­tor fé­dère le SDDC

Dans la « lo­gi­cia­li­sa­tion » du centre de don­nées, la dé­fi­ni­tion lo­gi­cielle du sto­ckage de­vient la pierre an­gu­laire pour maî­tri­ser le Big Da­ta et les services dans le Cloud. Pour y par­ve­nir Pro­phetS­tor s’ap­puie sur un por­tail qui fé­dère l’en­semble des services de la plate-forme : l’in­té­gra­tion et la conso­li­da­tion des si­los IT, des res­sources, des services or­ches­trés dans des contai­ners par des ou­tils ana­ly­tiques avan­cés pour le dé­clen­che­ment ra­pide d’ac­tions telles que la vir­tua­li­sa­tion de la couche de sto­ckage qui forme une grille in­tel­li­gente pour les don­nées et les services as­so­ciés. Ces der­niers com­posent les dif­fé­rents pro­duits de Pro­phetS­tor : Fe­de­ra­tor que nous ve­nons de pré­sen­ter, Stel­larF­lash (ap­pliance Flash pour ac­cueillir l’hy­per­vi­seur de sto­ckage de Pro­phetS­tor), DRP­ro­phet (ser­vice de re­prise après dé­sastre et de ges­tion des don­nées) et DiskP­ro­phet (mo­ni­to­ring et ges­tion des disques et des mé­dias de sto­ckage). Il est à no­ter que le der­nier pro­duit est uti­li­sé par Cis­co dans son Me­ta­cloud avec une pré­ci­sion de plus de 95 % dans la pré­dic­tion de panne d’un élé­ment.

Da­trium : ils ont ai­mé, ils sont re­ve­nus !

Nous avions ren­con­tré Da­trium il y a quelques mois mais l’en­tre­prise a bien évo­lué de­puis. Si le fond de la so­lu­tion, la conver­gence entre cal­cul et sto­ckage, est tou­jours là, Da­trium ex­prime une vi­sion un peu dif­fé­rente des pre­miers temps de son exis­tence avec une ap­proche très orien­tée vers le Cloud. Da­trium pro­pose une so­lu­tion qui vise à ré­soudre les pro­blèmes po­sés dans les en­vi­ron­ne­ments conver­gents et hy­per­con­ver­gents. Avec des confi­gu­ra­tions plus mo­du­laires, Da­tr ium dé­couple le com­pute du sto­ckage, ce qui per­met de fa­vo­ri­ser soit l’un soit l’autre se­lon les cas d’usages et les be­soins.

La so­lu­tion se pré­sente soit comme une ap­pliance soit comme une so­lu­tion lo­gi­cielle avec dif­fé­rents noeuds pre­nant en charge les don­nées, le com­pute et la ges­tion de la so­lu­tion. Chaque noeud em­barque les services as­so­ciés et au­to­rise ain­si des up­grades se­lon les be­soins en scale out avec des per­for­mances ou des évo­lu­tions pré­vi­sibles et li­néaires après ajout de noeuds. La so­lu­tion évo­lue vers la cons­ti­tu­tion d’une plate-forme pou­vant jouer plu­sieurs rôles dont, pour le sto­ckage, ce­lui de cible pour du sto­ckage pri­maire ou se­con­daire sui­vant les cas, avec la pos­si­bi­li­té d’ajou­ter un tiers de sto­ckage dans le Cloud.

Big Switch Net­works pour­suit son che­min dans la vir­tua­li­sa­tion

Nous avions dé­jà am­ple­ment par­lé de la tech­no­lo­gie de Big Switch Net­work à l’oc­ca­sion d’un autre IT Press Tour. L’en­tre­prise a connu un bon dé­ve­lop­pe­ment en 2016 avec l’adop­tion de ses pro­duits par 10 des 15 plus gros opé­ra­teurs de té­lé­com­mu­ni­ca­tion dans le monde, dont Ve­ri­zon. Ce der­nier a uti­li­sé Big Switch Net­works pour vir­tua­li­ser des services de Cloud sur OpenS­tack avec pour ré­sul­tats es­comp­tés un TCO en baisse de 47 % sur cinq ans, des coûts de mise en oeuvre de nou­veaux services en baisse de 65 % et des temps de mise en ser­vice di­vi­sé par trois. Les dif­fé­rents pro­duits s’af­finent peu à peu, dont l’in­ter­face de mo­ni­to­ring mais, sur le fond, l’en­tre­prise s’ins­crit plu­tôt dans la conti­nui­té.

E8 rend concret le NVMf

Nous avions croi­sé le che­min d’E8 lors de notre vi­site en Is­raël. De­puis, l’en­tre­prise a pris son en­vol vers les États-Unis et s’est ins­tal­lée à Pa­lo Al­to. À l’époque, Zi­van Ori, le fon­da­teur et CEO d’E8, nous avait an­non­cé sa baie NVMe D24, qui est au­jourd’hui disponible. La baie pos­sède évi­dem­ment des per­for­mances ex­tra­or­di­naires avec une très haute den­si­té et une la­tence très faible. Les fonc­tion­na­li­tés sont riches et adap­tées aux grandes en­tre­prises, avec la haute dis­po­ni­bi­li­té par exemple. La so­lu­tion est com­pa­tible avec OpenS­tack et Do­cker. L’en­tre­prise a de plus réa­li­sé sa pre­mière vente dans la zone Emea en juin der­nier. E8 veut main­te­nant dé­pas­ser les pro­blèmes d’uti­li­sa­tion des disques SSD pour le sto­ckage lo­cal avec une ar­chi­tec­ture bre­ve­tée de scale out pour évi­ter que le contrô­leur dans la baie all flash ne de­vienne un gou­let d’étran­gle­ment. E8 se donne les moyens avec des liens à 40/100 Gbe sur des disques NVMe. La pro­chaine étape est la mise en oeuvre d’une baie NVMf (over fa­bric), avec un contrôle cen­tra­li­sé mais un sto­ckage dis­tri­bué sur dif­fé­rents do­maines NVMe. Une en­tre­prise à suivre dans les pro­chains mois car pro­met­teuse en termes de tech­no­lo­gie et pour sa vi­sion du mar­ché du sto­ckage pri­maire.

Avere re­donne de la flexi­bi­li­té à votre NAS

Ce­la fai­sait long­temps que nous n’avions pas vu Avere, un édi­teur de Pitt­burgh en Penn­syl­va­nie, de so­lu­tions de sto­ckage en mode fi­chiers. Ron Bian­chi­ni, le CEO, a fait le dé­pla­ce­ment en Ca­li­for­nie pour nous ren­con­trer et faire le point sur l’ac­ti­vi­té de son en­tre­prise. En termes de pro­duits, les évo­lu­tions ne sont pas nom­breuses com­pa­ra­ti­ve­ment à ce qu’il nous avait dé­jà mon­tré. L’in­té­rêt de l’ar­chi­tec­ture d’Avere est de pou­voir fa­ci­le­ment ajou­ter des pos­si­bi­li­tés de cal­cul dans le Cloud ou d’uti­li­ser des sto­ckage ob­jets dans le Cloud pu­blic pour ré­pondre à de mul­tiples cas d’usages de­man­dant de très hautes per­for­mances comme de l’ar­chi­vage dy­na­mique avec la fonc­tion Flash­move pour bou­ger les don­nées. Avere s’est d’ailleurs fait une place dans des en­vi­ron­ne­ments très exi­geants comme ce­lui de la NASA ou de stu­dios de films d’ani­ma­tion pour le ren­de­ring, mais aus­si les services fi­nan­ciers ou la gé­no­mique.

La ré­sur­rec­tion de Co­raid

Après avoir qua­si dis­pa­ru, Co­raid re­vient sur le mar­ché avec à sa tête Brant­ley Coile, le fon­da­teur et ex- CTO de Co­raid. Tech­ni­que­ment, Brant­ley Coile re­prend sa vi­sion de dé­part pour le dé­ve­lop­pe­ment des so­lu­tions de Co­raid. La baie SRX s’ap­puie sur le sys­tème d’ex­ploi­ta­tion Plan 9, le suc­ces­seur d’Unix chez les Bell Labs, qui se pré­sente sous forme dis­tri­buée avec toutes les fonc­tions d’un sys­tème d’ex­ploi­ta­tion, mais concen­tré sur un ker­nel res­ser­ré uti­li­sant toutes les res­sources comme des fi­chiers. SRX se pré­sente comme une ap­pliance qui ex­porte les disques phy­siques comme des LUN (Lo­gi­cal Unit Num­bers). Les ma­chines vir­tuelles hôtes ( Linux, VM­ware ou Mi­cro­soft) uti­lisent le HBA Co­raid Ether­drive qui trans­por te les com­mandes SCSI au- des­sus du pro­to­cole de sto­ckage uti­li­sé par SRX, ATA over Ether­net. Ce pro­to­cole, ra­pide, op­ti­mise le nombre de pa­quets trans­mis sur le ré­seau. Une se­conde ap­pliance op­tion­nelle, VSX, em­barque les services de don­nées (snap­shot, snap­sha­dow ou clone, thin pro­vi­sio­ning…) si le client le sou­haite. Comme à l’ori­gine, les avan­tages de la so­lu­tion sont de per­mettre à l’en­tre­prise d’uti­li­ser ce qu’elle connaît dé­jà : Ether­net et des disques avec des pos­si­bi­li­tés d’évo­lu­tion qua­si in­fi­nies, jus­qu’à 16 000 000 de LUN, pour un faible coût : le construc­teur an­nonce 0,0013 GB/mois.

Zi­van Ori, le fon­da­teur et CEO d’E8.

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