Big is beau­ti­ful… ou la fi n des start- up ?

L'Informaticien - - ÉDITO - STÉ­PHANE LARCHER

Et si Sta­tion F ar­ri­vait trop tard ? Bien trop tard… Et si l’ère des start- up, des en­tre­prises que l’on monte à par­tir d’une idée, que l’on dé­marre dans un ga­rage ou chez un in­cu­ba­teur, avec une pre­mière et petite le­vée de fonds, était ré­vo­lue ? L’idée ne va pas plaire au mo­ment où chaque ca­pi­tale du monde plaide pour un dé­ve­lop­pe­ment sans re­te­nue de ces en­tre­prises. Pa­ris n’est pas en reste et le Car­go, Sta­tion F, Le vil­lage, Ago­ra­nov et tous les autres ont fl eu­ri ces der­niers temps. La pro­vince – de l’est à l’ouest, du nord au sud – n’est pas en reste et nous nous en sommes fait l’écho dans ces co­lonnes. Mais tout ce­ci est peut- être der­rière nous et l’ave­nir ap­par­tien­drait aux monstres : GA­FAM et leurs équi­va­lents chi­nois BATX ( Bai­du, Ali­ba­ba, Tencent et Xiao­mi). Sans ou­blier Hua­wei, en passe de de­ve­nir un géant mar­chant sur les plates- bandes de Cis­co, IBM, Sam­sung et autres et qui de­vrait réa­li­ser près de 100 mil­liards de dol­lars de chiffre d’af­faires cette an­née. C’est en tous les cas la thèse dé­fen­due par notre confrère Jon Evans, de Te­ch­crunch. Ce­lui- ci consi­dère que les nou­veaux dé­ve­lop­pe­ments, l’IA, les drones, la voi­ture au­to­nome, la réa­li­té vir­tuelle, les mon­naies vir­tuelles, l’In­ter­net des Ob­jets, sans ou­blier l’in­for­ma­tique quan­tique, sont des do­maines qui né­ces­sitent beau­coup de ta­lents, bien sûr, mais éga­le­ment beau­coup d’ar­gent, de don­nées, et d’un éco­sys­tème pré- exis­tant. Certes, plu­sieurs de ces jeunes pousses vont trou­ver de nou­velles idées et d’autres se fe­ront ra­che­ter, mais il est pos­sible qu’un bon nombre d’entre elles res­tent sur le car­reau. C’est d’ailleurs le sen­ti­ment qui pré­do­mine en Si­li­con Val­ley où les fonds d’amor­çage vont pour la pre­mière fois bais­ser en 2017. M. Evans prend l’exemple des vingt der­nières an­nées cou­pées en deux pé­riodes. La pé­riode de 1997 à 2006 a vu l’ex­plo­sion de Google, Fa­ce­book, Ama­zon grâce à l’éco­no­mie du Web. De 2007 à 2016, ce sont AirBnB, Uber, WhatsApp, Ins­ta­gram, Snap… au­tour des smart­phones et de leurs ap­pli­ca­tions. Mais, au­jourd’hui, que se passe- t- il ? Les gros ont re­pris le pou­voir et do­minent à nou­veau ou­tra­geu­se­ment le mar­ché, y com­pris et sur­tout dans les nou­veaux axes pré­sen­tés ci- des­sus. Pour illus­trer son pro­pos il prend l’exemple d’Y Com­bi­na­tor, l’un des plus grands in­cu­ba­teurs de la val­lée. Du­rant les six der­nières an­nées, il a fi nan­cé deux fois plus d’en­tre­prises que du­rant les six pre­mières de son exis­tence. Et pour­tant, au bout de 12 ans, ses prin­ci­pales réus­sites de­meurent celles de la pre­mière pé­riode : AirBnB, Drop­box et Stripe. De­puis, plus rien ou presque. M. Evans a- t- il rai­son ou tort ? Il nous est dif­fi cile de tran­cher mais il nous sem­blait in­dis­pen­sable de vous faire part de son ana­lyse et de la prendre en compte dans les ré­fl exions qui ali­mentent le fi nan­ce­ment de cette nou­velle éco­no­mie. ❍

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