Vil­la triste

Une in­trigue mé­lan­co­lique sur la Côte d’Azur si­gné de l’au­teure de Gil.

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Il y a quelque chose de Coc­teau dans le nou­veau livre, en­chan­teur, de Cé­lia Hou­dart. Pas seule­ment parce que son cadre est la Côte d’Azur, la French Ri­vie­ra où l’au­teur des En­fants ter­ribles a lais­sé son em­preinte. Gré­co est une femme qui a vieilli mais qui se tient. Plu­tôt que dé­co­ra­trice, l’hé­roïne de Tout un monde loin­tain se pré­sente comme en­sem­blière. Née dans le Tes­sin, la dame est veuve et ha­bite une su­perbe mai­son Belle Epoque à Ro­que­brune-Cap-Mar­tin. Elle dé­teste Mo­na­co, roule dans une vieille Mer­cedes noire, achète le New York Times, dont elle ap­pré­cie la ty­po­gra­phie. Chaque jour, elle se rend aux abords d’une fa­meuse vil­la qu’elle rêve d’ache­ter. La vil­la E-1027, somp­tuo­si­té conçue dans les an­nées 1920 par Ei­leen Gray et Jean Ba­do­vi­ci. Le pré­cé­dent pro­prié­taire des lieux, un ami de Gré­co, était un col­lec­tion­neur zu­ri­chois mort as­sas­si­né. De­puis, la mai­son a été pillée et mise sous scel­lés. Or voi­ci que Gré­co dé­couvre qu’elle est squat­tée. Par Tes­sa et Loui­son, un couple de jeunes dan­seurs dont elle va faire la connais­sance… Hé­do­niste et élé­gant, mé­lan­co­lique et so­laire à la fois, Tout un monde loin­tain est un pur bijou. Alexandre Fillon

HH Tout un monde loin­tain par Cé­lia Hou­dart, 208 p., P.O.L, 14 €

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