Le Coeur bat­tant de nos mères de Brit BEN­NETT

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AU FIN FOND DE LA CA­LI­FOR­NIE ALANGUIE SE NOUENT DES DRA - MES LOURDS DE SI­LENCE. Na­dia, une ado­les­cente noire à la beau­té ra­va­geuse, voit sa vie vo­ler en éclats lorsque sa mère se sui­cide sans ex­pli­ca­tion et que son père, ra­va­gé par la dou­leur, cesse de s’oc­cu­per d’elle. Il ne lui reste alors plus que Luke, le ser­veur dans les bras du­quel elle s’étour­dit, et Au­brey, sa meilleure amie, qui va bien­tôt la rem­pla­cer dans le coeur du jeune homme. Un trio amou­reux que l’on sui­vra au cours d’une di­zaine d’an­nées et sur le­quel s’ap­puie Brit Ben­nett pour écrire sur la dou­ceur et la dou­leur de l’ami­tié, sur l’en­trée par­fois vio­lente des femmes dans l’âge adulte et sur l’âme des gar­çons, in­son- dable et sen­sible. La plume ma­jes­tueuse de Brit Ben­nett coule comme un fleuve tran­quille, tra­ver­sé par­fois par des éclats de gé­nie. A seule­ment 27 ans, l’Amé­ri­caine donne l’im­pres­sion, avec ce pre­mier ro­man, d’avoir dé­jà vé­cu mille vies. Tout comme les per­son­nages, à la fois puis­sants et mé­lan­co­liques, du Coeur bat­tant de nos mères. « Comme la plu­part des filles, elle avait dé­jà ap­pris que la beau­té vous ex­pose et vous dis­si­mule et comme la plu­part des filles, elle n’avait pas en­core ap­pris à gé­rer la dif­fé­rence. » Ce sont ces pe­tites phrases, cris­tal­lines et apai­santes, fai­sant sur­sau­ter tant elles sont justes, qui fi­nissent de nous convaincre qu’une grande écri­vaine est née.

HHHH Le Coeur bat­tant de nos mères (The Mo­thers) par Brit Ben­nett tra­duit de l’an­glais (Etats-Unis) par Jean Esch, 342 p., Au­tre­ment, 20,90 € En li­brai­rie le 30 août.

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