A part, De­rain, Bal­thus, Gia­co­met­ti

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Il est en­core temps de vi­si­ter l’ex­po­si­tion que le mu­sée d’Art mo­derne de la Ville de Pa­ris consacre à De­rain, Bal­thus et Gia­co­met­ti. Elle fait va­ciller nos ju­ge­ments, met un peu de dé­sordre dans nos mé­moires, sème le doute. Il est bon de se rap­pro­cher des oeuvres de ces trois ar­tistes (près de deux cents), d’en re­voir cer­taines, d’en dé­cou­vrir d’autres, et de li­bé­rer ain­si notre re­gard des mots qui l’orien­taient. On ne cesse de croire – pro­gres­sisme oblige – que l’aven­ture de l’art mo­derne est celle d’une marche vers l’abs­trac­tion. Le gé­nie de De­rain se se­rait per­du après sa pé­riode fauve, ce­lui de Bal­thus se­rait ana­chro­nique, quant à ce­lui de Gia­co­met­ti, il se­rait so­li­taire. On ou­blie vite que l’abs­trac­tion est contem­po­raine du cu­bisme, et que ce qui a été conquis par l’art mo­derne n’est nul­le­ment la rup­ture avec le réel (quel art lui fut sou­mis ex­cep­té ce­lui des « pom­piers » ?) mais la li­ber­té de l’ar­tiste. Aus­si la fi­gu­ra­tion peut-elle, tout au­tant que l’abs­trac­tion, s’en ré­cla­mer. Mais en­ten­dons-nous bien, il reste tou­jours à choi­sir. Car l’im­por­tant dans une oeuvre, c’est sa pré­sence.

col­lec­tif,

Bal­thus, Gia­co­met­ti, une ami­tié ar­tis­tique, 336 p., Pa­ris Mu­sées, 44,90 Ex­po­si­tion jus­qu’au 29 oc­tobre 2017.

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