Ré­pa­rer les vi­vants

Un ré­cit sub­til et poi­gnant de l’écri­vain mexi­cain, qui rend ici hom­mage à son père chi­rur­gien.

Lire - - Littératureétrangère - JORGE VOL­PI Exa­men de mon père (Exa­men de mi padre) par tra­duit de l’es­pa­gnol (Mexique) par Ga­briel Ia­cul­li, 288 p., Seuil, 21,50

Il n’avait pas « le bon­heur fa­cile » . Chi­rur­gien ha­bile, cli­ni­cien brillant de­ve­nu pro­fes­seur à la fa­cul­té de mé­de­cine de Mexi­co quand ses mains ont per­du leur agi­li­té « de pres­ti­di­gi­ta­teur » , le père de Jorge Vol­pi s’est éteint le 2 août 2014. L’écri­vain lui rend au­jourd’hui hom­mage au fil de dix le­çons d’ana­to­mie. Cha­pitres éru­dits où il parle aus­si bien du cer­veau, cette for­mi­dable « ma­chine à pré­voir l’ave­nir » , que du coeur, de la mu­sique et de l’amour. On y ap­pren­dra à mieux connaître le com­plexe gé­ni­teur de l’au­teur de La Fin de la fo­lie et des Ban­dits. Un homme in­tel­li­gent, in­tran­si­geant, ca­tho­lique, conser­va­teur, al­truiste, ser­viable, fas­ci­né par la fi­gure d’Am­broise Pa­ré. Vol­pi père ai­mait ré­pa­rer les vi­vants, sur­veiller et contrô­ler au­tour de lui. Pri­son­nier de ses ob­ses­sions, il s’est peu à peu lais­sé en­fer­mer dans son mal- être, dans sa souf­france. A ou­blié sa cu­rio­si­té et son amour de la connais­sance, at­teint d’une dé­pres­sion chro­nique qui l’a pro­gres­si­ve­ment fait som­brer dans un « dé­clin mo­rose ». Exa­men de mon père est un texte poi­gnant. Le fier hom­mage écrit par Jorge Vol­pi afin de gar­der en lui ce­lui à la mort du­quel il n’a pas pleu­ré. A.F.

Jorge Vol­pi,

HHHII

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