Les “Trois d’An­go­la”

L'Obs - - L’enquête -

Pu­nir, châ­tier sans pi­tié. Comment expliquer au­tre­ment la construc­tion en 2006, en Loui­siane, d’un bâ­ti­ment en bé­ton sans iso­la­tion, ré­ser­vé aux condam­nés à mort ? Dans le ca­gnard de la Loui­siane ! Il au­ra fal­lu un pro­cès pour qu’un juge fé­dé­ral es­time anor­mal que la tem­pé­ra­ture ait ex­cé­dé 52°C pen­dant 85 jours dans la pri­son, avec une pointe à… 90 °C, en pre­nant en compte l’hu­mi­di­té. Et comment expliquer, dans la même pri­son d’An­go­la, qu’un homme comme Ro­bert King ait pu pas­ser 29 an­nées (!) à l’iso­le­ment ? King, que l’on a ren­con­tré lors d’un pas­sage à Har­lem, est le plus cé­lèbre des « Trois d’An­go­la », trois dé­te­nus membres des Black Pan­thers et per­sé­cu­tés comme tels (voir­son­té­moi­gnage sur Nou­ve­lobs.com). « Comment avez­vous fait­pour­ne­pas­de­ve­nir­dingue ? » de­mande-t-on à cet homme qu’on

« Je vois les meilleurs mé­de­cins, per­sonne ne sait trop­quoi faire », dit-il. Sa bouée de sau­ve­tage est son job à l’Up­town People’s Law Cen­ter de Chi­ca­go, qui ac­com­pagne les dé­te­nus dans leur ga­lère. En re­tard à un ren­dez-vous té­lé­pho­nique, il s’ex­cuse: « J’ai­ré­cu­pé­réun­ty­pe­hier, il a76 ans et vient­de­pas­ser 51 ans en­pri­son. Ils l’ont re­lâ­ché comme ce­la, jeme sui­soc­cu­pé­de­lui­trou­ver­des­vê­te­ments, de la nour­ri­ture, de l’ins­crire à la Sé­cu pour­sa­re­traite… » Ce­la lui a rap­pe­lé sa propre fin de dé­ten­tion. « Vingt-huit jour­sa­vant­ma­li­bé­ra­tion, j’aié­té­trans­fé­ré de la pri­son de Tamms à celle de Me­nard. A mon ar­ri­vée, j’ai été pla­cé dans une aile où j’étais to­ta­le­ment seul, en­core plus iso­lé qu’à Tamms. On m’a re­fu­sé le­moindre ob­jet per­son­nel, et je n’ai pas pu prendre de douche pen­dant 28 jours. Fi­na­le­ment, j’ai été li­bé­ré sans au­cun­mé­di­ca­ment­ni­la­moin­dreor­don­nance. Jen’ai­re­çuau­cu­ne­thé­ra­pie­pour

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