Hollande vu par Cam­ba

L'Obs - - Politique -

— « Fran­çois Hollande ne veut s’em­bar­ras­ser de rien. Car en cette époque émol­liente, les ba­gages trop lourds en­travent les pro­gres­sions. Si Lé­nine ai­mait à dire “on s’en­gage et puis on voit”, Fran­çois Hollande pré­fère “on ne s’en­gage pas, comme ça on voit”. Il n’y a là nulle in­cli­na­tion per­son­nelle. Fran­çois Hollande n’est pas moins dé­ter­mi­né que les autres ni moins dé­nué de convic­tions. Mais il en a trop vu, des pos­tures pour des postes, des in­di­gna­tions feintes, de l’égoïsme pour éten­dard. Et comme il ne se prend pas pour ce qu’il n’est pas, il ne voit pas pour­quoi il de­vrait avoir un avis dé­fi­ni­tif sur tous, pour tous et pour vous. Même s’il a un quant-à-soi plus grand qu’on ne le croit ! Il ne se fâche avec per­sonne pour ne pas être dé­bi­teur de quel­qu’un. Ora­teur mit­ter­ran­dien à la for­mule as­sas­sine, il par­tage avec son illustre pré­dé­ces­seur la connais­sance par­faite de la carte élec­to­rale, le sens ai­gu du rap­port de force po­li­tique et sur­tout mé­dia­tique. Pen­ché à chaque ins­tant sur les dé­pêches, il les consulte avec une avi­di­té gour­mande. Il tra­vaille beau­coup et ne laisse rien au ha­sard. Dans un joyeux désordre qui brouille les pistes et lui laisse les mains libres, il a pour seul via­tique: pas vu, pas pris. » Ex­trait de «Q ue faire au Par­ti so­cia­liste ? ou l’Eter­nel Re­com­men­ce­ment : 1905 - 2005 » par Jean-Ch­ris­tophe Cambadélis, Edi­tions Bru­no Le­prince, 2004.

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