S’of­frir un chez-soi adap­té

Quel que soit le de­gré de perte d’au­to­no­mie, plu­sieurs so­lu­tions d’hé­ber­ge­ment existent. Mais le coût fi­nan­cier reste éle­vé et souvent mal an­ti­ci­pé

L'Obs - - Spécial Placements - Par Ma­rianne La­grange

Les chiffres parlent d’eux­mêmes : alors que les plus de 60 ans re­pré­sentent au­jourd’hui un quart de la po­pu­la­tion, ils se­ront plus d’un tiers en 2060. Ain­si, en sup­po­sant que l’âge moyen d’ar­ri­vée à la dé­pen­dance ne change pas, les per­sonnes qui au­ront be­soin d’aide en 2060 se­ront en­vi­ron 2,6mil­lions en France, contre 1,2 mil­lion ac­tuel­le­ment. Trou­ver un moyen de gé­rer ce pa­py-boom dans les meilleures condi­tions de­vient donc un vé­ri­table en­jeu de so­cié­té.

De fait, la perte d’au­to­no­mie en­traîne des frais en­core peu ap­pré­hen­dés par les se­niors. A cô­té des dé­penses mé­di­cales, un amé­na­ge­ment du lo­ge­ment des per­sonnes vieillis­santes, voire de ce­lui des ac­cueillants, est en ef­fet né­ces­saire, quand il ne s’agit pas pu­re­ment et sim­ple­ment d’un dé­mé­na­ge­ment. Au­tre­ment dit, tout comme la re­traite, les risques fi­nan­ciers liés à la dé­pen­dance doivent eux aus­si être an­ti­ci­pés très en amont.

Amé­na­ger son lo­ge­ment

La ma­jo­ri­té des per­sonnes as­pirent à res­ter chez elles pour vieillir et ce, même en si­tua­tion de dé­pen­dance. Une bonne nou­velle pour l’Etat, puisque le main­tien à do­mi­cile coûte moins cher aux fi­nances pu­bliques que la construc­tion de mai­sons de re­traite. Pour­tant, cette so­lu­tion reste en­core peu cou­rante en France. En ef­fet, se­lon une étude eu­ro­péenne, 6% seule­ment des Fran­çais in­ter­ro­gés vivent dans des lo­ge­ments amé­na­gés pour les plus de 65 ans, contre 8,5% en Espagne et 16% aux Pays-Bas.

Res­ter chez soi ou dans le mi­lieu familial im­plique donc des dé­penses éle­vées. Le coût moyen pour rendre un lo­ge­ment ac­ces­sible à une per­sonne dé­pen­dante peut at­teindre 24 000 eu­ros en moyenne. Ces amé­na­ge­ments portent prin­ci­pa­le­ment sur les moyens de li­mi­ter les ac­ci­dents do­mes­tiques comme les chutes ou en­core la mise en place de rampes d’ac­cès. Mal­gré des avan­tages fis­caux (lire page 96), quand on sait que la re­traite est en moyenne de 900 eu­ros pour une femme et de 1 600 eu­ros pour un homme, on se rend compte de l’ef­fort à four­nir.

Pour fa­ci­li­ter le main­tien à do­mi­cile, plu­sieurs aides sont pos­sibles en cas de dé­pen­dance par­tielle ou to­tale. Ain­si, l’Agence na­tio­nale de l’ha­bi­tat (Anah) s’en­gage à rem­bour­ser de 30% à 50% des tra­vaux dans la li­mite d’un mon­tant maxi­mal de 20000 eu­ros. A titre ex­cep­tion­nel, cette aide est ver­sée aux des­cen­dants ac­cueillant leurs aî­nés ou à des lo­ca­taires qui s’en­gagent à mettre aux normes leurs lo­ge­ments. Par ailleurs, la Caisse na­tio­nale d’as­su­rance vieillesse (Cnav) a pré­vu un bud­get d’aide à l’amé­na­ge­ment des lo­ge­ments des per­sonnes dé­pen­dantes de 90 mil­lions d’eu­ros sur 2011-2013. Mais se­lon la Cnav et l’Anah, ces aides sont en­core sou­su­ti­li­sées et les dis­po­si­tifs exis­tants manquent de vi­si­bi­li­té. Une sim­pli­fi­ca­tion des cir­cuits de fi­nan­ce­ment est donc pré­co­ni­sée.

Quoi qu’il en soit, le mi­nis­tère du Lo­ge­ment et de l’Ega­li­té des Ter­ri­toires s’est en­ga­gé l’an der­nier avec l’Anah à fi­nan­cer l’adap­ta­tion de 15000 lo­ge­ments chaque an­née, pour un bud­get an­nuel de 47 mil­lions d’eu­ros. Cette en­ve­loppe pour­rait

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