Tous ad­dicts !

Cy­ber­sexe, ob­ses­sion du sport ou des jeux vi­déo, consom­ma­tion ex­trême de sé­ries té­lé, il n’y a pas que les drogues dures et autres dé­pen­dances toxi­co­lo­giques. Notre so­cié­té a fa­bri­qué de nou­velles ad­dic­tions, dont les plus dou­lou­reuses sont au­jourd’hui tr

L'Obs - - Sommaire - par Anne Cri­gnon pho­tos : em­ma­nuel pierrot

On ne voit que lui en entrant dans cette salle d’at­tente aux murs verts. Un jeune homme d’une mai­greur d’échas­sier fra­gile, avec un hé­ma­tome sur sa joue pâle. Hier il s’est frap­pé. Au­jourd’hui c’est une psy­cho­logue spé­cia­liste de l’ad­dic­tion sexuelle qu’il vou­drait voir. Mais la co­lère contre lui-même vient de loin. Il vit de­puis l’en­fance dans un en­fer­me­ment in­té­rieur dont il ne sort que par l’hé­roïne, qui lève pour quelques heures ses in­hi­bi­tions, ses com­plexes, son mal-être. « Les ad­dic­tions, c’est émo­tion­nel, dit-il. Quand tu es pré­dis

po­séàune, tu es pré­dis­po­sé à toutes. » Deux hommes d’al­lure clas­sique d’une qua­ran­taine d’an­nées at­tendent aus­si. L’un lit « les Echos », l’autre un rap­port d’ac­ti­vi­té sor­ti d’un car­table en cuir ha­vane. Pos­si­ble­ment tous deux ici pour une cy­be­rad­dic­tion, autre spé­cia­li­té de Mar­mot­tan dans le cadre ha­bi­tuel de consul­ta­tions ano­nymes et gra­tuites – il n’y a que des pré­noms sur les livres de ren­dez-vous des mé­de­cins. Une créa­ture ta­touée en leg­ging rose entre en ti­tu­bant, se sert un ca­fé, taxe une clope, sort, re­vient, re­part. D’autres vi­si­teurs sont ar­ri­vés, mais plus dis­crè­te­ment. En face, dans les toi­lettes, un toxi­co qui par­tait en vrille dans le cou­loir vient d’éta­ler à pleines mains sa merde sur les murs. La porte est ou­verte, l’odeur sans am­bi­guï­té. Mais, dans la salle d’at­tente, au­cune pro­tes­ta­tion. Pas de pe­tite phrase ou­trée, pas de re­gards condes­cen­dants. Comme si la dé­tresse qui mène des gens chics jus­qu’à Mar­mot­tan les ren­dait in­dul­gents.

Ou­vert à l’été 1971 par un Nar­cisse vi­sion­naire et cha­ris­ma­tique nom­mé Claude Olie­ven­stein, l’hô­pi­tal Mar­mot­tan dé­vo­lu de­puis un de­mi-siècle aux drogues dures et à la dou­leur du su­jet en voie de dés­in­toxi­ca­tion a beau­coup évo­lué. Le centre est tou­jours au coeur des beaux quar­tiers pa­ri­siens dans cet immeuble de briques rouges de trois étages où craquent le par­quet et d’étroits es­ca­liers de bois. C’est ici même que se po­saient dé­jà toutes les ca­mé­ras, après la pa­ru­tion en 1977 d’« Il n’y a pas de dro­gués heu­reux », le livre d’Olie­ven­stein. Ici même que dé­sor­mais s’éla­bore une ré­flexion de ré­fé­rence sur ce mal mo­derne qu’on appelle « ad­dic­tion ». Et sur la fa­çon d’y ré­pondre au mieux, mal­gré un sa­voir en­core fra­gile. In­ter­net n’a « que » vingt ans. Or c’est bien cet ou­til, consi­dé­ré par cer­tains his­to­riens de la drogue comme un évé­ne­ment aus­si im­por­tant que l’in­ven­tion de la se­ringue (on peut être sous per­fu­sion d’écrans), qui a exa­cer­bé ces pa­tho­lo­gies mo­dernes : ad­dic­tion au sexe, ad­dic­tion au jeu. La po­si­tion scien­ti­fique d’at­tente ne doit pas conduire à l’abs­ten­tion thé­ra­peu­tique ; alors, à Mar­mot­tan, on s’est lan­cé. Ivan, ap­pe­lons-le comme ça, ra­conte comment il a « bas

cu­lé dans l’hor­reur » en quelques mois. Du jour au len­de­main, il s’est mis à pa­rier sur les courses de che­vaux. De plus

en plus souvent, de plus en plus d’ar­gent, si­gnant dans les PMU des di­zaines et des di­zaines de chèques d’un mon­tant exor­bi­tant. « Il fal­lait ab­so­lu­ment que je sois au ca­fé pour suivre les courses, en­man­quer uneme ren­dait iras­cible. C’est une époque où j’ai eu l’im­pres­sion de n’être plus le

même. » Avec l’adré­na­line, il était hors du temps, dans un ou­bli de soi et de tout qui a fi­ni par dé­vas­ter sa vie. Il est ar­ri­vé ici il y a quatre ans, après in­ven­taire du dé­sastre : plus de 300 000 eu­ros di­la­pi­dés, la banque à ses trousses, sa vie de fa­mille fou­tue en l’air. Sa femme l’a sou­te­nu pour­tant, jus­qu’à épui­se­ment. A la fin, elle a dres­sé la liste de tous les chèques, in­ter­mi­nable, sur des di­zaines de feuilles rouges, dans l’es­poir de pro­vo­quer le dé­clic sal­va­teur. Et, un soir, elle ne l’a plus lais­sé en­trer. Après quelques jours à dor­mir dans l’es­ca­lier de l’immeuble sous l’oeil mé­du­sé du voi­si­nage, il est par­ti. A la rue. Avant d’échouer à Mar­mot­tan, com­plè­te­ment déses­pé­ré, de plus en plus

dé­pas­sé par sa com­pul­sion. « Perte de la li­ber­té de s’abs­te­nir. » Telle est la dé­fi­ni­tion de l’ad­dic­tion, avec ou sans sub­stance, for­mu­lée en 1951 par le pion­nier de l’al­coo­lo­gie Pierre Fou­quet, et tou­jours consi­dé­rée en 2014 comme la plus per­ti­nente. « L’ad­dic­tion est une­ma­la­diedes émo­tions­qui touche sou­ventdes hy­per­sen­sibles. S’en­dé­faire, c’es­taf­fron­ter ses sen­ti­ments, ses­peurs », ex­plique

Alain Lang, « ac­cueillant » à Mar­mot­tan de­puis vingt ans, l’au­ra d’un Car­ra­dine dans « les Rai­sins de la co­lère » de John Ford. Il s’au­to­rise par­fois à dire au cours d’un en­tre­tien avec un dé­pen­dant trop mal­heu­reux: « Je parle votre lan­gage. A un mo­ment j’ai été moi-même amou­reux d’un pro­duit jus­qu’à re­non­cer à tout le

reste. » Il y a du pa­nache dans cette fa­çon de soi­gner les gens.

Et c’est ain­si que, peu à peu, Ivan a ap­pris ici à ne plus « pro­vo­quer le des

tin », comme di­sait Dos­toïevs­ki de son Joueur. Mais tout en res­tant sur ses gardes, car un « cy­ber­sen­sible » pré­sen­te­rait une fra­gi­li­té à vie (voir l’ar­ti­clede Fabien Gru­hier, p. 78). Pour tout

« ad­dict », la pos­si­bi­li­té d’une re­chute de­meure, com­me­pourles « vrais » toxi­cos, éga­le­ment sui­vis à Mar­mot­tan à l’aide de pro­duits de sub­sti­tu­tion, mé­tha­done ou Su­bu­tex, au­to­ri­sés de­puis 1996. Ces der­niers re­gardent sans tou­jours bien les com­prendre ces drôles d’oi­seaux souvent très clean, ca­més sans pro­duit. « J’en­ai connuun à la dé­croche, ra­conte un “sub­sti­tué”.

En­fait, ils sont aus­si mal que nous. » La « dé­croche », c’est le sé­jour en se­vrage hos­pi­ta­lier. Un ser­vice de douze lits. Sept ou huit joueurs y sont ac­cueillis cha­quean­née. Ilye­na­vai­tun, pri­véde pa­ris, lors du lan­ce­ment de la Coupe du Monde de Football, « de­vant la­té­lé, les yeux com­medes or­bites de dé­fon­cé rien qu’àre­gar­der le­match ».

Sous l’em­prise du jeu

Etran­ge­ment, ce n’est pasMar­mot­tan qui est al­lé cher­cher les joueurs. Ce sont eux qui en ont for­cé la porte en 1997. Cet­tean­née-là, MarcVal­leur, psy­chiatre de lamai­son et théo­ri­cien fas­ci­né par les conduites or­da­liques, consis­tant à faire de sa vie une par­tie de roulette russe, pu­blieun « Que saisje ? » sur le jeu pa­tho­lo­gique. Des gens ap­pellent et me­nacent de « se­fou­treen l’air » si onne les aide pas. Mar­mot­tan est contraint d’im­pro­vi­ser. Le­pre­mier joueur que re­çoit le doc­teur Val­leur, qui suc­cé­de­ra en2001 à « Olive » – comme on a tou­jours ap­pe­lé Olie­ven­stein à Mar­mot­tan – à la tête de l’ins­ti­tu­tion, est un chauf­feur rou­tier in­ter­dit de ca­si­no en France qui se ruine dans toutes les salles d’Eu­rope. Dès lors, l’hô­pi­tal s’ouvre aux ad­dic­tions sans pro­duit : les jeux d’ar­gent et de ha­sard, que ce soit au PMU ou on­line, mais aus­si les jeux vi­déo, dont on com­mence alors à voir àquel­point ils sont chro­no­phages et ad­dic­to­gènes. Et à quel point ils sont conçus comme tels dans le cadre de plans­mar­ke­ting dia­bo­liques.

Pour cer­tains « cy­be­rad­dicts » de 20 ans, la vi­site à Mar­mot­tan est au­jourd’hui l’unique sor­tie de la se­maine. Quelques-uns vi­vaient cloî­trés de­puis deux ans, leur vie in­té­rieure co­lo­ni­sée par l’écran. Plus de re­la­tions so­ciales réelles, pas d’amis, plus d’hy­giène, à peine si on­mange àmi­di. Ils sont la « proie d’une pos­ses­sion, avec ce que l’ex­pé­rience pré­sente de dé­per­son­na­li­sant », comme l’a écrit Marc Val­leur (1). Les jeunes gens sous em­prise de c enir­va­na nu­mé­riques ont par­fois re­çus dans la bi­blio­thèque, au troi­siè­meé­tage, oùs’alignent, dansdes vi­trines san­sâge, les plus fins ou­vrages de psy­cha­na­lyse, de psy­chia­trie, d’an­ti­psy­chia­trie bien sûr, et­de­psy­cho­lo­gie so­ciale pa­rus ces cin­quante der­nières an­nées. Et les livres contem­po­rains sur la cy­be­rad­dic­tion. Toutes les re­cher- ches et nou­velles hy­po­thèses sont dis­cu­tées par l’équipe, comme par exemple les tra­vaux de l’ins­ti­tut uni­ver­si­taire sur les dé­pen­dances Dol­lardCor­mier à Mon­tréal, qui a réa­li­sé en 2012 un rap­port pré­cieux sur l’état des connaissances, cette « ma­nière ra­di­ca­le­ment dif­fé­rente, pa­tho­lo­gique d’être au­monde, écrivent le­sau­teurs. La­per---

sonne cy­ber­dé­pen­dante a dé­ve­lop­pé un sys­tème de re­pré­sen­ta­tion par­ti­cu­lier lié à sa re­la­tion à in­ter­net, à la fois en­va­his­sant et to­ta­li­taire ».

Le risque aug­mente avec les MMORPG (Mas­sive Mul­ti­player On­line Role-Playing Games), comme World of War­craft (WoW), de voir se « dis­soudre la vie per­son­nelle de cer­tains in­di­vi

dus » : du fait de la fas­ci­na­tion sus­ci­tée par ces jeux où s’agrègent a mi­ni­ma une cen­taine de joueurs, et de la construc­tion d’ava­tars, les­quels offrent la pos­si­bi­li­té d’une vi­sion gran­diose de soi. Plus le nombre d’heures pas­sées en ligne est im­por­tant, plus l’ava­tar ac­quiert puis­sance, pres­tige et va­leur, d’où le po­ten­tiel ad­dic­to­gène. Pour au­tant, l’en­fant qui joue sans in­ter­rup­tion le week-end est le plus souvent dans une « simple » pas­sion. Con­trai­re­ment à l’idée re­çue, ce n’est pas le temps pas­sé qui ré­vèle l’ad­dic­tion, mais des cri­tères tels que le ra­len­tis­se­ment pro­gres­sif de tout contact avec son en­vi­ron­ne­ment, les men­songes pour mas­quer l’ob­ses­sion et, bien sûr, tou­jours elle, la perte de la li­ber­té de s’abs­te­nir. On ne me­sure pas en­core l’im­pact de ces nou­velles pra­tiques sur le rap­port à la réa­li­té. Les Qué­bé­cois mettent tou­te­fois en garde contre les pro­jec­tions alar­mistes : que les opi­nions ne prennent pas le pas sur la réa­li­té et rendent le web res­pon­sable de toutes les dé­mis­sions de nos so­cié­tés mo­dernes.

Quoi qu’il en soit, le cy­be­rad­dict por­té sur la por­no­gra­phie qui se mas­turbe cinq fois par jour de­vant des so­do­mies trou­ve­ra en la per­sonne d’Irène Co­di­na une in­ter­lo­cu­trice so­lide. C’est une pe­tite dame d’ex­pé­rience, vive et dé­li­cate, qui parle en pe­sant chaque mot.

L’ad­dic­tion sexuelle n’est pas une per­ver­sion et touche aus­si bien des cadres sous une pres­sion qui ont be­soin de dé­char­ger, au sens tri­vial du terme, que des gens ex­po­sés trop tôt à la por­no­gra­phie – nombre d’en­fants na­viguent dès 9 ou 10 ans ré­gu­liè­re­ment dans ce monde po­ten­tiel­le­ment très per­tur­bant pour l’es­prit en­fan­tin, avec en toile de fond souvent un so­lide dé­ni pa­ren­tal (2). Irène Co­di­na non plus n’a pas choi­si. Elle of­fi­ciait à Mar­mot­tan comme spé­cia­liste des ad­dicts aux jeux vi­déo. C’est à ce titre que sont ve­nus à elle les pre­miers re­pen­tis de la cy­ber­por­no­gra­phie. « Il y en a eu cinq ou six comme ça, on était bien em­bê­tés car on n’y avait ja­mais pen­sé. Comme d’ailleurs per­sonne en­core en France à ma connais­sance. »

“Plus un homme, une bête”

De­puis l’ou­ver­ture de la consul­ta­tion, à l’au­tomne 2006, elle a re­çu près de 300 hommes ai­man­tés par les sites por­nos et les sites de ren­contres ra­pides. Le plus souvent entre 20 et 45 ans, ai­sés so­cia­le­ment, ma­riés, ac­tifs sexuel­le­ment, avec leur femme ou d’autres, dé­goû­tés d’eux-mêmes au point par­fois de ne plus oser re­gar­der leurs en­fants dans les yeux. Et souvent très en co­lère contre eux-mêmes. « Je suis un connard », « plus un homme, mais une bête » sont les au­to­cri­tiques cou­rantes lors des pre­miers en­tre­tiens. « Je leur ex­plique que l’ad­dic­tion est un pro­ces­sus long et com­plexe et qu’il est rare de s’en sor­tir une fois pour toutes. Qu’il y au­ra des dé­via­tions. Je les aide à de­ve­nir de plus en plus sen­sibles aux fac­teurs qui pourraient pré­ci­pi­ter un re­tour en ar­rière afin qu’ils soient ar­més pour faire face aux mo­ments dif­fi­ciles. » Avec le temps, Irène a mis au point sa propre mé­thode dite « des 3 E ». « En­nui », « émo­tion », « ex­cès de confiance » sont les trois états de na­ture à re­lan­cer la com­pul­sion. A cer­tains, elle sug­gère de sur­croît l’utilisation d’un logiciel de contrôle, à d’autres elle pro­pose de te­nir un jour­nal, à d’autres en­core de lire des ou­vrages sur la ques­tion ou de voir le psy­chiatre pour pas­ser quelques se­maines sous an­xio­ly­tiques : « L’es­sen­tiel, c’est la re­la­tion. » Presque une se­conde na­ture ici, l’ap­ti­tude de cha­cun à s’adap­ter à ce qu’il y a d’unique chez son in­ter­lo­cu­teur.

« Al­ler sur des sites, même très souvent, n’est pas une ad­dic­tion en soi. Ce­la pose pro­blème uni­que­ment à par­tir du mo­ment où la per­sonne en souffre », ex­plique Mu­riel Meh­daoui, sexo­logue en ville et deux jours par se­maine à Mar­mot­tan. Les de­mandes de ren­dez­vous ont été plus nom­breuses au len­de­main de l’af­faire Strauss-Kahn, bien des « sex ad­dicts » s’in­quié­tant d’être in­car­nés aux yeux du pu­blic par un homme ac­cu­sé d’avoir vio­lé. « C’est la souf­france qui nous amène à par­ler d’ad­dic­tion. Ça de­vient un pro­blème le jour où tu te ré­veilles avec en tête le mo­ment où tu vas en­fin pou­voir al­ler sur le site. Quand une vie com­mence à ne plus tour­ner qu’au­tour de ce­la en somme, pour­suit-elle. Les ad­dicts sexuels sont ex­trê­me­ment sem­blables aux toxi­cos. Ils ont be­soin de leur dose. Ils ne peuvent plus gé­rer. Ils viennent ici pour ar­rê­ter. » On ne leur pro­met pas ça, et on dé­dra­ma­tise. On cherche avec eux « comment amé­lio­rer leur qua­li­té de vie », sans ja­mais oublier le « cli­mat de guerre ci­vile in­té­rieure » du dés­in­toxi­qué dé­crit par Olie­ven­stein.

L’ar­ri­vée des « sla­meurs » de­puis cinq ou six ans a fa­vo­ri­sé la po­ly­ad­dic­tion, qui ag­grave une dé­pen­dance com­por­te­men­tale par une dé­pen­dance avec pro­duit… et l’in­verse. Les sla­meurs sont ces consom­ma­teurs de ca­thi­none, un dé­ri­vé du qat mâ­ché au Yé­men pour ses pro­prié­tés sti­mu­lantes. Ce puis­sant ex­ci­tant-dés­in­hi­bant pri­sé dans les soi­rées ho­mo­sexuelles aug­mente le plai­sir, ra­di­ca­lise les pra­tiques. Ceux qui ar­rivent à Mar­mot­tan se piquent de ma­nière com­pul­sive. Un homme d’une soixan­taine d’an­nées ve­nu consul­ter quelques mois a été re­trou­vé mort dans sa salle de bains, une se­ringue dans le bras, une autre dans le sexe.

De tout ce­la, on parle le ma­tin dans le « bu­reau d’Olive » de­ve­nu la salle de réu­nion – on ob­serve à Mar­mot­tan une forte ad­dic­tion à Olie­ven­stein. Marc Val­leur écoute ses troupes, as­sis sur ses jambes re­pliées, per­ché lui aus­si, mais sur son siège. Pas comme un échas­sier, mais comme un oi­seau tout de même, vif et scru­ta­teur. (1) « Les Pa­tho­lo­gies de l’ex­cès », par Marc Val­leur et Jean-Claude Ma­ty­siak, JC Lat­tès, 2006. (2) « Les Sex Ad­dicts. Quand le sexe de­vient une drogue dure », Flo­rence San­dis et Jean-Be­noît Du­mon­teix, Hors Col­lec­tion, 2012.

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