Un Fran­çais à la tête de Ro­land Berger

L'Obs - - Téléphones Rouges - So­phie Fay

Le ca­bi­net de con­seil al­le­mand Ro­land Berger est à l’Eu­rope ce que McKin­sey est aux Etats-Unis: l’en­droit où l’on concocte la stra­té­gie des grands groupes, où l’on aide les PDG à prendre leurs dé­ci­sions. Ro­land Berger, son fon­da­teur, a l’oreille de la chan­ce­lière et des di­ri­geants de l’in­dice DAX. Mais le groupe se dé­ve­loppe de plus en plus hors d’Al­le­magne. Ré­sul­tat, lors de leur der­nière as­sem­blée, ses as­so­ciés ont élu à leur tête un non-Al­le­mand: Charles-Edouard Bouée, 45 ans. Il se­ra le deuxième Fran­çais à la tête d’une grosse en­tre­prise al­le­mande, après Alain Ca­par­ros, pa­tron du groupe de dis­tri­bu­tion Rewe. Pour s’im­po­ser à Mu­nich, ce di­plô­mé de Cen­trale et de Har­vard a fait un dé­tour par la Chine. Il y a créé le bu­reau de Ro­land Berger où il a dé­ve­lop­pé en quelques an­nées une belle clien­tèle de pa­trons chi­nois. De cette ex­pé­rience, Charles-Edouard Bouée a ti­ré un concept: « la glo-si­ni­sa­tion du monde » et un livre. Les nou­veaux concepts, adap­tés à la stra­té­gie d’en­tre­prise, c’est son da­da. Il a sen­si­bi­li­sé le CAC 40 au « VUCA », « un acro­nyme in­ven­té par l’ar­mée amé­ri­caine, qui si­gni­fie “vul­né­ra­bi­li­té, in­cer­ti­tude, com­plexi­té et am­bigüi­té”, qui ré­sume par­fai­te­ment l’éco­no­mie au­jourd’hui », ex­plique-t-il. Il en a fait un best-sel­ler en an­glais « Light Footprint ma­na­ge­ment ». Il es­père que sa no­mi­na­tion se­ra per­çue comme un signe du ren­for­ce­ment de la co­opé­ra­tion fran­co-al­le­mande, un su­jet qu’il dé­fen­dra à Ber­lin le 9 juillet de­vant les Me­def des deux pays.

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