Avoir le pop­pers à l’oeil

L'Obs - - Téléphones Rouges - Sté­phane Des­mi­chelle

Jeune homme de 30 ans, au­cun an­té­cé­dent oph­tal­mo­lo­gique, pré­sente une perte de la vi­sion cen­trale des deux yeux suite à la consom­ma­tion de pop­pers. Voi­ci un cas ré­cent ob­ser­vé par des mé­de­cins bri­tan­niques (1). Ap­pa­ru à la fin des an­nées 1970, le pop­pers, qui di­late les vais­seaux san­guins, est de plus en plus pri­sé chez les jeunes pour ses pro­prié­tés psy­choac­tives. L’utilisation pré­co­ni­sée est de lais­ser le fla­con ou­vert dans une pièce pour que les va­peurs se dif­fusent. Mais, en pra­tique, l’usage ré­créa­tif consiste à re­ni­fler di­rec­te­ment le fla­con. Suite à un chan­ge­ment de lé­gis­la­tion en 2006, son prin­ci­pal in­gré­dient, le ni­trite de bu­tyle, a été rem­pla­cé par du ni­trite de pro­pyle. De­puis, les pro­blèmes vi­suels ren­con­trés aug­mentent : in­to­lé­rance à la lu­mière, point lu­mi­neux, mais sur­tout perte de vi­sion. L’équipe de Mi­chel Paques de l’hô­pi­tal des Quinze-Vingts (Pa­ris) avait dé­jà dé­crit ce symp­tôme chez cinq pa­tients (2). « Le phé­no­mène se­rait ré­ver­sible car des amé­lio­ra­tions ont été ob­ser­vées après l’ar­rêt de la consom­ma­tion. Mais ce­la peut prendre plu­sieurs mois », ex­plique le Pr Paques. Il y a clai­re­ment une re­la­tion de cause à ef­fet. L’agence na­tio­nale de sé­cu­ri­té des pro­duits de san­té (ANSM) « envisage de faire un

rap­pel des risques via une com­mu­ni­ca­tion ». (1) « The Lan­cet », juin 2014 (2) « The New En­gland Jour­nal of Me­di­cine », 2010

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.