Julian As­sange dé­file à l’an­glaise

L'Obs - - Téléphones Rouges - Ma­rie Va­ton

Peut-on être une icône de mode quand on a échoué à chan­ger le monde ? Pour Julian As­sange, la ré­ponse est oui. L’ex-fon­da­teur de Wi­kileaks se voyait dé­jà en cy­ber­punk du contre-es­pion­nage, chantre ab­so­lu de la li­ber­té d’ex­pres­sion mon­diale. Las. Après ses déboires avec la jus­tice, il a bien ten­té d’être ani­ma­teur de talk-show à la té­lé­vi­sion russe, puis sé­na­teur aus­tra­lien. Mais rien n’a mar­ché. Il peut dé­sor­mais se conso­ler : voi­là qu’on lui pro­pose de de­ve­nir man­ne­quin. L’offre est très sé­rieuse. Elle pro­vient du sty­liste Ben Wets­wood, le fils de Dame Vi­vienne, la très vé­né­rable pun­kette de la mode. « Julian As­sange est un hé­ros po­pu­laire qui a beau­coup contri­bué à chan­ger l’opi­nion pu­blique, a-t-il dé­cla­ré, avant d’ajou­ter, prag­ma­tique : Il n’y a pas mieux que lui pour por­ter ma col­lec­tion. C’est un très bel homme. » Le dé­fi­lé, pré­vu pour la fa­shion week de Londres, au­ra lieu en sep­tembre sous les do­rures de l’am­bas­sade de l’Equateur. C’est là qu’As­sange s’est ré­fu­gié de­puis deux ans pour évi­ter une ex­tra­di­tion vers la Suède, où il est pour­sui­vi pour viols et agres­sions sexuelles. S’il ac­cepte cette offre, la nou­velle égé­rie dé­fi­le­ra en te­nue de cow-boy en ca­bale sur la bande-son du film « le Bon, la Brute et le Truand ». Pas sûr que cette pres­ta­tion suf­fise à faire oublier les 15 000 livres (en­vi­ron 19 000 eu­ros) que sa sur­veillance coûte chaque jour aux su­jets de Sa Ma­jes­té.

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