PAUL AUS­TER, MODE D’EM­PLOI

L'Obs - - Livres -

« A cette époque, ta si­tua­tion était la sui­vante : Etats-Unis du mi­lieu du siècle ; un père et une mère ; tri­cycles, bi­cy­clettes et pe­tits cha­riots ; postes de ra­dio, té­lé­vi­seurs en noir et blanc ; voi­tures à boîte de vi­tesses ma­nuelle ; deux pe­tits ap­par­te­ments, puis une mai­son de ban­lieue ; san­té fra­gile au dé­part, puis ro­bus­tesse de gar­çon normal. » Il y a aus­si le sport, Bet­ty Boop, les wes­terns à pe­tit bud­get des an­nées 1930 et les écu­reuils dont Paul Aus­ter se sou­vient avoir ad­mi­ré, étant jeune, l’in­croyable vé­lo­ci­té. Qu’est-ce qui fait de vous un homme, et plus par­ti­cu­liè­re­ment un écri­vain ? C’est la ques­tion à la­quelle le plus fran­çais des au­teurs amé­ri­cains tente de ré­pondre dans le se­cond vo­let de son au­to­bio­gra­phie, après « Chro­nique d’hi­ver ». Les lec­tures im­por­tantes, les pre­miers écrits (per­dus pour la plu­part), les films qui marquent à ja­mais (« la Guerre des mondes », « l’Homme qui ré­tré­cit »), le pro­fes­seur d’an­glais qui ac­cuse Paul, à 12 ans, de tri­cher, la dé­cou­verte de la France, les an­nées à Co­lum­bia Uni­ver­si­ty et l’écri­ture « illi­sible » de la jeu­nesse, les tra­vaux ali­men­taires et la tra­duc­tion, la vie conju­gale aus­si (avec sa pre­mière épouse, l’écri­vain Ly­dia Da­vis) : on di­rait que Paul Aus­ter, au seuil de vieillir, s’est obli­gé à mar­quer une pause, pour en­tre­prendre ce voyage, pas­sion­nant, au centre de sa vie d’écri­vain. Ex­cur­sions dans la zone in­té­rieure, par Paul Aus­ter, tra­duit de l’amé­ri­cain par Pierre Fur­lan, Actes Sud, 370 p., 23 eu­ros.

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