Fans de ni­co­laaas !

Les fi­dèles de l’ex-pré­sident s’or­ga­nisent pour ré­sis­ter à ceux qui l’en­terrent

L'Obs - - Politique - Maël Thier­ry

L’idole n’est pas là, mais la seule évo­ca­tion de son nom suf­fit pour dé­clen­cher des salves de « Ni­co­las, Ni­co­las! » et à mettre en transe les mi­li­tants. Sur les tables, les éti­quettes des bou­teilles de vin af­fichent des ci­ta­tions du grand homme. A l’ex­té­rieur du cha­pi­teau, un mur de sou­tien est cou­vert de « Ni­co­las on t’at­tend », et les pla­teaux dé­bordent de chou­quettes, les frian­dises pré­fé­rées de l’ex-pré­sident. Pour sa deuxième édi­tion, la Fête de la Vio­lette, or­ga­ni­sée en So­logne par le jeune tan­dem mé­dia­tique et ul­tra-sar­ko­zyste Guillaume Pel­tier et Geof­froy Di­dier, n’a rien né­gli­gé pour

en­tre­te­nir le culte du chef au­près de mi­li­tants plus im­pa­tients que ja­mais. A la tribune, ce 5 juillet, c’est Brice Hor­te­feux, l’ « ami de­puis trente-huit

ans » du guide su­prême, ce qui vaut ici tous les titres de gloire, qui dé­livre la bonne parole: « Le temps de sa dé­ci­sion

ap­proche. […] Il ne re­nonce ja­mais. »

« Nous ne sommes pas sec­taires » , pré­cise dans son dis­cours Geof­froy Di­dier. Sage pré­cau­tion: pour le non-ini­tié, la messe a presque des airs de ras­sem­ble­ment de l’Ordre du Temple so­laire. Au pays de Sar­ko­zy, il y a des en­ne­mis – une par­tie de la presse, les juges syn­di­qués, les syn­di­cats tout court. Et il n’y a pas d’af­faires, de Ka­ra­chi, de Byg­ma­lion, ni de soup­çon de tra­fic d’in­fluence. Mais un Ni­co­las « per­sé­cu­té » que les so­cia­listes ter­ro­ri­sés ou des

« ba­ronsUMP » veulent em­pê­cher par tous les moyens de re­ve­nir.

La sar­ko­zie, vil­lage as­sié­gé? Au sein de la ma­chine UMP, les amis de l’ex­chef de l’Etat ont per­du du ter­rain. Au point que le neu­vième étage du siège, qui ac­cueille les bu­reaux d’Hor­te­feux et de Geof­froy Di­dier, au-des­sus de ceux du trium­vi­rat Raf­fa­rin-Jup­pé-Fillon, est dé­sor­mais sur­nom­mé « la zone libre ». Mais le re­trai­té de la rue de Mi­ro­mes­nil dis­pose tou­jours de deux co­mi­tés de sou­tien per­ma­nents dans sa fa­mille : le cou­rant de la Droite forte et l’as­so­cia­tion des Amis de Ni­co­las Sar­ko­zy. Pour ceux-là, au pre­mier rang des­quels Da­ti et Hor­te­feux, faus­se­ment ré­con­ci­liés pour la bonne cause, la Fête de la Vio­lette a été une nou­velle dé­mons­tra­tion des pou­voirs sur­na­tu­rels de leur cham­pion: quel autre té­nor à droite peut ras­sem­bler au­jourd’hui plus de 2000 mi­li­tants et dé­clen­cher une telle fer­veur sans même être pré­sent? Au­cun, disent-ils, et cer­tai­ne­ment pas Jup­pé ni Fillon! Ces images de mi­li­tants dé­chaî­nés sont, se­lon Di­dier, la meilleure ré­ponse aux « té­nors aux ego bour­sou­flés qui veulent bar­rer la route à Sar­ko­zy, mais ne re­pré­sentent pas grand­monde » . Elles sont aus­si la ga­ran­tie qu’à la ren­trée un peuple mi­li­tant est prêt à se le­ver si le Mes­sie re­vient. Pour Sar­ko­zy, la Droite forte et ses pro­po­si­tions très droi­tières ont un autre in­té­rêt : « faire le job » au­près de mi­li­tants sé­duits par ce dis­cours, alors que lui au­ra sans doute à coeur de ras­sem­bler plus lar­ge­ment. Quitte, comme le lui conseillent cer­tains vi­si­teurs, à prendre ses dis­tances avec ses plus fi­dèles sou­tiens, par­mi les­quels des fi­gures de­ve­nues en­com­brantes comme les Bal­ka­ny ou Claude Guéant? Un ami le pré­dit : « Ni­co­lasne res­te­ra pas sur les sar­ko­zystes historiques, il ne faut pas d’in­ter­mé­diaire entre lui et le peuple. Ils’ ap­puie­ra sur des gens re­pré­sen­ta­tifs du ter­rain qui montrent que le sar­ko­zysme c’est l’ave­nir. Il fau­dra dis­soudre l’as­so­cia­tion des Amis de Sar­ko­zy, il n’y au­ra pas de pri­vi­lé­giés. » Voi­là les dis­ciples pré­ve­nus!

A la Fête de la­Vio­lette, le 5 juillet à La Fer­téIm­bault, un­mur de sou­tien à l’an­cien chef de l’Etat

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