Léo­pold Sé­dar Sen­ghor (1906-2001), le ti­railleur

L'Obs - - Dossier - « Un maquis d’an­ti­fas­cistes al­le­mands en France (1942-1944) ». Nou­velles Presses du Languedoc.

Né à Joal, au Sé­né­gal, Léo­pold Sé­dar Sen­ghor (ci­des­sous en 1966), poète, écri­vain et homme po­li­tique, sert dans les ti­railleurs sé­né­ga­lais pen­dant la Se­conde Guerre mon­diale. Af­fec­té au 31e ré­gi­ment d’in­fan­te­rie co­lo­niale (RIC), il com­bat sur la Loire pen­dant la ba­taille de France. Il est fait pri­son­nier près de Bourges, le 20juin 1940, deux jours avant l’ar­mis­tice, et au­rait été fu­sillé avec son uni­té par les Al­le­mands si un of­fi­cier fran­çais n’était pas in­ter­ve­nu. Pen­dant ses vingt mois de cap­ti­vi­té dans les Fronts­ta­lags, de juin 1940 à fé­vrier 1942, Léo­pold Sé­dar Sen­ghor écrit des poèmes, qui se­ront pu­bliés en 1948 dans le re­cueil « Hos­ties noires ». Il de­vien­dra le pre­mier pré­sident du Sé­né­gal in­dé­pen­dant en sep­tembre 1960. trou­vé asile. Par mi­racle, Kühne réus­sit à pas­ser à tra­vers les mailles du fi­let et on le re­trouve, au dé­but de l’Oc­cu­pa­tion, af­fec­té au travail fo­res­tier, dans des camps de travail mis en place par Vi­chy en Lozère. Fin 1943, il est dans les Cé­vennes, membre di­ri­geant de la bri­gade Mon­taigne, un groupe d’une cin­quan­taine de ma­qui­sards, presque tous al­le­mands. Ils sont ins­tal­lés dans des fermes iso­lées et sou­te­nus par une large par­tie de la po­pu­la­tion de ses vil­lages pro­tes­tants, où l’on se sou­vient sans doute que l’Al­le­magne fut, au temps des per­sé­cu­tions, une terre de re­fuge. Ils vivent la vie des maquis, avec les coups de main, les at­taques, les morts et la vic­toire fi­nale, qui est aus­si la leur. Kühne, avec ses sol­dats al­le­mands, est à Nîmes, au mo­ment de la li­bé­ra­tion de la ville. L’homme qui hisse à nou­veau le dra­peau tri­co­lore sur la mai­rie est un sar­rois. Les SS qui cherchent à fuir sont fran­çais.

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