Se­conde Guerre mon­diale : de l’art de ré­sis­ter

L'Obs - - Dossier - D. B.

« Pa­ris est le seul en­droit du monde oùl’on peut peindre li­bre­ment », di­sait Ni­co­las de Staël. En 1939, Pa­ris est tou­jours, et plus que ja­mais, cette ville qui at­tire les ar­tistes du monde en­tier. A la dé­cla­ra­tion de guerre, Ni­co­las de Staël ira donc se faire re­cru­ter à la Lé­gion étran­gère, et re­joint le centre de la Lé­gion à Si­di Bel Abbes, en Al­gé­rie. Comme le peintre Hans Har­tung: ce­lui-ci, an­ti­na­zi, certes, mais al­le­mand, donc sus­pect, s’était re­trou­vé in­ter­né dans un camp pen­dant trois mois à la dé­cla­ra­tion de guerre. Pas ran­cu­nier, il ira dès sa li­bé­ra­tion s’en­ga­ger à la Lé­gion étran­gère. La guerre, cette fois-ci, se­ra ex­press, avec la dé­mo­bi­li­sa­tion en 1940. Le com­bat sou­ter­rain conti­nue. Mais ailleurs. Le jeune avia­teur Ro­man Ka­cew, qui n’est pas en­core Ro­main Ga­ry, a re­joint Londres. Le Rou­main Tristan Tza­ra, membre du Par­ti com­mu­niste, est lui aus­si un ré­sis­tant de la pre­mière heure. Hans Har­tung, après sa dé­mo­bi­li­sa­tion, s’est ré­fu­gié dans le Lot, a fui en Espagne, a été in­ter­né en camp. Puis, il est re­par­ti éga­le­ment, tou­jours avec la Lé­gion étran­gère, com­battre en Afrique du Nord. Mé­daillé de la croix de guerre, il ga­gne­ra la na­tio­na­li­té fran­çaise en 1945.

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