Ber­trand-la-co­lère

L'Obs - - Politique -

— « Tu peux me dire pour­quoi tu as per­du? » Lorsque Xa­vier Ber­trand lui a po­sé LA ques­tion, lors d’un dé­jeu­ner, en jan­vier, Ni­co­las Sar­ko­zy s’est conten­té de lâ­cher: « On en

re­par­le­ra. » Et Ber­trand ra­conte à « l’Obs » que l’ex-pré­sident s’est dé­pê­ché de chan­ger de su­jet. Ex­cé­dé, l’an­cien mi­nistre du Travail avait ré­glé la note du dé­jeu­ner en ba­lan­çant à Sar­ko­zy, les yeux dans les yeux: « Je­ne­se­rai

plus ja­mais ton mi­nistre », ce qu’il s’était em­pres­sé de confier à « l’Ex­press ». De­puis quelques mois, Xa­vier Ber­trand est dé­chaî­né contre Ni­co­las Sar­ko­zy. Bien sûr, il trouve que la garde à vue de l’ex-chef de l’Etat était une pro­cé­dure « in­uti­le­ment

hu­mi­liante » et qu’une convo­ca­tion pour in­ter­ro­ga­toire au­rait suf­fi – « il n’al­lait pas

s’échap­per » . Mais il ne l’a pas dit de­vant une ca­mé­ra. Pour ne pas don­ner l’im­pres­sion de se dé­gon­fler, lui qui, le pre­mier, s’est dé­cla­ré can­di­dat à la pri­maire pré-pré­si­den­tielle de 2016. En pu­blic, pas de pi­tié. Cette sé­vé­ri­té vi­set-elle à le faire rat­tra­per Fran­çois Ba­roin ou Bru­no Le Maire, mieux co­tés que lui dans les son­dages? Pour­quoi tant de hargne? « Tout­ce­que­je­dis, je l’as­sume. Tous ceux­qui ex­pli­quentque je crache dans la soupe disent bien pire que moi en privé, no­tam­ment sur le com­por­te­ment [de Sar­ko­zy]. Pas­moi », ex­plique Ber­trand. Le dé­pu­té-maire de Saint-Quen­tin a souvent eu le sen­ti­ment d’être hu­mi­lié par Sar­ko­zy: pas un mot de re­mer­cie­ment alors qu’il s’était dé­voué pour di­ri­ger le par­ti en 2008 après le ma­gis­tère de Pa­trick De­ved­jian! Pen­dant la cam­pagne pré­si­den­tielle, on l’a te­nu à l’écart et fait com­prendre qu’il comp­tait pour du beurre. Alors… Lors de leur dé­jeu­ner de jan­vier, Ber­trand as­sure avoir fait une autre ten­ta­tive pour évo­quer, sur le fond, la ré­forme des re­traites, mais Sar­ko­zy avait es­qui­vé de nou­veau. Alors, Xa­vier Ber­trand a « com­pris » que Ni­co­las Sar­ko­zy ne ré­flé­chis­sait pas au

« re­dres­se­ment du pays » , mais qu’il vou­lait se conten­ter de jouer mé­ca­ni­que­ment de la fai­blesse de Hollande. Conclu­sion, en forme de condam­na­tion: « L’an­ti-hol­lan­disme, ce n’est pas un pro­jet. »

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