CH­RIS­TOPHE CA­RESCHE

Dé­pu­té de Pa­ris, Ch­ris­tophe Ca­resche fus­tige le conser­va­tisme des syn­di­cats et des fron­deurs

L'Obs - - Économie -

Le Nouvel Ob­ser­va­teur Chaises vides à la confé­rence so­ciale, mou­ve­ment des fron­deurs. Le pré­sident est at­ta­qué de toutes parts. A-t-il tout faux? Ch­ris­tophe Ca­resche C’est la gauche po­li­tique et syn­di­cale qui a un pro­blème ! Nous sommes face à des élus qui ne veulent pas prendre leurs res­pon­sa­bi­li­tés. La CGT, FO comme les fron­deurs sont dans le re­fus du com­pro­mis. Je re­con­nais, c’est vrai, que le Me­def fait de la sur­en­chère, mais ce n’est pas nou­veau! C’est une or­ga­ni­sa­tion très di­vi­sée, avec des in­té­rêts contra­dic­toires. Ce n’est pas une rai­son pour se ré­fu­gier, à gauche, dans le conser­va­tisme et le cor­po­ra­tisme. Ce ne sont pas mes mots, mais ceux em­ployés par Laurent Berger, le se­cré­taire gé­né­ral de la CFDT. Les ten­sions sont tout de même très fortes… C’est vrai que je n’ai ja­mais sen­ti une telle ten­sion entre la gauche ré­for­miste qu’in­carne Ma­nuel Valls et une ten­dance ra­di­cale qui veut re­ve­nir à un af­fron­te­ment clas­sique, classe contre classe. On sent une hos­ti­li­té à la po­li-

Ce gou­ver­ne­ment est prag­ma­tique et es­saie d’avoir une po­li­tique équi­li­brée.

tique de l’offre uni­que­ment parce qu’elle est fa­vo­rable aux pa­trons. Cer­tains amen­de­ments des fron­deurs étaient dé­li­rants, ré­vé­lant une dé­fiance ab­so­lue vis-à-vis de l’en­tre­prise et des pa­trons. Le ba­lan­cier n’est-il pas al­lé trop loin en fa­veur des en­tre­prises ?

Il y a un dé­bat sur le ca­li­brage de la po­li­tique éco­no­mique, entre offre, de­mande et ré­sorp­tion des dé­fi­cits. Mais le constat sur l’offre est glo­ba­le­ment par­ta­gé. Nous sommes d’ac­cord sur le fait que les marges des en­tre­prises se dé­gradent et qu’elles ne créent pas as­sez d’em­plois. Il faut agir sur ce point. Quant à la de­mande, je ré­cuse le fait que nous me­nions une po­li­tique d’aus­té­ri­té. Certes, nous de­man­dons des ef­forts aux Fran­çais. Mais l’aus­té­ri­té, c’est lorsque l’on baisse les sa­laires, que l’on ré­duit le nombre de fonc­tion­naires. Ce n’est pas ce que fait ce gou­ver­ne­ment. Il est prag­ma­tique et es­saie d’avoir une po­li­tique équi­li­brée. Dans le pro­jet de loi de fi­nances rec­ti­fi­ca­tive, nous avons pris des me­sures pour sou­te­nir la de­mande. Le pro­cès qui est fait est donc in­juste. Cette po­li­tique ne pêche-t-elle pas par l’ab­sence de ré­sul­tats po­si­tifs ? Le vrai pro­blème de la po­li­tique de l’offre que nous me­nons, c’est qu’elle ne suf­fi­ra pas. Il faut être en­core plus vo­lon­taire, ap­pro­fon­dir cer­taines ré­formes, comme celles du mar­ché du travail, des re­traites, de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle ou même de l’as­su­rance-chô­mage pour dé­blo­quer l’éco­no­mie. Le com­pro­mis syn­di­cal n’a pas per­mis d’al­ler as­sez loin jus­qu’à main­te­nant. Nous sommes dans un sys­tème mal­thu­sien par rap­port à l’em­ploi. Il faut en sor­tir et ne pas avoir peur de po­ser, par exemple, la ques­tion des seuils so­ciaux dans les en­tre­prises. Pro­po s re­cueill is par Sop hie Fay

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