Zig­zag à l’Ely­sée

L'Obs - - Économie -

Le pré­sident de la Ré­pu­blique se consi­dère comme un ex­pert en fis­ca­li­té. Dès la cam­pagne pré­si­den­tielle, il a pris toutes les dé­ci­sions en la ma­tière. A l’im­mense sur­prise de Jé­rôme Ca­hu­zac qui était alors son conseiller bud­gé­taire, Hollande a sor­ti de son cha­peau la taxe à 75% sur les sa­laires su­pé­rieurs à un mil­lion d’eu­ros. En­suite, tous les ar­bi­trages abou­tis­sant à une ag­gra­va­tion fis­cale ont été ren­dus par lui… Mais c’est aus­si le même pré­sident qui a an­non­cé, lors de sa confé­rence de presse du 14 jan­vier 2014, une baisse de co­ti­sa­tions et d’im­pôts pour les en­tre­prises.

Pro­blème : les ac­teurs éco­no­miques peinent à suivre. Les « pi­geons », des en­tre­pre­neurs du Net ul­tra­dé­ter­mi­nés, ont ain­si fait re­cu­ler l’ali­gne­ment de la fis­ca­li­té du ca­pi­tal sur celle du travail. Hollande n’a pas non plus vu ve­nir l’ef­fet boo­merang du gel du ba­rème de l’im­pôt sur le re­ve­nu vo­té sous Ni­co­las Sar­ko­zy. Il a lais­sé ses mi­nistres an­non­cer, en sep­tembre 2012, que seuls les mé­nages ai­sés fe­raient les frais des hausses d’im­pôt. Cruelle mé­prise ! 840 000 foyers mo­destes sont de­ve­nus im­po­sables au mo­ment même où le Con­seil consti­tu­tion­nel re­to­quait la taxe à 75%. De­vant le ras­le­bol fis­cal, le pou­voir a dû en­clen­cher la marche ar­rière. En sep­tembre, le pré­sident a dé­cré­té la pause fis­cale mais en né­gli­geant l’en­trée en vi­gueur de la hausse de TVA – elle aus­si vo­tée sous Sar­ko­zy et main­te­nue sous Hollande – du 1er jan­vier. Nou­velle dé­con­ve­nue… En deux ans, l’Ely­sée n’a évi­té au­cune des er­reurs qu’au­rait pu com­mettre un se­cré­taire d’Etat dé­bu­tant. Cet ama­teu­risme a fi­ni par pa­ra­ly­ser l’éco­no­mie aus­si sû­re­ment que les ef­forts de­man­dés aux agents éco­no­miques.

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