Per­sis­ter dans son être

Où l’on voit que c’est le se­cret d’un bon­heur confor­table

L'Obs - - L’enquête - D. D. T.

Qu’il soit le tout der­nier, qu’ils soient les an­ciens, nos pré­si­dents ne se refont pas. Il faut la mort pour les abattre, voyez Mit­ter­rand, voyez Pom­pi­dou, de Gaulle, Re­né Co­ty, Vincent Au­riol, ou le gâ­tisme, mais c’est ex­cep­tion­nel, voyez Chi­rac. Les autres per­sistent dans leur être, Fran­çois Hollande dans le pla­cide, Ni­co­las Sar­ko­zy dans l’agi­té, et Va­lé­ry Gis­card d’Es­taing dans le ri­di­cule qui est sa marque à lui. Ce n’est pas en vain qu’il se flatte de des­cendre de Louis XV par la cuisse gauche, il as­sume la gran­deur qu’il pense al­ler avec. Un pré­sident, comme aus­si ses mi­nistres, dé­core. C’est ce qu’ils réus­sissent le mieux. L’ex-prxé­sident ne peut plus dé­cer­ner de dé­co­ra­tions mais il peut en re­mettre les in­signes. Ain­si cette se­maine au­ra-t-on vu Va­lé­ry re­mettre à son fils Louis les in­signes de che­va­lier dans l’Ordre na­tio­nal du Mé­rite. Nous n’étions pas convié mais « le Figaro » nous en in­for­ma et ja­mais sans doute dis­tinc­tion ne fut-elle plus jus­te­ment confé­rée. La cé­ré­mo­nie se dé­rou­la aux In­va­lides. Pour­quoi les In­va­lides et pas la ga­le­rie des Glaces de Ver­sailles qui eût conve­nu da­van­tage à si noble fa­mille ? Sans doute se­ra-ce pour quand le fis­ton pas­se­ra of­fi­cier.

De­voirs de va­cances à l’usage du lec­teur des Lun­dis. Le dé­pu­té russe Vla­di­mir Ji­ri­novs­ki ré­clame que la Banque de Rus­sie couvre d’une feuille de vigne la vi­ri­li­té de l’Apol­lon qui orne le billet de cent roubles. Les au­to­ri­tés du Ne­bras­ka de­mandent aux dé­te­nus li­bé­rés par suite d’une er­reur ad­mi­nis­tra­tive de re­ga­gner au plus vite leurs cel­lules. Ré­di­gez la lettre du dé­pu­té russe et celle des au­to­ri­tés pé­ni­ten­tiaires du Ne­bras­ka. Vous pou­vez les écrire en fran­çais.

V’là en­core du nou­veau mais qu’est de l’an­cien en réa­li­té. C’est juste que ça va ar­ri­ver chez nous en quan­ti­té. C’est du boeuf ja­po­nais. Ils l’ap­pellent boeuf de Ko­bé. Se dit aus­si wa­gyu. Le wa­gyu se dor­lote. De son vi­vant, on le masse, on lui fait écou­ter de la mu­sique clas­sique, on lui donne à boire de la bière (de la meilleure), en­fin c’est ce qui se ra­conte. On l’en­graisse à la fa­rine de riz, on lui évite toute fa­tigue. Il faut qu’il soit bien gras, onc­tueux, bref il faut que le client en ait pour son ar­gent. Car c’est là le but : l’ar­gent du client. Le boeuf de Ko­bé exige une clien­tèle choi­sie. Il est ap­pa­ru à ses éle­veurs, à ses gros­sistes, aux im­por­ta­teurs, aux dis­tri­bu­teurs, que la mi­sère se ré­pand en France, que les pauvres y sont chaque jour plus nom­breux. Pa­ral­lè­le­ment, les riches sont tou­jours plus riches, c’est comme des vases com­mu­ni­cants qui com­mu­niquent pas. Ils sont tel­le­ment riches, les riches, que ça de­vient pour beau­coup un pro­blème de comment jouir de tout cet ar­gent. Il y a le mètre car­ré d’ha­bi­ta­tion mais on ne veut pas non plus être obli­gé de prendre une trot­ti­nette pour al­ler du sa­lon à la salle de bains. Il y a l’art contem­po­rain mais ça ne nour­rit que les yeux et entre nous ça ne vaut pas les pri­mi­tifs fla­mands. Il y a les pri­mi­tifs fla­mands mais il ne faut pas avoir l’air d’un de­meu­ré non plus. Il y a le pi­nard et la bouffe. Là, au moins, ça se boit et ça se mange. D’où le rap­pli­quage du boeuf de Ko­bé. 300 eu­ros le ki­lo chez le bou­cher. Au res­tau­rant, avec des frites aux pommes des an­ti­podes, ça peut mon­ter à…, lais­sons le lec­teur rê­ver. Pas lé­si­ner sur le zé­ro.

Sul­fure d’hy­dro­gène. Chi­mique, ce truc. Se re­con­naît à l’oeil nu à son odeur d’oeuf pour­ri. L’uni­ver­si­té de mé­de­cine d’Exe­ter com­mu­nique à son su­jet. Un com­po­sé de sa fa­bri­ca­tion, nom­mé AP39, se­rait ef­fi­cace contre le vieillis­se­ment en gé­né­ral et la ma­la­die d’Alz­hei­mer en par­ti­cu­lier. L’in­con­vé­nient, c’est l’odeur. D’oeuf pour­ri comme il a été dit. Au fi­nal, les vieux iront peut-être mieux mais on ira les voir en­core moins souvent.

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