L’école de l’es­tive

L'Obs - - Notre Époque -

— « Chaque été, 600000 bêtes es­tivent dans le mas­sif al­pin, soit en­vi­ron 2000 trou­peaux, ex­plique Pa­trick Fabre, di­rec­teur de la Mai­son de la Trans­hu­mance à Saint-Mar­tin-de-Crau. Si le trans­port en ca­mion a ren­du la trans­hu­mance plus dis­crète, ce n’est pas une ac­ti­vi­té en dé­clin. Le mou­ton a be­soin d’être de­hors, il ne sup­porte pas d’être éle­vé en sta­bu­la­tion. Or, l’été, dans les zones pro­ven­çales, l’herbe manque. Il faut donc al­ler la cher­cher là où elle est. En re­vanche, les ber­gers d’au­jourd’hui ne sont plus du tout ceux d’hier. Ils sont de plus en plus souvent di­plô­més, viennent d’un mi­lieu ur­bain et souvent ne fe­ront ce mé­tier que cinq ou dix ans. Pour la ré­gion Pa­ca, la for­ma­tion est as­su­rée par l’école du Merle. Il y a de plus en plus de can­di­dats (une qua­ran­taine pour 15 à 20 places par an), et ré­cem­ment on a ac­cep­té le dos­sier d’une di­plo­mate… L’autre évo­lu­tion est la fé­mi­ni­sa­tion: il y a deux ans, la pro­mo­tion était com­po­sée en ma­jo­ri­té de femmes. Les étu­diants ap­prennent à connaître les bre­bis, à mettre bas, iden­ti­fier les ma­la­dies, conduire les chiens, être bien dans sa peau face aux autres usa­gers de la mon­tagne. C’est de­ve­nu un mé­tier mo­derne, que le re­tour du loup peut rendre très stres­sant. Un mé­tier at­trac­tif, même fi­nan­ciè­re­ment : jus­qu’à 2000 eu­ros par mois l’été, sa­chant qu’on ne dé­pense pas grand-chose là-haut… »

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