JauRés Su­per­star

Cent ans après sa mort, la gauche le vénère, la droite le ré­cu­père

L'Obs - - La Une - PAR RE­NAUD DÉLY

Sai­sis­sante, l’image a mar­qué ce prin­temps po­li­tique tu­mul­tueux. Un pré­sident so­cia­liste sif­flé, hué, cha­hu­té, à Car­maux. C’était le 23 avril. Fran­çois Hollande était de re­tour dans la pa­trie de Jean Jau­rès pour lan­cer les com­mé­mo­ra­tions du cen­te­naire de la mort du fon­da­teur de la SFIO. Deux ans plus tôt, quelques jours avant le pre­mier tour de l’élec­tion pré­si­den­tielle, le can­di­dat « nor­mal » avait pro­non­cé dans la même ville, au pied de la sta­tue du grand homme, un dis­cours cha­leu­reu­se­ment ap­plau­di par une foule de sup­por­ters qui rê­vait d’une vic­toire de la gauche. Cette an­née, le temps des dés­illu­sions ve­nu, Fran­çois Hollande y fut ac­cueilli sous les laz­zis :

« Ja­mais Jau­rès ne par­le­rait comme vous ! » , « S’il vous en­ten­dait, Jau­rès se re­tour­ne­rait dans sa tombe ! »

Quel plus ter­rible sym­bole de désa­mour pour un pré­sident de gauche que de se voir ren­voyer au visage le nom du pape du so­cia­lisme, saint laïque de la gauche et apôtre du pa­ci­fisme, mort as­sas­si­né le 31 juillet 1914 ? Au jour de son ins­tal­la­tion à l’Ely­sée, le 21 mai 1981, Fran­çois Mit­ter­rand ne l’avait-il pas consa­cré au coeur de la Sainte-Tri­ni­té du « chan

ge­ment », aux cô­tés de Vic­tor Schoel­cher et de Jean Mou­lin, en al­lant dé­po­ser une rose sur son tom­beau, au Pan­théon ?

Pour sauver la face, Fran­çois Hollande s’ap­pli­qua ce jour­là à cé­lé­brer le Jau­rès qui l’ar­ran­geait. Un Jau­rès prag­ma­tique, sou­cieux d’af­fron­ter « les ré­sis­tances du réel » plu­tôt que de se sa­tis­faire du confort de l’uto­pie, un Jau­rès obs­ti­né, ca­pable d’in­cul­quer « la pa­tience de la ré­forme, la cons­tance de l’ac­tion, la té­na­ci­té de l’ef­fort », un Jau­rès ras­sem

bleur, qui « s’adres­sait à tous, les ar­ti­sans, les com­mer­çants, les en­tre­pre­neurs » , et même un Jau­rès qui « ne conce­vait pas » les ré­formes so­ciales

« sans la créa­tion de ri­chesses » . Alors, so­cial-dé­mo­crate, Jau­rès ? Et pour­quoi pas so­cial-li­bé­ral ou car­ré­ment hol­lan­dais, ami de la « bonne fi­nance », se­lon l’ex­pres­sion de Mi­chel Sa­pin, et par­ti­san du pacte de res­pon­sa­bi­li­té, comme l’ose Ma­nuel Valls ?

Evi­dem­ment, deux ans plus tôt, le can­di­dat Hollande avait cé­lé­bré un homme as­sez dif­fé­rent. Le 16 avril 2012, c’est le porte-parole de la « co­lère juste » des mi­neurs de Car­maux, le dé­fen­seur du ca­pi­taine Drey­fus et le po­li­tique ca­pable d’in­car­ner à la tête de la SFIO, qu’il créa en 1905, « la syn­thèse entre la ra­di­ca­li­té et la res­pon­sa­bi­li­té » que le pré­ten­dant à l’Ely­sée était ve­nu ho­no­rer. Il re­pre­nait alors qua­si mot à mot l’hom­mage pro­non­cé par Fran­çois Mit­ter­rand à la veille du pre­mier tour de l’élec­tion pré­si­den­tielle de 1981. JeanLuc Mé­len­chon, son meilleur en­ne­mi

à gauche, a, lui, fait ce prin­temps le pè­le­ri­nage au musée de Castres consa­cré au grand homme pour chan­ter les louanges du pro­phète de « l’éga­li­té » et fus­ti­ger au pas­sage « l’im­pos­ture » de Hollande, ve­nu « jouer une ver­sion mo­derne de “J’irai cra­cher sur vos tombes” ! » Plus in­at­ten­du, la droite n’est pas en reste (voir en­ca­dré page ci

contre). Ni­co­las Sar­ko­zy n’avait-il pas cité 32 fois le nom de l’icône du so­cia­lisme lors du fa­meux dis­cours de la porte de Ver­sailles qui lan­ça sa cam­pagne de 2007 ? Le leader de l’UMP al­lait jus­qu’à ac­cu­ser « la gauche d’avoir

tra­hi Jau­rès en dé­va­lo­ri­sant le travail » . On au­ra même vu Ma­rine Le Pen faire main basse sur le « pa­trio­tisme » du chef de file so­cia­liste et oser faire ins­crire sur les af­fiches de cam­pagne de son par­ti, lors des élec­tions eu­ro­péennes de 2009, le slo­gan « Jau­rès au­rait vo­té Front na­tio­nal » . Su­prême pro­vo­ca­tion quand on se sou­vient de l’at­ti­tude de l’ex­trême droite du vi­vant du leader de gauche, et plus en­core au mo­ment de sa mort. Le 23 juillet 1914, une se­maine avant le coup de re­vol­ver de Raoul Villain (voir en­ca­dré p. 55),

Léon Dau­det me­na­çait dans « l’Ac­tion fran­çaise » : « Nousne vou­drions­dé­ter­mi­ner­per­son­neàl’as­sas­si­nat­po­li­tique, mais­queM. Jau­rès soit­pris­de­trem­ble­ments! » Le 1er août, au len­de­main du drame, Léon Bloy no­tait dans son « Jour­nal » : « As­sas­si­nat­deJau­rès, hier soir. Se trou­ve­ra-t-ilun­quel­qu’un­pour pleu­rer ce­mal­fai­teur? »

Comment une fi­gure si contro­ver­sée, sus­ci­tant une haine qui lui fut fa­tale, a-t-elle pu de­ve­nir une re­lique consen­suelle et ras­sem­bleuse?

Comment Jean Jau­rès s’est-il mé­ta­mor­pho­sé en icône de la Ré­pu­blique? Comment s’est-il ins­crit dans notre patrimoine na­tio­nal jus­qu’à don­ner son nom à des voies, places ou édi­fices pu­blics dans près de 3000com­munes du pays – un ré­sul­tat qui le place au coude-à-coude avec les fi­gures de Pasteur et Hu­go et juste der­rière celle du gé­né­ral de Gaulle? C’est d’abord parce qu’il s’est plus at­ta­ché à la dé­mo­cra­ti­sa­tion de la Ré­pu­blique qu’à la vic­toire du so­cia­lisme, et que son ac­tion ne peut donc être li­mi­tée à un camp. C’est aus­si, sans doute, parce que « le grand Jau­rès est tou­jours là, pré­sent, presque fa­mi­lier », note Max Gal­lo (2). Cent ans plus tard, les en­jeux qu’il sou­lève de­meurent plus que ja­mais d’ac­tua­li­té. Il contri­bua ac­ti­ve­ment à éta­blir la laï­ci­té, en sou­te­nant l’éla­bo­ra­tion de la loi de 1905, celle de la sé­pa­ra­tion des Eglises et de l’Etat. Il fut un dé­fen­seur constant des droits de l’homme, de la li­ber­té de la presse, mais aus­si de l’édu­ca­tion des masses. Il fut aus­si, lors de sa pé­riode so­cia­liste, l’homme d’en­ga­ge­ments plus cli­vants en­core comme l’abo­li­tion de la peine de mort, qu’il ré­clame à la Chambre dès 1908, ou le re­fus de la guerre.

Si Jau­rès est tou­jours de notre temps, c’est parce qu’il a d’abord tou­jours été du sien. Son exis­tence est un iti­né­raire, li­néaire, co­hé­rent, qui ac­com­pagne la marche de son époque. Au fil de ses ba­tailles, Jau­rès suit le che­min du pro­grès et de l’éman­ci­pa­tion, sans ja­mais se trom­per de com­bat.

Jeune, il in­carne la mé­ri­to­cra­tie ré­pu­bli­caine en­gen­drée par les « hus­sards noirs » de la IIIeRé­pu­blique nais­sante qui en fit un nor­ma­lien et un agré­gé de phi­lo­so­phie. Sa thèse, sou­te­nue à la Sor­bonne en 1892, porte sur « la­réa­li­té du monde sen­sible », puis est com­plé­tée par une autre, en la­tin, sur les ori­gines du so­cia­lisme al­le­mand. Pen­seur in­ven­tif quoique mé­con­nu,

in­tel­lec­tuel ri­gou­reux, phi­lo­sophe gé­né­reux, il se met ra­pi­de­ment au ser­vice de cette Ré­pu­blique dont il a l’amour che­villé au coeur. Il le fait d’abord en jour­na­liste, por­tant haut sa plume d’édi­to­ria­liste en­ga­gé dans « la Dé­pêche de Tou­louse », puis à « l’Hu­ma­ni­té », le quo­ti­dien qu’il fon­da en 1904 et ser­vit jus­qu’au soir même de sa mort dix ans plus tard.

Il la sert aus­si en homme po­li­tique pré­coce. Elu dans le Tarn en 1885, il est le plus jeune dé­pu­té de France, à tout juste 26 ans. A la Chambre, son élo­quence sans pa­reille en fait un tri­bun re­dou­té, éter­nel pour­fen­deur des clé­ri­caux, in­fa­ti­gable dé­fen­seur des li­ber­tés. Quand en­fin il de­vient so­cia­liste pour pour­suivre sa triple quête de l’éga­li­té, de la di­gni­té et de la jus­tice so­ciale, il es­time que « le so­cia­lisme, c’est la Ré­pu­blique pous­sée jus­qu’au bout » . Comme Léon Blum ou Fran­çois Mit­ter­rand après lui, Jean Jau­rès n’est pas né so­cia­liste. Il l’est de­ve­nu. Dans les an­nées 1970, à ceux qui dou­taient de la sincérité de son en­ga­ge­ment à gauche, Mit­ter­rand se plai­sait à ré­tor­quer que, si le so­cia­lisme n’était pas sa langue ma­ter­nelle, au moins, il avait ap­pris à le bien par­ler. Il se fai­sait le dis­ciple du maître. Jau­rès ne se conver­tit à la foi so­cia­liste qu’en 1892, sous le coup de la ré­volte qui le sai­sit de­vant la longue grève des mi­neurs de Car­maux. Ce rude conflit dure trois mois et met aux prises 1 500 sol­dats et 3 000 ou­vriers maltraités par un pa­tro­nat ar­chaïque et bru­tal qui en appelle à la troupe pour ra­me­ner l’ordre. Cal­vi­gnac, l’un de ces mi­neurs, est li­cen­cié par la com­pa­gnie di­ri­gée par Reille et So­lages parce qu’il a été élu maire de Car­maux. L’évé­ne­ment sus­cite la co­lère de Jau­rès. « En fai­sant du bul­le­tin de vote une dé­ri­sion, la Com­pa­gnie a cri­mi­nel­le­ment pro­vo­qué la vio­lence des ou­vriers » , s’in­digne-t-il dans « la Dé­pêche ». Une pré­fi­gu­ra­tion loin­taine du « In­di­gnez-vous ! » qui as­su­re­ra le triomphe de Sté­phane Hes­sel. Elle fait bas­cu­ler Jau­rès dans le camp de la dé­fense des tra­vailleurs.

Les conver­sa­tions avec Lu­cien Herr, le bi­blio­thé­caire de l’Ecole nor­male su­pé­rieure, et la ren­contre de Jules Guesde, leader mar­xiste du par­ti ou­vrier, jouent un rôle dé­ter­mi­nant dans sa conver­sion. Mais le so­cia­lisme pour le­quel il opte est ce­lui des va­leurs plu­tôt que ce­lui de la doctrine, ce­lui de l’éman-

ci­pa­tion de l’in­di­vi­du plu­tôt que ce­lui de l’ins­tau­ra­tion bru­tale de nou­velles struc­tures so­ciales et éco­no­miques. « Le so­cia­lisme, c’était pré­ci­sé­ment pour lui la jus­tice », rap­pe­lait Pierre Men­dès France le 20 juin 1959 à l’oc­ca­sion du cen­te­naire de sa nais­sance. On le constate lors de l’af­faire Drey­fus. Après avoir hé­si­té, Jau­rès s’en­gage sans ré­serve aux cô­tés des drey­fu­sards qui ré­clament la ré­ha­bi­li­ta­tion du ca­pi­taine. Quand une bonne par­tie du mou­ve­ment ou­vrier se tient à l’écart d’une « ba­taille de bour­geois qui n’est pas l’af­faire des pro­lé­taires », le dé­pu­té de Car­maux met la lutte contre l’in­jus­tice plus haut que les pré­ceptes de la lutte des classes. « Si [Drey­fus] est in­no

cent […], il n’est plus ni un of­fi­cier ni un bour­geois : il est dé­pouillé, par l’ex­cès même du mal­heur, de tout ca­rac­tère de classe ; il n’est plus que l’hu­ma­ni­té el­le­même, au plus haut de­gré de mi­sère et de

déses­poir qui se puisse ima­gi­ner », écrit-il dans son livre « les Preuves », re­cueil d’ar­ticles pu­bliés par le jour­nal « la Pe­tite Ré­pu­blique ».

Pour peser, in­fluer sur le cours des choses, im­pul­ser des ré­formes, son so­cia­lisme se veut éga­le­ment ce­lui de l’uni­té. Elle arrive en­fin salle du Globe, bou­le­vard de Stras­bourg, à Pa­ris, le 23 avril 1905, lors du con­grès fon­da­teur de la Sec­tion fran­çaise de l’In­ter­na­tio­nale so­cia­liste (SFIO), grand-messe oe­cu­mé­nique qui ras­semble les so­cia­listes fran­çais jusque-là es­sai­més en de mul­tiples cha­pelles concur­rentes (voir

p. 59). Dé­pas­ser les di­vi­sions sté­riles, di­gé­rer les que­relles in­tes­tines, réus­sir l’uni­té, préa­lable in­dis­pen­sable au

« chan­ger la vie ». Le bré­viaire fait dé­sor­mais par­tie de la li­tur­gie du so­cia­lisme fran­çais. On le re­trouve lors du con­grès d’Epi­nay-sur-Seine de juin 1971 qui ac­couche d’un PS re­fon­dé et pla­cé sous le ma­gis­tère de Mit­ter­rand, dix ans avant son ar­ri­vée à l’Ely­sée. On l’ob­serve tout au long de l’ascension de Fran­çois Hollande, pre­mier se­cré­taire de la « syn­thèse » et du « consen­sus » à tout prix de 1997 à 2008, avant de de­ve­nir, en 2012, le can­di­dat du « ras­semble

ment » des so­cia­listes d’abord, de la gauche en­suite, des Fran­çais en­fin.

Phi­lo­sophe et jour­na­liste, élu et tri­bun, Jau­rès in­carne une syn­thèse de la gauche, ou plu­tôt des gauches, de ses com­bats et de ses doutes, un cock­tail in­édit de ses sen­si­bi­li­tés ré­pu­bli­caine et so­cia­liste, hu­ma­niste et pa­ci­fiste, pa­triote et in­ter­na­tio­na­liste.

Tous ces Jau­rès, si di­vers, su­jets de tant d’in­ter­pré­ta­tions et ob­jets de tant de ré­cu­pé­ra­tions, se re­trouvent en un seul : l’homme qui n’eut de cesse qu’il n’ait af­fron­té la vieille op­po­si­tion entre l’idéal et le réel, ce tri­angle des Ber­mudes où dis­pa­rurent si souvent les es­poirs de la gauche au pou­voir. Il est vrai que Jean Jau­rès eut la chance de ne ja­mais l’exer­cer. Mais ja­mais ce confort ne le pous­sa à fuir le réel pour se com­plaire dans une pu­re­té doc­tri­nale hors sol. Pour sauver l’es­sen­tiel, il juge tou­jours que les cir­cons­tances jus­ti­fient la re­cherche d’un com­pro­mis. Il plaide ain­si, en juin 1899, pour la par­ti­ci­pa­tion des so­cia­listes au gou­ver­ne­ment Wal­deck-Rous­seau, dit de « dé­fense ré­pu­bli­caine » , quand la plu­part de ses ca­ma­rades s’y re­fusent. La me­nace des na­tio­na­listes et an­ti­sé­mites au­to­rise à tran­si­ger pour s’en­tendre sur ce qui compte : la sau­ve­garde du ré­gime ré­pu­bli­cain.

Mar­xiste en éco­no­mie, ré­pu­bli­cain en po­li­tique, Jau­rès os­cille sa vie du­rant entre ré­forme et ré­vo­lu­tion, mi­sant sur la pre­mière pour at­teindre

la se­conde. « Un ré­for­miste de “l’évo­lu­tion ré­vo­lu­tion­naire”, dé­fen­seur de toutes les amé­lio­ra­tions, même mi­nimes, de la condition pro­lé­ta­rienne », se­lon l’his­to­rien Mi­chel

Wi­nock (2). Avec tou­jours en tête la vo­lon­té de se col­ti­ner le réel, et l’am­bi­tion de le chan­ger. « Le cou­rage, c’est

d’être tout en­semble […] un pra­ti­cien et

un phi­lo­sophe. […] Le cou­rage, c’est de cher­cher la vé­ri­té et de la dire. […] Le

cou­rage […] c’est d’al­ler à l’idéal et de

com­prendre le réel », di­sait-il le 30juillet 1903, lors de son dis­cours à la jeu­nesse, pro­non­cé au ly­cée d’Al­bi. Cette ver­tu ne lui a ja­mais man­qué. Ecou­tons-le, lors d’un ul­time mee­ting pour la paix, à Bruxelles aux cô­tés de Ro­sa Luxem­burg, le 29 juillet 1914 :

« [Je] n’ai ja­mais hé­si­té à as­su­rer sur ma tête la haine de nos chau­vins par ma vo­lon­té obs­ti­née, et qui ne fai­bli­ra ja­mais, de rap­pro­che­ment fran­co-al­le­mand. » Deux jours plus tard, la haine le tuait, la paix mou­rait avec lui.

(1) « Le Grand Jau­rès », par Max Gal­lo, Ro­bert Laf­font, 1984.

(2) « L’His­toire », n° 397, mars 2014.

Fran­çois Hollande, au pied de la sta­tue de Jau­rès à Car­maux, pen­dant la

cam­pagne de 2012

Jean Jau­rès

fonde « l’Hu­ma­ni­té »

en 1904

Jau­rès à la ma­ni­fes­ta­tion contre la loi des trois ans, le 25 mai 1913, au PréSaint-Ger­vais

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